‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille. abbé séculier de Brantome et d'André, vicomte de Bourdeille (volume 3)Chapitre 249 sur 267 · M. LE PRINCE DE COND · texte numérisé non relu

M. LE PRINCE DE COND

Après luy^ vint en sa charge de couronnel de Piedmont M. le prince de Gondé , lequel n'eut grand temps ny loysir de faire valoir beaucoup sa charge , d'autant qu'il l'eut sur le déclin de la guerre, car la paix bientost s'en ensuivit. Si est-ce que , pour si peu qu'il fut en guerre , il s'acquitta de sa charge dignement.

Or, de louer ce prince, c'est autant de mocquerie à moy, d'autant que messieurs de la religion , desquels il a esté le grand gênerai et protecteur , ne l'ont point oublié en leurs escrits, et Dieu sçait s'ils sçavent bien dire, et mal dire aussy tout ensemble, quand ils veulent. Il leur faut donner ceste gloire , qu'ils ont esté les premiers de la France, comme je tiens de bon lieu, qui ont commancé à des mieux et mal dire et escrire , et ont monstre le chemin aux autres.

Voylà pourquoyj'en remets pour ces louanges à messieurs qui en ont dict ce qu'il en faut, et n'ont pourtant touché beaucoup de gentillesses et nobles particularités qu'il a faictes, que j'escrirois volontiers; mais Ton m'a nommé un honneste homme qui en a faict un livre à part non encor imprimé. Voyià pourquoy je m'en tais , et aussy que j'en ay parlé un peu ci-devant ailleurs en un discours à part.

TYMOLEON DE COSSÉ, COMTE DE BRISSAa

M. le prince ayant eu par M. Padmiral son oncle le gouvernement de Picardie , qui , d'assez longue ancienneté, et dès la mort de M. de Pienne, du temps du roy Louys XII, appartenoit à ceux de la maison de Yendosme, et luy

«64 iiOiMiVlKS ILLUSTRES ET GRANDS CAPITAINES FRANÇOIS.

ue pouvant tenir deux tels estats qu'estoîeni ce gouvernement et celuy decouronnel des bandes de Piedmont, et aussy pour Tamour de la guerre ci ville, le roy en gratiffia M. Icmarcschal de Brissac, encor qu'il fust bien jeune; mais ayant esté nourry , eslevé et instruit d'un tel père si grand guerrier, il s'en rendit bientost très-capable.

Son père luy fit donner par nom de baptesme celuy de Tymoleon , encor que ce ne fust nom chreslien, mais payen, toutesfois à Timitation des Italiens et des Grecs, qui ont emprunté la plujtpart des noms payens , et n'en sont corrigés pour cela et n'en font aucun scrupule. De sçavoir les raisons pourquoy le père luy donna ce nom plustost qu'un autre , il ne se peut dire; et mesmes d'autresfois en privé en avons conféré ensemble ledict comte et moy ; car il y a eu tant de braves et vaillans capitaines, tant Grecs que Lalins, desquels les noms estoient plus propres audict comte , et les gestes plus dignes et grands à luy imiter que Tymoleon, mesmes que ledict comte ne le trouvoit si beau que d'un Scipion, Gaesar, Ânnibal, et une infinité d'autres; de façon qu'il avoit ceste opinion , que son père luy avoit donné ce nom par humeur; et venant à lire la vie de Tymoleon, elle luy pleut, et pour ce en imposa le nom à son fils, présageant qu'un jour il luy seroit semblable. Et certes , pour si peu qu'il a vescu , il luy a ressemblé quelque peu ; mais s'il eust vescu , il ne l'eust pas ressemblé quelque peu en sa rctraîcte si longue et en son temporisement si tardif qu'il fit et si longue abstinence de guerre, ainsy que luymesme le disoit souvent, qu'il ne demeureroit pour tous les biens de monde retiré si longuement que fit ce Tymoleon.

Estant en âge d'estudier et d'apprendre, M, le mareschal luy donna Buccanan ^ Escossoîs, l'un des doctes et sçavans personnages de nostre temps. Pour son ame je n'en parle point, il Ta monsiréà Fendroict de la pauvre reyne d'Escosse. Ce Buccanan insiruisoit si bien son disciple, qu^'l le rendit assez sçavant pour un homme de guerre. Il eut uu fort honneste gentilhomme de gouverneur, qui fut M. de Cigongne, qui a esté du despuis gouverneur de Dieppe.

Madame la mareschalle sa mère, de la maison d'Estellan en Normandie , fort sage , honneste

« Le célèbre hittorieu latin, Jean Buchanen.

et très-spirituelle dame , fut en mesme curiosité que le père pour bien faire instruire le fils , et bien souvent avoient , le mary et la femme , contestation pour ceste instruction ; mais M. le mareschal l'emporta, disant à sa femme qu'elle instruisist ses filles , et qu'il feroit bien instruire le fils : comme certes elle s*est très-dignement acquittée à l'endroict de ses deux filles, Diane et Jehanne, lune comtesse de Mansfeld, et l'autre dame de Sainct-Luc, toutes deux fort sages, honnestes, vertueuses, habiles etsçavantes filles et dames; mais madame de Sainct-Lue en a emporté le dessus, encor qu'elle fust la puisnée. Aussy l'aisnée n'eut tant de loysir de vivre pour mettre à maturité ses vertus comme l'autre ; et le comte appelloit ceste soeur masœurJe/uznne,et l'aymoit plus que l'autre; et M. deGuyse,à son imitation, rappelioit aussy ma sœur Jehanne , ou Jefianne simplement

Or le comte de Brissac estant soubs le fouet et gouvernement de ses maistres, tout jeune qn'il estoit, il roonstra tousjours quelque chose de gentil et de grand au jour, et prest à porter les armes. Pour sa première guerre , il vit le siège de Rouan et ce qui se fit devant Paris aui premières guerres; car je n'appelle pas cda siège, puisque ceux de dehors estoient quasi plutost assiégés qu'assiegeans.

En ces deux factions on notoit tousjours en ce jeune homme un fort grand curiosité d'apprendre et desçavoir quelque chose, et se tenoit subject à M. de Guyse , dont M. de Guyse luy en sçavoit bon gré ; et bien souvent je vis M. de Guyse luy parler et luy monstrer , et luy faire force caresses. Aussy M. de Brissac le père luy avoit commandé de se tenir subject à ce grand capitaine, et espier ses actions, et les apprendre et imiter; si bien que M. de Guyse l'en estimoit beaucoup de ceste subjectionet soucy , et disoit souvent (car je l'ay veu ) : « Ce jeune homme sera « un jour un gentil garçon et homme de guerre. > Et en quoy il le prisoit le plus, c'esloit qu'il ne s'amusoit point à petites choses et folastreries , ainsy que les eufans d'honneur comme luy qui estoient avecques le roy Charles ; et enoor que plusieurs fussent plus vieux que luy, ils ne venoient que fort peu souvent aux tranchées, et luy tous les jours y estoit et voyoit tout, et n'a voit peur de rien.

Ayant veu ces deux factions, il fallut quil

DïîS COCRONNELS FRANÇOIS.

allast faire sa charge de couronne! , car ses bandes y estoient; et alla trouver M. de Nemours, qui estoit lieutenant gênerai du roy vers Lyonnois, Forest et Dauphiné : et se fit une entreprise pour surprendre Lyon , tout de la menée et industrie de M. de Soubise, trèshabille homme ; mais c'estoit pour appaiser les gens du roy et les catholiques; si bien qu'elle estaiJt double, elle se tourna à la confusion des nostres, desquels en estant monté plus de quatre cens sur le bastion de Sainct-Just, auquel se bastissoit la trame, ceux de dedans commancerent à jouer leur jcij , et à mener les mains, et à tirer sur les nostres, qui rendirent du combat autant qu'ils purent ; dont il en demeura aucuns sur la place , et aucuns furent repoussés du haut du bastion en bas , dont le comte de Brissac, qui avoit luy-mesme mené ses gens , fut contrainct d'en faire de mesmes et de se précipiter.

Geste si mauvaise curée pour le commancement n'empescha pas pourtant qu'en tous les lieux , puis après, qu'il en pouvoit trouver Toccasion , qu^il n'en eust sa revanche ; et tout jeune garçon qu'il estoit, donnoit à tout le monde une très-admirable et bonne opinion de luy.

La paix s'en ensuivit. Nous fismes le voyage de Mali he, où il n'avoit point charge autrement, mais pourtant on luy defferoit, au moins aucuns gratuitement ; car nous estions tous à nous et nos volontés, et à nos despens, dont j'en ay parlé assez.

La seconde guerre civille vint, comme j^ay dict ci-devant ; commanda à trois regimens ; mais tousjours en titre de couronnel gênerai des bandes de Piedmont, et ne le faut croire autrement: et qui le voudroit desbattre, s'il est de ce temps, certes il monstreroit qu'il u'estoit pour lors nourry parmy les bandes en ceste guerre ; et les bandons se faisoient ainsy de par luy : Couronnel général des bandes du Piedmont. J'ay veu cela mille fois.

Ces deux armées, tant d'un costé que d'autre, firent peu de factions , si-non le siège de Paris, où le comte de Brissac en plusieurs escarmouches commança à se faire valoir ; puis à la battaille de Sainct-Denis, où il fit très-bien;et après un voyage de Lorraine, où s'aydant quelque.*(fbis de sa compaignie de gendarmes et de la noblesse volontaire de la cour, alloit à la guerre

et en retournoit tousjours avoctjues une bonne fortune et réputation. Entre autres factions , il desfit en Sainct-Florent en Champaigne deux compaignirs d'huguenots ; Tune de M. de Tors . de la maison noble de Montberon en Angoulmois , brave , v.MÎllant et gentil compaignon dp guerre , ainsy que ses braves prédécesseurs : Fautre du baron de Brion, brave et vaillan: aussy , et fort babille huguenot , et ce à la leste de toute Tarméchuguenotte; et si n'avoit p;îs la moyctié d'hommes que les autres; et outre cela, Fallut forcer le bourg, gardé de plus de troisceusharquebusiers et deuxcens gendarmes huguenots.

La petite paix se fit, qui ne dura pasguieres, et pour ma part, comme l'on dit.

La troisiesme guerre se suscita, en laquelle nulle occasion se présenta de mener les mains, que ledict comte ne s'y Irouvast et s'y fist signaler; et quand elle luy manquoit il la sçavoit bien aller quérir, fust de près, fust de loin, où il falloit. A la battaille de Jarnac, lorsqu'il fallut faire la charge de son estât de couronnel , il la fit très-bien mais fust devant, ou après qu'il vit qu'il n'y estoit pomt nécessaire , il fit tousjours faction d*homme de cheval , et ne fit, comme M. deTays,tuer ces beaux chevaux, car il voyoit bien que jamais on ne presumeroit de luy qu'il s'en voulust ayder pour s'enfuyr,chascun de l'armée le jugeant très-mal propre pour faire ce traict, et aussy que de son costé il s'asseuroit bien de son cœur et de sa resolution. Par quoy, cesle battaille faicte , et qu'il n'y avoit nulle apparence plus de recombattre en battaille rangée, il monta à cheval pour suivre la victoire, laquelle certes il poursuivit très-bien.

Il y en avoit aucuns qui dirent ( et y en peut avoir encor), qu'il ne le debvoit pas faire (les Espaignols seront de cest avis), ainsy il se debvoit tousjours tenir lié et obligé en sa charge , de peur de quelque inconvénient nouveau ; mais ce jeune homme estoit si ardent aux combats, qu'il eust mieux aymé de faillir en sa charge par faute d'ordre et de debvoir, que de manquer en aucune faction par faute d'ardeur et de courage qui le menoit : car il faut dire que c'estoit le jeune homme qui aymoit autant à mener son espée et en tirer du sang, et un peu trop certes , ainsy que je l'ay veu , et aucuns

de nous autres ses amys, qui le luy disions; car il estoit trop cruel au combat et prompt à y aller et à tuer; et aymoit cela jusques-là qu*avec sa dague il se plaisoit de s'acharner sur une personne à luy en donner des coups, jusqoes-là que le sang luy en rejaillissoit sur le visage. Cas estrange pourtant, que ce brave Brissac se monstroit doux par son visage, beau, ddicat et féminin , et estoit dans le cœur, si cruel et altéré de sang.

Bien contraire à ce vaillant Strozze, qui avoit son visage quasy barbare, refroigné et noiraut, et n'estoit guieres remply de cruauté, fust ou par ses mains, ou par justice , ainsy que je Tay cognu tel; et peu souvent luy ay-je veu commander à son prevost de camp de rigoureuses justices. Mais pourtant il en fit une qui surpassa toutes celles que fit jamais Brissac; car après la troisiesme guerre et la troisiesme paix faicle, que le roy se retira à Angers, et qu'il Fallut que les trouppes qui esloient en Guyenne repassassent la rivière de Loire, ledict M. de Strozze, voyant ses compaignies embarrassées par trop de garces et putains des soldats , et ayant Fait Faire plusieurs bandons pour les chasser , et voyant qu'ils n'en faisoient rien , ainsy qu'on les passoit sur le pont de Ce , il en fit jetter pour un coup du haut en bas plus de huict cens de ces pau vres créatures , qui , piteusement cryant à Tayde, Furent toutes noyées par trop grande cruauté, laquelle ne fut jamais trouvée belle des nobles cœurs, et mesnies des dames de la cour, qui l'en abhorrèrent estrangement et l'adviserent long-temps de travers. Je sçay bien que je luy en dis long-temps devant et après ; mais, persuadé et pressé d'aucuns de ses maistres de camp, et mesmes de Cossains, il fit faire le coup; et peu s'en Fallut, si on n'y eust mis ordre, que Force soldats, amys de leurs garces, ne s'amutinassent. Du despuis, ledict Strozze s en repentit fort, comme il me dit, s'excusant sur la police qu'il felloit observer. Si est-ce que luy uy ses Fauteurs ne firent guieres bien leur proFfit despuis ; et tout ainsy qu'ils avoient aymé et pourchassé la mort de ces pauvres créatures, de mesmes Dieu leur envoya la leur, qui, bien qu'il defPende bien fort ce vice de paillardise, il abhorre ce vilain genre de mort ; car possible aucunes se Fussent converties et eussent servy Dieu , comme il s'en est ?eu

fèrce; et ledict Strozze la paya aussy despms. Que les maistres de camp des Espaignols Fussent un peu allé faire ce traict â leurs Espaignols ! qui leur permettent leurs garces sans leur oser rien dire, autrement ils revoUcroient tout le monde ; car ils les ayment , traictent et chérissent comme princesses, ainsy que je Tay escrit ailleurs. Quand le dnc d'Albe passa en Flandres pour la révolte, il les leur permit comme ils vouloient , et la police pour cela D*en alla plus mal : aussy s'y sçavent-ils mieux et plus sagement conserver que nous autres. Toutesfois ceste cruauté que je viens de diresedebvoit mieux modérer.

Pour retourner à ce brave Brissac, M. Tadniîral le voyant tel et si chaud à la guerre ( car ordinairement il estoit sur ses bras ou des siens) , comme prophétisant bientost sa mort, il dîsoit un jour : c Je le veux tel et ainsy coatrageux , car il n'en durera guieres, et bientost «nous le perdrons, et ne l'aurons plus sur nos «gens qu'il vient à toute heure fatiguer, v Aussy n^y faillit pas; car, estant venu au siège deMussidan. Monsieur, son gênerai, ne le voulant , et tenant ceste place indigne d'y envoyer ses couronnels, tous deux y allèrent à l'envy Fun de l'autre; et le comte s'appresiant pour l'assaut , armé de toutes pièces, car il ne desdaignoit nullement les armes, qui estoit signe qu'il en vouloit manger â bon escient, il eut un coup à la teste près les deux yeux , et, encor qu'il eost son casque très-bas et couvert, il en mourut.

Un bon soldat perigourdin le tua , qui estoit dedans, que l'on appelloit Charbonnière, lequel avoit esté à moy et de ma compaignie , et estoit un des meilleurs et plus justes harqoebusiers qu'on eustsceu veoyr, etnefatsoit autre chose leans , si-non qu'estant assis sur un petit tabouret (et la pluspart du temps y disnoit et souppoit, regardant par une canonnière), que tirer incessamment et avoir deux barquebuses à rouet et une h mesche , et sa femme et un valet près de luy, qui ne luy servoient que décharger ses barquebuses, et luy de tirer, si bien qu'il en perdoit le boire et le manger. Ilfut pris, et Monsieur, frère du roy, le voulut veoyr, et pour avoir tué un si grand personnage commanda qu'il fust pendu. J'avois grande envye de le sauver (mais je ne pus, enoor que je l'eusse fiiict évader une fois par une fienestre,

DES COURONNELS FRANÇOIS.

mais il fut repris ), bien que j'eusse un trèsgrand regret dudict comte, car je Tayraols beaucoup : aussy m'aymoit-il.

Mais en cela qu'en peut mais un soldat , puisqu'il Fait l'office du soldat? Il est bien vray, quand il se vante du coup et s'en glorifie , un teldespitet une telle vanterie faschent , et tel mespris ; et pour ce la penderie est bonne , ou le massacre. En quoy le soldat y doibt bien estre advisé de ne se vanter de tels coups , car cela vient à conséquence pour luy, ainsy qu'on dit d'Alexandre , de deux soldais qui se vantoient d'avoir tué Darius, lesquels il fit mourir. Ainsy fit le marquis del Guast, qni fit pendre le soldat qui avoit tué François, marquis de Salusses. Il y a une infinité d'autres exemples, tant du temps passé que des nosires.

On disoit aussy que ce soldat avoit tué Taisné Porapadour auparad vant, lequel estoit très-brave et vaillant gentilhomme, et que le comte de Brissac aymolt bien fort : et ledict Pompadour avoit comnandé audict soldat, et Taymoit , et l'avoit mené à Madère. Voylà comme souvent nous sommes bien traictés de ceux que nous aymons.

Ainsy mourut le comte de Brissac : et je croy que s'il eust vescu, il eust changé de nom et en eust pris d'autre plus grand que de comte , ainsy que je l'ay veu discourir bien souvent parmy nous autres garçons quand nous discourions ensemble; et ue se projectoit pas moins que d'un royaume, fust en quelque part que ce fust; et avoit résolu d'en conquérir quelqu'un , fust en Levant, fust en Occident, ou possible dans le cœur de sa patrie, et n'estoit nullement despourveu de desseins et d'entreprises. Bref, il estoit très-ambitieux , et en aucuns lieux où il nedebvoit, sans aucun respect à ses amys.

Il avoit aymé mon frère d'Ârdelay autant qu'amy qu'il eust. Il avoit résolu , s'il fust sorty du siège de Chartres , de se battre contre luy , ou qu'il quittast renseigne blanche du régiment des Gascons dont il estoit couronnel , et avoit esté successeur du chevallier de Montluc, certes très-digne et gallant jeune homme, quiayma mieux quitter sa charge que son enseigne couronnelle, ny que d'obeyr à d'antres couronnels, puisque tel y avoit esté, et l'eut de son père, et en estoit party de Gascongne, comme je le vis.

Certes, si mon frère ne fust mort en ce siège , j de-camp, qu'on appelloit Le Gros La Bcrthe , il ne f^ut point doubter qu'ils ne se fussent I appeller ledict comte de Tande et luy dire

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