‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 240 sur 267 · DES COURONNE · texte numérisé non relu

DES COURONNE

Ji clArge dodict Gharry, vaccante , et luy commanda surrheure d'aller trouver ses trouppesqui estoient à trois lieues de Paris, pour y commander, ce qu'il ne faillit. Et ne fut autre chose de ce meurtre, si-non force cryeries, mutineraens et paroi les des capitaines de ceste garde, qui ne firent jamais peur à M. d'Andelot, en ayant bien veu d'autres; et aussy, que rien ne se put vérifier ny prouver, tant la partye avoit esté bien conduicte, et avoit bien réussi : car tous les conjurateurs se sauvèrent à grande erre trt^-bien, et nul ne put estre attrappé, et n en sentit-on rien que le vent.

Dieu et la fortune voulurent qu'au bout de quatre ou cinq ans, ledict Ghastclier fust pris à la baitaille de Jarnac, et tué de sang froid, luy faisant payer son vieux deple.

Aucuns blasmoicnt Gbasielier dequoy il avoit tant demeuré à venger ceste mort, veu qu'ils s'cstoient trouvés en Toscane assez souvent , et mangeans à la table de M. de Soubise, lors gênerai ; mais, en table de gênerai, amys et ennemys se peuvent asseoyr en seureté; et aussy, que les vangeances s'allongent et s'accourcissent à mode d'estrivieres , comme Ton veut et s'en prend l'humeur aux vangeurs. Aucuns pourtant en soupçonnèrent M. d'Andelot, puisque Ghastelier s'estoit là lors advisé de se vanger; car, possible n'y songeoit-il pas sans luy.

Plusieurs disoient que M. de Gharry ne se fust jamais faict tort de recognoistre M. d'Andelot; car, de plus grands que luy Tavoient bien recognu , tesmoings M. de Grammont , M. de Pardaillan, aux prises de Galais , Guynes, el ailleurs, et autres fort grands seigneurs et gentilshommes de bonne maison, qui avoicnt eu charge soubs luy.

Toutesfois, M. de Strozze, cncor qu'il fust fort affectionné à MM. ladmiral etd'Andelot, ne le recogout jamais pour estre commandé de luy, si-non du roy qui le vouloit ainsy. Bien est vray que jamais il ne porloit titre de couronnel ; et luy-mesme , quand il parloit aux Ëspaignols, il se disoit maistre de camp de la garde du roy, et n'en voulut jamais porter aijtre : et si j'ay veu au voyage de Bayonne qu'aucuns Espaignols, qui le vouloient applaudir et gratifier, Tappellant couronnel, il leur dïsfiii qu'il n'esioit que maestro dicampo de

•AAHTOm. 1.

la guardia del rey ^ ; en quoy il s'est monstre très-sage.

Lorsqu'il eut ceste charge vaccante dudict Gharry, il en estoit un des capitaines avecques Gossains, Sarrion, Gouas vieux et le jeune Gabannes, Yromberry, Neuillan et Forcez. Et ne fallut rien changer, si-non que sa compaignie fust au premier rang , et celle de Gharry, qui estoit la première, fust la dernière, qui fut donnée au capitaine La Motte, qui estoit lieutenant dudict Gharry, qui la meritoit bien; car c'estoit un trés-brave et gallant capitaine : mais il ne la garda guieres, car il mourut de peste à Lyon, au grand voyage du roy, et Gadillan , qui estoit son lieutenant, eut la compaignie.

Je croy que, dans le droit canon, il ne se trouvera pas tant d'extravagances comme il s'en trouvera icy; mais c'est tout un , tout est de mise pour moy.

M. de Strozze doncques , faict maisi re de camp gênerai de la garde du roy, servit très-bien son maistretout du long du grand voyage que fit Sa Majesté en contournant son royaume, qui dura deux ans; et après, pour l'amour des troubles survenus en Flandres, et qu'on voyoit quelques apparences d'une paix assez perdurable en France, le roy ne voulut plus de garde et les renvoya aux garnisons anciennes de Picardie : à quoy poussoient fort les huguenots, disans qu'il n'estoit bien séant au roy d'avoir tant de gardes , et que c'esloit une despense superflue , et mesraes au corps de son royaume, et que la principalle garde du roy estoit le cœur de ses subjecls, comme je leur ai veu dire souvent. Tant y a qu'ils cryerent tant, qu'ils furent creus ce coup par leur imporlunité. Et disoit-on à la cour que l'encloueure n'estoit pas là, mais parce qu'ils vouloient jouer leur jeu plus seurenient qu'ils ne jouèrent après à Meaux pour la Sainct- Michel;que sans les Suisses, qui auparadvant estoient envoyés quérir pour faire teste au duc d'Albe, passant vers Flandres , la bécasse estoit bridée. Le roy pourtant ne fut tout ce jour sans se repentir d'avoir laissé lesdictes gardes, et non sans les souhaiter cent fois; pour lesquelles quérir, aussy tost M. de Strozze fut despesché, qui les emmena fort heureusement , ainsy que j'ay dict ailleurs.

^ Maîtres de camp de la garde du roi.

Voyià doncques la guerre reprise plus que jamais; et pour ce que M. d'ÀDdelot esloit de Tautre costé, M. de Strozze tint sa place, et fut faict par le roy couronnel , et changea de nom de maistre de camp; et soubs luy furent créés trois maistres de camp de ses capitaines : Tun Ait Cossains, du régiment de la garde, Sarrion, et Taistié Gouas. M. de La Noue, en son livre, les nomme couronnels; dont je m'esbahis, car ils ne furent honnorés jamais de ce titre, non sans mescontentement d'autres capitaines plus vieux, comme Forcez et autres ; mais ainsy pleut au roy , et fallut passer par-là , qui pourtant se mirent à obeyr tous à Cossains. Les autres maistres de camp eurent des compaignies nouvelles, dont pour ma part j'eus commission du roy d'en lever deux, mais je n'en levay qu'une, m'en sentant assez chargé, à l'imitation de M. de Bayard , que j'ay dict cy-devaut ; et dont nous fusmes cinq ou six qui eusmes niesme commission de deux ; mais aucuns en miren t deux aux champs, comme le comte de Maulevrier, le marquis de Canillac, et Sainct-Geran, frère de M. de la Guiche ; autres n'en firent qu'une, comme Besigny, dict le jeune Nausay , le jeune Montluc dict Fabian, etmoy : et ainsy fusmes despartis par les regimens , selon la volonté du couronnel, lequel voulut que je fusse avecques M. de Sarrion , parce qu'il commandoit à une de ses couronnelles, et me vouloit faire cest honneur que je fusse auprès de ceste couronnelle.

M. de Brissac, autre couronnel, mais du Piedmont , eut aussy , comme M. de Strozze , les trois maistres de camp, qui furent M. de Muns, vieux maistre de camp du Piedmont , le gros La Berthe et Aunous , tous trois certes braves hommes et dignes de leurs charges : et l'ont tousjours bien monstre en leurs factions, et mesmes Aunous , qui , ayant succédé à M. de Muns mort, fit très-bien quand il s'alla jetter dans Poictiers assiégé.

Ce M, de Muns fut celuy qui fut donné pour garde en Provance à M. le chancelier de THospital, qui se craignoit de la populace et autres qui cryoient fbrt contre luy, et l'accusoient de plusieurs edicts en faveur des huguenots, dont ils le menaçoient; et, ne s'en sentant asseuré, demanda une garde au roy, qui luy donna trois bons capitaines de sa cour, qui ne bougeoient d'aupris de luy la pluspart du temps , tous trois

de diverses religions, dont la cour en ryor quelquesfois. L'un estoit huguenot, qui esloit M. de Grillé, despuis seneschal de Beaucaire, brave et vaillant capitaine, et des vieux da Pied mont et de la France, qui fut pris dans Te rouanne, et despuis fit tant la guerre en Provance pour les huguenots aux premiers troubles, et desfit les trouppes de M. de Suze en la plaine de Sainct-Gilles : il estoit fort mon amy. Le second estoit M. de Muns, qui estoit bon papiste, et fort honneste homme, et très-bon et sage capitaine. Et le tiers estoit M. de Bellegarde , qui tenoit le médium, ce disoit-on ; enoor disoil-oD qu'il passoit plus avant , despuis mareschal de France. Par ainsy la garde de mondict sieur de l'Hospital estoit composée; et debvoit estre bien gardé, sans avoir peur de toutes les sortes de religions.

Or , ceste seconde guerre se passa par le siège de Paris, de plusieurs escarmouches là-devant, et puis la batlaille de Sainct-Denis, amprès le voyage de Lorraine , et autres exploictsde guerre, sur laquelle on fit la paix de Chartres. L'on envoya les trouppes aux garnisons; mais, d'autant que les regimens estoient accreos, et les compaignies, on renvoya le tout en Picardie, en Ghampaigne , Bourgongne , Normandie et ailleurs.

Ceste paix ne dura pas six mois , qu'on appelloit la petite paix, d'autres la courte; la tierce guerre s'accommança , qui apporta et engendra force beaux combats et grandes factions, comine les deux signalées battailles de Jarnac et Montcontour, les sièges de Sainct-Jean, de Poictiers, Mucidant, Nyort, et d'autres.

Au bout de deux ans, ta paix se renoua et se refit à Angers , qu'on appelloit la paix boiiei e et mal-assise, parce qu'elle avolt esté commancée par M. de Malassise, dict M. de Roissy , maistre des requestes , grand personnage et digne de sa charge, et M. de Biron, qui esloit boiteux. Toutes les compaignies encor se ressererent aux garnisons.

Mais voicy le massacre venu de la Sainct-Barthelemy I II fallut aller assiéger La Rochelle, où tous les vieux regimens furent mandés pour st nir, tous obeyssans à M. de Strozze , couronnel gênerai ; car M. de Brissac estoit mort , et ne parloit-on plus de ses trouppes, si-non de celles qui estoient en Piedmont , desquelles La Rivier^

DES COURONNELS FRANÇOIS. 595

Puytafllé raisnè estoit maisf re de camp , et puis Antefbrt, soubs M. de Brissac, fort jeune enfant , maïs pourtant successeur de son Frerc en Testât de couronnel de Piedmont.

A ce siège de La Rochelle se trouvèrent trois vieux regimens, qui estoient: celuy deCossains des gardes, de Gouas et de M. du Gua, qui avoit eu là place de Guarrieres, qui avoit eu celuy-là de La Berlhe, mort. 11 y en eut d'autres nouveaux, comme celuy de Fouillou, nepveu du lieutenant de Poictou, qui mourut des premiers, de Landreau, de Pavillac, de Boisjourdan, et autres. Ce siefye malheureux emporta Gossains, Gouas et Pavillac. M. du Gua fut blessé à la mort en allant vaillamment à Tassant du bastion de rKvangile, et n'y mourut.

La composition de la ville faicte, et la paix arrestée, chascun se retira , à la coustume , aux garnisons , mais non en si grandes trouppes : car il y eut de très-grandes casseries; mesmcs te roy cassa ses gardes, et n'en voulut plus avoir auprès de soy. Mais la guerre du Mardy Gras estant venue, qu'on appelloit ainsy, et beaucoup d*entreprises secretles et mauvaises contre sa personne descouvertes , il bailla commission nouvelle au capitaine Lussan , aujourd'huy gouverneur de Blaye, très-brave, vaillant et fort sage, et au capitaine Florian , que j'avois veu autresfbis lieutenant de M. de La Four, un fort homme de bien et brave seigneur, frère du mareschal de Rets, pour dresser chascun une compaignie nouvelle; et les prit pour sa garde, les tenant pour très-fidclles, et s'en servit jusqu'à sa mort très-fidellemcnt. l« roy mort , M. du Gua ', qui estoit fort aymé du roy nouveau son maistre , et qui avoit sur tous estais aspiri à celuy de maistre de camp de la garde du roy, ou, pour mieux dire, à la mode des Espaignols, capitaine goncral de la garde du roy, ainsy que je Tappcllois en espaignol foH souvent, (et tel parler et tel nom luy plaisoit venant de moy, car il m'aymoit fort), remit sus ce régiment, et le fit aussy beau que jamais. Il avoit esté composé de bons et brav. s capitaines, comme: du Massez, lieutenant de la couronnelle, aujourd'huy gouverneur d'Angoulmois et Xainctonge; de Poucenat, lieutenant

> Louis Bérooger, sieur du Guatt. Il fut tué le premier deuovembre 1575.

dudict sieur du Gua, brave soldat et capitaine, qui , après la mort de son capitaine et maistre de camp, qui fut tué au siège de Brouage, eut sa compaignie; de Lussan, aujourd'huy gouverneur de Blaye; de la Ilitlicre, gouverneur de Bayonne; de Parro, gouverneur de Sainct- Dcnis, aujourd'huy et despuis de Calais; de Sarillac, gouverneur de Paris pour la ligue, aujourd'huy gouverneur du prince de Gondé ; de Busq, qui mourut maistre de camp au combat de M. de Stmzzc, de regret, craignant d'avoir quelque reproche d'avoir mal hicl ; de liaval, qui avoit esté maistre de camp de douze enseignes en Languedoc, et qui Testoil encor; et autres capitaines, tous certes bons et capables pour leurs charges.

En quoy je diray en passant, que tells charge de capitaine en ses gardes estoit si honnorable à celuy qui l'avoit, que, venant à commander à une autre plus grande, ne vouloii pourtant jamais s'en démettre; comme ledict capitaine Laval que je viens de dire; lequel estoit bien content de se dire capitaine de ceste garde, et d'ailleurs estre maistre de camp d'autres compaignies en Languedoc. Le Busq eut un régiment au voyage de M. de Strozze vers Portugal, el ne quitta jamais pourtant sa première place de capitaine de la gorde. M. de Bonnouvrier, brave, vaillant et déterminé capi* tainc , s'est veu commander à toute l'infanterie françoise de M. d'Espernon eu Provance ; et pourtant n'avoit (|ui(té sa compaignie desgai-des du roy. Sarret eu fil de mesmes, quand il accompaigna M. du Mayne en Guyenne, estant maistre de camp avant eux. Le jeune Gouas , qui fut massacré en Bearn, estant mais! re de camp là, mourut aussy capitaine de la garde du roy. Voyez doncques, s'il vous plaist, comme beaucoup de petites charges, que Ton pense, parangoinieut aux grandes; car l'honneur nVst pas petit que de garder le corps de son roy. ISus François et autres nations, en ont faict cas, ainsy que firent jadis les Romains de leurs bandes presloriennes, qui prindrent tel pird et authorité, qu'ils vindrent à eslire les empereut s; et les janissaires , qui sont pour la garde du grand seigneur, qui se i'oni craindre par tout ce pays. Or, ce M. du Gua ne garda pas plus haut d'un an et quelques mois ceste charge; car il vint à estre tué dans son licl , estant malade. Hclas i si

je pais le dire sans larmes aux yeux , un mien grand amy tua un mien autre grand amy. L'on en accusa le baron de Vitaux , qui estoit mon grand amy et frère d'alliance , à qui je disois souvent : «Ah! mon frère et grand amy, vous «avez tué un autre mien grand amy. Pleust à «Dieu que vous ne Teussiez jamais faict; je «vous aymerois davantage. » 11 me le nyoit tousjours ; mais il y avoit une grande apparence qu'il Teust iaict; car il estoit estimé en France tel, qu'il n'y avoit homme résolu pour faire le coup que celuy-lâ.

Je ne sçay comment je dois appeller ce coup, ou resolution ou miracle de Mars, ou Fortune ; d'autant que ordinairement M. du Gua estoit très-bien accompaigné : mesmes que , la pluspart du temps, il foisoit Faire garde à son logis de dix ou douze soldats; et, aprës avoir posé garde au logis du roy, en falloit aller faire de mesmes et autant au sien. Mais le malheur Fut que ce soir il n'y en avoit point ; car il avoit changé de logis, ne quittant pas le sien pourtant, où estoit son train; mais pour mieux faire la diette, il s'estoit séquestré et séparé à part : et aussy que luy, se doublant tousjours dudict baron , il se fioit à un homme qui guettoit et cspioit ledict baron , et où il estoit ; car, deux mois advant, il estoit party de la cour. Gest homme le trahit. Aussy le soeut-il bien dire aux abois de la mort:aAhI Barbe-grise, tu «m'as trahi!»

Le baron doncques entra ce soir avecques trois de ses lyons (ainsy appelloit-on ses confldens, qui luy assistoient en ses resolutions et entreprises meurtrières, mettant Tespée au poing dès la porte, courut au tict. M. du Gua l'appercevant, saute en la ruelle, prit un espieu; mais ne le pouvant entourner ny s'en ayder aysement, comme en belle place, le baron, avecques une courte espée qu'il portoit tousjours telle, le blessa tellement avecques ses lyons, qu'il ne put guieres plus parler, et mourut. Ayant faict son coup, il sortit résolu, sans trouver empescbement, et se sauva de la ville si diligemment et finement , qu'encor douta - on s'il l'avoit faict, et aucuns en doublent encor. J'en parle ailleurs.

Voylà la mort du brave du Gua, qui n'avoit guieres de pareils en toutes sortes de vertus, de valeurs et perFeciions, ayant les armes et

les lettres si communes ensemble avecques luy, que tous deux à Tenvy le rendoient admirable. Au reste, c'esCoit le plus splendide, le plas magnifique, et le plus libéral qu'on eust scea veoyr. La Faveur qu'il avoit du roy luy estoit bien deue, car c'estoit par ses vertus; et neo abusoit point, et estoit compaignon avecques les compaignons. Je l'ay veu Faire des remoostrances au roy, lorsqu'il luy voyoit foire quelque chose de travers , ou qu'il l'oyoit dire de luy; maisc'estoit secret tement; car ainsy faut parler en telles choses aux roys. Aussy le roy le trouvoit bon, et s'en corrigeoit ; si bien que Ion dtsoit que, tant que ce du Gua a vescu, le roy, sa cour et son royaume, s'en trou voient bien.

On dit que le roy le regretta fort; mais pourtant, après l'avoir loué, il dit qu'il estoit insatiable de biens, et qu'il ne le pouvoit saouler. Je vous laisse à penser ce qu'il a pa dire des autres ses Favorys qui sont survenus apris, puisque, lorsqu'il est mort, n'avoit quedouie mille livres de rente en i*Eglise, encor dissipées et telles quelles ; d'argent , il ne s'en trouva dans ses coFFres , ny un sol à l'interesl; si bien que M. du Gua, son frère aisné, qui estoit un très-honneste et brave gentilhomiDe, et qui avoit commandé autresfois aux vieilles guerres du Piedmont , ne s'en enrichit gueres, ainsy que j'en puis tesmoigner pour l'avoir veo à l'œil, et qu'il me le dit; car ce geoereoi homme despensoit tout pour la gloire et service de son maistre. S*il ne fust mort, il fust esté mareschal de France par le premier vaquant, et ne Fust pas esté des pires du troupeau.

Helas! s'il m'eust voulu croire, il ne fust point esté tué, ny mort ainsy ; car je le voulols mettre d'accord avecques le iMiron ; non qu'ils eussent autre diFferend ensemble, si-ooD que lorsqu'il eut tué Millaud d'Allegre,M. du Gua, qui l'aymoit fort , s'en formalisa comme si « Fust esté son Frère, et comme quasy partie. Et moy , plusieurs Fois luy remonstrant et priant délaisser couler cela, et accepter ramytiédudict baron, dont je l'en priois et l'asseurois de la recherche , il me respondoit : «Je n'ayme pas mes «amys vivans seulement, mais morts encor.»

Trois mois avant qu'il Fut tué, estant dedans la cour du Louvre, un jour il me moosira son espée, et me la donnant, «Advise,BraD- « thome, ce me dit-il , si ceste espée est bonoc

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