CESAR DE NAPLES
la France, et laissa au roy, pour luy Faire service, son fils le comte Charles, qui estoit un brave et vaillant gentilhomme , et aussi parfaict en toutes vertus chevalleresques qu'on eust scea voir , tirant tant bien des armes et sçachânt foire fort dextrement tous honnesles exercices. Au reste il estoit fort sçavant et parlant très bien latin, grec, italien, François, espaiguol , allemand, flamand et hongre. Je Tay veu parler toutes ces langues. Il espousa madamoiselle de Brissac Taisnée, qui estoit une Fort sage et vertueuse damoiselle et dame, mais elle mourut. Despuis il a Faict de grands services auroyson maistre en Flandres, qu'il gaigna de ceste Façon , pour avoir Faict quelque petite jeunesse d*un meurtre, dont le roy luy refusa sa grâce pour lors, et par ainsy il lobtini : et après la mort du prince de Parme , il le fil son lieutenant gênerai pour quelques jours eu son armée de ses Pays-Bas et de la France ; dont il s en est dignement acquitté, comme il a Faict despuis en ceste dernière guerre d'Hongrie , où ayant esté envoyé par le roy son maistre avec secours y fut esleu mareschal de camp gênerai en Tarmée : et ayant combattu vaillamment et j sagement conduict sa charge, y est mort en très vaillant et brave capitaine, tel qull a esté. Belle fin faict qui pour la Foy trespasse. Monsieur le wsdict comte son père le survesquit, ayant vesctt près de cent ans en belle vie et Fort dis- | poste, et tousjours avec grand honneur, n'ayant jamais quicté le party de son maistre ny adhéré ! aux estats. Aussi que pouvoit-il mieux estre que d*esu*e tousjours serviteur de son maistre?