LE MARQUIS DE PESCAYRE
vulgo no admite des pues ninguna excusa don aunque paresca venir de casas honestisimas y dejusto dolor, parque naturalmente el nombre de perfidia y traycion es odioso y reprehendido abominablamenie de todas personas ^ nijamas huvà capitan al monda de generoso anima que con mal' dady traycion procurase alcancer la que la virtud puede dur por la grandisima esperança de obtener facilmente un reflo^ por la quai afgunos miœhas vezes creen que, salira la honra , se puede ramper y traspasar las derechos divinas y humanos , y el gran deseo que ténia de vengarse de las injurias contra los ingratos ficavan reziamente su anima nascidopara tadas arduas impresas, « Il demeura tout ferme sans «se mouvoir, comme un homme, lequel deli- «berant qui çà qui là , mou voit son esprit sus- « pend et douteux par la nouveauté et grandeur «de l'affaire, sçachant bien que les louanges de «tant de vertus qu'il y a se salissent et s'enlay- « dissent fort avec le seul crime de trayson, «et que le vulgaire n'admet après aucune ex- «cuse, encor qu'elle paroisse provenir de sub- «jeclset choses tres-honnestes et de juste dou- «leur, parce que naturellement le nom de «perfidie et trahyson est odieux et repris pour «très abominable de toutes personnes. Et n'y «eut jamais capitaine au monde de cœur gene- «reux, lequel, par meschancelé et trahyson, «machinast de parvenir là où la vertu peut «mener, pour la grand espérance d'obtenir «facilement un royaume, pour lequel plusieurs «bien souvent croyent que, l'honneur sauve, se « peuvent rompre et transgresser tous droicts «divins et humains; el le grand désir aussy de «se vanger de toutes les injures encontre les «ingrats picquoient et animoient rudement un «esprit né et disposé pour toutes entreprises «ardues et difficiles. »
Voyià des mots qui représentent bien un esprit agité, comme d'une forie, de divers pensements et irrésolutions, pareilles à celle de ce brave Gsesar quand il voulut passer le Rubicon.
Or, pour eu parler franchement, il n'y a rien si vray, comme je tiens de plusieurs Italiens, Espaignols et François, que ce grand capiuine se résolut à la fin de mordre à la pomme de ceste ligue, et en monstrer de bons effiects.
VIES I>ES GRANDS CAPITAINES
Mais il Fut descouvert* dict-on, par ADlboinc de Levé, qui esloit lousjours près de luy, et autres^ et surtout qu'il sentit un veat, que madame la regeate Louyse de Savoye, que Thistoire la cotte nommément, et qui esloit bien advant en ceste ligue inscripte, vouloit tout descouvrir; voire le fit pour gratifier Tempereur, et le mener à un bon traictemcnt pour son fils , et à une bonne paix ; car, pour venir là , elle se fust donnée à tous les diables, par manière de dire. Tout cela esmeut ledict marquis de s*en retirer de bonne heure, et le tout descouvrir ; et aussi qu'il tenoit le duc de Milan assiégé dans le chasteau,et pensoit, après l'avoir pris, s'en prévaloir comme chose plus certaine que l'autre dessein de la ligue.
Parquoy il ad visa de prévenir le tout, et d'en advenir l'empereur^ saas se faindre de rien , jusques à luy révéler franchement qu'il y avoit fort bien preste l'oreille à poste pour en tirer les vers du nez, et en tirer les secrets des uns et des autres. Et, pour.^pparence de l'efFect, il envoya quérir l^Ioaron , principal aulheur de l'ambassade, le fit constituer prisonnier, et le donna en garde à Anthoine de Levé, qui le mit en si bon lieu, qu'onques il ne sortit ny ne parut, jusqu'à ce que M. de Bourbon vint, au bout de quelque temps, gênerai de l'empereur en Italie , qui le délivra pour s'en servir ; car c'estoit un très habile homme d'estat et d'affaires. Touchant au secrétaire , le bon Menlebona, tirant vers le chemin des Grisons, fut poursuivy ou rencontré courant la poste, tué et desvalisé de toutes ses despescbes.
Pour telle descouverte tous les princes d'Italie voulurent mal mortel audict marquis, et le pioquerent de force injures, les impérialistes le louant au contraire; d'autant que le duc de Milan, assiégé dans le chasteau, et malade d'une fiebvre pestilentielle, venant à mourir, et le chasteau pris, il pouvoit faire ses affaires mieux, et plus honorablement estre gonverneur gênerai de Testât, que : Ser visto entre las Espaàolesy Tudescos, ref en Napoles, con sospecha de fe incerta , laquai escuriese la honra de todas sus virtudes exceleniisimas. «Qu'estre veu pariny les Espaignols et Tudesa ques , roy de Naples , avecques un soubçon de ttfoi iocertaine, laquelle obscurciroit l'honneui; «de last de vertus exceltentes qu'il avoit.»
D'avantage, il jugea et discourut en soy que mal aysement les Napolitains, qui sont de tout temps fort inconstants et subjects à changer, le soufPriroienl roy, et lui obeyroient comme à roy, l'ayant veu comme quasy leur compaignoa et citadin de leur ville, et pays comme un autre.
Ah! que j'en ay veu plusieurs au comnoance' ment de la ligne dernière, qui ont joué de pareil jeu que ce marquis : laquelle du commancement ils entendirent très volontiers , mais après ils la quicterent, fut ou de erainte, ou par faute d'argent qu'on ne leur livroit , ou pour en descouvrir le pot aux roses, on que le nez leur seigna, ou pour autres raisons que je ne diray pas, pour ne feire touscher au doigt les personnes qui jouoient ce jeu là. Et c'est pourquoy il faict bon aller son grand chemin , et non tergiverser deçà et delà : car enfin on n'en rapporte que de la honte et du dommage, encor que l'Italien die : E bisagna proK>ar ogni casa, per non parer troppo cogliane S* mot certes qui ne vault pas guieres, ny en théorique, ny en pratique.
Rien ne gasta la renommée de ce grand marquis que ce traict; voire possible luy advançat-il ses jours , comme aucuns tiennent qu'il fut empoisonné; mais la plus saine et vraye voix est qu'il mourut hydropique. Il se peut faire, car j'ay ouy dire à de grands médecins que le poison engendre l'hydropisie, et fort soudaine, aussy bien que d'autres excès. Les braves Espaignols de ces temps disoient, par une gentile rodomontade que : Non moriô d'alguna enfermedad, mas en medio de la flor de su edad , como y a viejo x cansado de la multitad y peso de las vietorias , con la opinion de los hombres,que,sila fortuna le hubiera concedido entera spacio de vida, sin dada ninguna jrgualava con los anligos capitanes, de los que fueron grandisimos. a Qu'il ne mourut d'aucune maladie , mais qu'au 0 milieu de la fleur de son aage, comme desjà a vieux , las et cassé de la quantité et poids de vic- « toires, avec telle opinion des hommes, que, s cla fortune luy eust concédé l'entier espace de «la vie, sans doubte il aHoit au pair de tous les «anciens capitaines qui ont esté très excettens. »
« 11 fout éprouver toute chose, afin de ne point paroi- Un