‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de BourdeilleChapitre 107 sur 119 · MAGDELAINE DE BOURDEILLE · texte numérisé non relu

MAGDELAINE DE BOURDEILLE

Magdelaine de Bourdeilie eut en partage, par le testament du baron de Bourdeilie , son père, du 38 janvier 1546, la maison noble de la Feuillade avec des rentes situées dans la paroisse de Ghalvard, le tout évalué à la somme de onze mille livres , destiné â luy servir de dot pour se marier.

Elle étoit l'une des damoiselles (c'est-à-dire fille d'honneur) de la reyne Catherine de Médicis , dès l'an 1554, suivant un état de la maison de cette reine depuis l'an 1574 jusqu'en 1586, dans lequel sont employées sous le même titre mesdamoiselles de Pompadour, d'Alvi^in, d'Humieres, de Levis, Gbarlus, de la Tour, Limeuil et quantité d'autres , de noms aussy distingués. Brantosme en a rapporté la plus grande partie dans ses Dames illustres, à l'article de cette reyne; et quoiqu'il n*y donne pas une idée avantageuse de la sagesse de ces demoiselles , l'amitié fraternelle n a pu luy inspirer d'y fiiire quelque distinction favorable de la conduite de sa sœor. Aussi ne l'aymoit-il pas; son testament olographe en fournit la preuve , car il y déclare qu'il avoit eu soin de la feire congédier de la maison paternelle, pour éviter les demandes importunes qu'elle fsisoit à la vicomtesse de

Bourdeilie, sa belle-sœur, sur le payement du reste de sa légitime ; que pour cet effet il avoit avancé de l'argent à cette belle-sœur, et que depuis cette expulsion il p'avoit plus vu mademoiselle de Bourdeilie.

Outre ce que madamoiselle de Bourdeilie avoit eu de son père , la baronne de Bourdeilie , sa mère , luy légua, par son testament du 26 may 1557, une somme de cinq cents livres pour ses droits maternels. Il parolt que madamoiselle de Bourdeilie posséda aussy les paroisses de Brie et de Sain t-Giers , en Archiac , qu*elle vendit dans la suite.

En 1575, le roy Henry III luy assigna une pension de mille livres sur l'évèché de Périgueux, en accordant la nomination de cet évèché aux seigneurs de Bourdeilie et de Brantosme, pour en pourvoir tel ecclésiastique qu'ils choisiroient.

En 1578, madamoiselle de Bourdeilie tint le 7 juillet de cette année, sur les fonts de baptême de la paroisse de Saint-André-des-Arcs , à Paris , avec François de La Grange de Montigny, madamoiselle Urbaine de Ghastmay (de Lanty). On ignore si ce seigneur de Mod« tigny est celuy qui fiit depuis marédial de

France , ou si ce fut son onde , portant le même nom de François.

Son attachement pour la reyne mère ne luy permettant pas de quitter la cour, elle fut si long-temps Tune de ses damoiselles, qu'elle vieillit dans le célibat. Son état de fille et son âge avancé l'exposèrent aux plaisanteries ordinaires en pareil cas. Une vie manuscrite de Théodore-Agrippa d'Aubigné porte que, comme il étoit un jour assis seul sur un banc, il apperçut mesdamoiselles de Bourdeiile, de Beaulieu et de Tenie (ce doit être Thiers), et remarqua qu'elles confrôloient son habillement comnie le sentant au nouveau. L'une d'elles luy demanda ce qu'il contemploit en ce lieu? Il leur répondit piqué : Je contemple les antiquités de la cour, madamoiselle ; parce que ces trois damoiselles iàisoient ensemble cent quarante ans. Cette réponse les rendit honteuses et les obligea dès-lors à luy demander son amitié.

Madamoiselle de Bourdeiile se trouve encore mentionnée dans une satyre faite sur les affaires de la ligue, intitulée : Biblioi/ièque de madame de Montpensier, mise en lumière par Tavis de Cornac , avec le consentement du sieur de Beaulieu, son écuyer. Madamoiselle de Bourdeiile y est sous ce titre : VHistoire véritable de Jeanne la Pucelle, par madamoiselle de Bourdeiile.

Aussy la reyne mère, à la fin de ses jours, reconnut-elle ses services, en luy léguant la somme de quatre mille écus par le testament que Sa Majesté fit à Blois, le 6 janvier 1589.

Après la mort de cette princesse , madamoiselle de Bourdeiile ne parott plus avoir eu d'employ à la cour; mais elle continua de prendre la qualité de damoiselle de la reyne mère. Elle demeuroit à Paris, rue de la Monnoye, paroisse deSaint-Germain-de-l'Auxerois, le 13 mars 1602, qu'elle céda au sieur Girard , trésorier de la maison du roy, une rente de mille écus que luy devoit en partie Claude de Beauvillier, comte de Saint-Aignan, depuis Tannée 1682.

Elle assista, comnie alliée, au contractde

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mariage passé à Paris, le 11 septembre 1609, de madamoiselle Louise de Montbron de Fontaines-Chalandray , avec Jean-Louvs de Roche- Chouart de Chandenier.

Elle fit en cette ville un testament le 29 juin 1611, dans lequel elle est qualifiée damoiselle Magdelaine de Bourdeiile, une des filles damoiselles de la feue reyne mère du feu roy Henry III , demeurant rue de la Monnoye , paroisse de Saint -Germain-de-FAuxerois. Par cet acte, elle demanda d'être inhumée aux filles de YÀve Maria, à Topposite de feue madame de Dampierre (Jeanne deVivonne), sa tante; institua pour héritier universel, Henry, vicomte de Bourdeiile, son neveu; fit des legs au baron de Mata , aussi son neveu , à la comtesse de Duretal, à madame d*Aubeterre, ses nièces. Elle laissa une somme de quatre mille livres à madamoiselle d'Ambleville i^uise de Jussac), sa petite nièce , à condition qu'elle n'épouseroit point de gentilhomme foisant profession de la religion prétendue réformée, voulant qu'en cas de contravention à cette clause, ce legs tournât au profit de la dame d*Amblevillc, Isabelle de Bourdeiile , sa nièce.

Elle changea dans la suite quelques-unes de ses premières dispositions testamentaires, par d'autres testaments ou codicilles des 12 juin 1613, 22 janvier 1616 et 10 avril 1617, demeurant en dernier lieu dans Tenclos de la Monnoye, à Paris; et entre autres choses, elle révoque le legs qu*elle avoit (ait à madamoiselle d'Ambleville, sa petite nièce, de sorte que ce legs ayant passé à la dame d'Ambleville mère, cette dame en fit donnalion à Claude de Jussac , son filsatné, par son testament du 21 novembre 1630, déclarant dans cet acte que la somme de quatre mille livres qui formoit ce legs luy étoit due par M. de Bourdeiile, et quelie Tavoit eu en don de [damoiselle Magdelaine de Bourdeiile, sa tante, dame d'honneur de la reyne Marguerite.

Magdelaine de Bourdeiile mourut en 1618, et fut inhumée , comme elle l'avoit demandé, chez les religieuses de YÀve Maria, à Paris.

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SÉNBSCHÀI. DE PÉRIGORD.

André, vicomte de Bourdeille, né vers Tannée 1639, étoit encore page du roy ou de la reyoe de Navarre , dont la vicomtesse de Bour* deille, sa mère , étoit dame de corps (oa d'honneur ) , lorsque la princesse de Navarre (Jeanne d'Albret , âgée d'onze ans), fut mariée à Chastelleraud avec le duc de Gleves, en 1641, sous le règne du roy François I , qui , dans cette cérémonie , donna les premières marques de la disgrâce du connétable de Montmorency, en Tobligeant, tout connétable qu'il étoit, de porter sur ses bras cette jeune princesse.

Son père l'institua son héritier universel par son testament du 28 janvier 1646.

Il commença de servir dans les guerres de Piedmont, et se trouve employé, en 1648, en qualité de panetier du roy Henry II, à quatre cents livres de gages , dans un état de la maison de ce roy, depuis Tannée 1647 jusqu^en 1669, suivant lequel il avoît pour coliques dans cette charge, André de Bourbon -Vendosme, seigneur de Rubempré, Charles de Levis, seigneur de Gharlus, et plusieurs autres seigneurs.

Au mois de juin de cette année 1648, il passa en Ecosse avec les troupes commandées par le seigneur d'Esse, que le roy envoya porter du secours aux Écossois, alors en guerre avec les Anglois , et ce voyage luy fut d'autant plus avantageux et agréable, parce que le seigneur d'Esse, nommé André de Montalembert , avoit été élevé page du seigoeiu* de Vivonne, séneschal de Poictou , ayeul maternel du vicomte de Bourdeille; suivant Tusage pratiqué par la noblesse de ce siècle, de mettre leurs enfants auprès des gentilshommes constitués en dignités ou en faveur à la cour.

Au retour de cette expédition , il servit au siège de Metz, en 1662, et fut fait prisonnier à celuy de Hédin, en 1663, où il perdit le capitaine de Bourdeille, son frère putné. Il garda prison à llsle en Flandres, jusqu'à la trêve faite en 1666.

Le payement de sa rançon , qui fut considé* rable , causa un dérangement dans ses affaires. Après avoir recouvré sa liberté, il se trouva chargé d'embarras de famille, ayant été fait héritier de sa mère en 1667, ce qui l'obligea d'habiter son château de la Tou^Blancbe. en Angoumois.

Il se maria dans ce pays par contract da 27 juin 1668, dans lequel il est qualifié messii« André de Bourdeille, chevalier, seigneur et vicomte de Bourdeille , baron delà Tour-Blanche et de la Commarche, panetier ordinaire du roy, avec damoiselle Jacquette de Moniberon , fille de messire François de Moniberon , chevalier, seigneur et baron d'Arcbiac et de Mata et de dame Jeanne de Montpezat. Cette damoiselle fut dotée de la somme de trente mille livres, et n'a voit pas plus dequatorze ans.Quoyqu'il y eût déjà eu des alliances entre les maisons de Bourdeille et de Monberon , la mère de cette damoiselle voulut d'abord s'opposer à ce mariage, ayant apparemment d'autres vues pour celte fille, qui, n'ayant qu'un frère, couroit le hasard de devenir riche héritière ; mais enfin , elle y donna son approbation , peut-être bien à la sollicitation de François du Fou, chevalier, seigneur du Vigean , curateur de cette damoiselle , lequel étoit parent de ces parties contractantes.

René de Montberon, baron d'Archiac, assista au mariage de sa samr , et peu de temps apits, s'étant rendu à l'armée, il fut tué à la battaille de Gravelines, le 14 juillet 1668. Il ne laissa point d'enfiints de Magdelaine du Fou du Vigean , sa femme. Ainsy, la vicomtesse de Bourdeille se trouva alors héritière des principaux biens des maisons de Montberon et d'Archiac , et de beaucoup de droits et prétentions sur ceux des maisons de Painel , de Mareuil et autres, comme on le verra cy-«près.

Jaoquettede Montberon, vicomtesse de Bourdeille , avoit pour ayeule paternelle Marguerite d'Archiac, fille de Jacques , seigneur d'Archiac»

et dame de Levis. La maison d'Ardiiac s'étoit divisée en deux branches principales, dont l'atnée étoit tombée en quenouille dans les maisons de Montberon , du Fou , etc. , et Tautre branche eiistoît encore dans la personne de Jacques d' Archiac, chevalier, seigneur d* Availles, tils d^Odet et petit-fils de Foucaud d'Archiac. Leurs partfgM o'avdiept point été entièrement consommés I et avoient même oecasionné des procès peQdaiiti au parlemwt de Boordeaui. Le vicomte d^ Bpurd^itle , pour liquider la part de sa Hmme , toujours mineure , passa en son nom UD# transaction avec le seigneur d*Availles, le dernier avril 1559, par laquelle le seigneur d'Availles Sf désisU de ses droits, en o^p^dér^Uon de ee quels vicomte de Bourdeille liiy céda ce qui pouvoit appartenir à la vicomtesse de Bourdeille dans les paroisses, terres et f^igneuries de Barret et de la Garde , en XaintoDge], avec cent livres de rentes et la capitainerie de Vitrezay, à condition de tenir le tout en hommage de la seigneurie d'Archiac, tant que cette seigneurie seroit possédée par les descendants de la dame de Bourdeille , au devoir d'un épervier apprécié une maille d'or, évaluée vingt-cinq sols ; et que si la dame de Bourdeille décédoit sans enfants, il seroit permis au seigneur d'A vailles de tenir le tout du roy, si bon luy sembloit. De plus, le vicomte de Bourdeille renonça aui prétentions de sa femme sur les terres d*A vailles, de Mortiers et de Fontagoac, s*obligeant de luy Faire ratifier cet acte lorsqu'elle seroit parvenue à Tftge de vingtcinq ans. La vicomtesse de Bourdeille avoit deux tistrs dans cette succession, et Tautre tiers appartenoit à la douairière de Montberon , sa beUe-smur, aussjr nineure , qui acquiesça à cette transaction, sons l'autorité de François du Pou, chevalier, seigneur du Vigean, son père.

Jeanne de Montpexat, mère de la vicomtesse de Bourdeille , étoit fille de Jeanne de Mareuil , qui avoit pour père et mère Guy , seigneur de Mareuil, et Philippe Painel sa première femme, dame d'Olloode, de Perques et de Serton ville. Cette Philippe Painel , sortie d'une branche ca« dette de la maison Painel, étoit cousine an troiaième degré de Jeanne Painel , héritière de ta branehe aînée, morte en 1437, femme de UuiSi sire d'Baloutfville, qui étoient les M-

APPBMDiGR.

sayeuls d'Adrienne, duchesse d'Estouteville , maryée en 1634 avec François de Bourbon, premier du nom , comte de Saint-Paul , et morte vers la fin de Taniiée 1660. Jeanne de Montpexat avoit intenté procès contre cette duchesse d'Bstouteville, pour des dégradations et coupes de bois faites par celte duchesse dans les terres de Perques, de Serton ville, et moulins de Serances en Normandie , qni appartenoient à Jeanne de Montpexat, par héritage de b maison de Painel. Pour poursuivre ce procès devant le bailly de Costentin, les vicomte et vicomtesse de Bourdeille donnèrent leur procuration , au mois d'octobre 16flO, à Jean d'Aubigné , seigneur de Brie , lieutenant au siège de Cognac ( mais il parott , par le codidlle de la vicomtesse de Bourdeille , que cette afhire fîit dans la suite aussy peu suivie que les autres.

Le vicomte de Bourdeille, continuant sa résidence en son château de la Tour- Blanche , y fit un premier testament le S4 may 1662, dans lequel il est qualifié André de Bourdeille, chevalier , vicomte et baron de Bourdeille , baron d'Archiac et Mata , seigneur de la Tour-Blanche, il recommanda , par cet acte, à la vicomtesse de Bourdeille , Jacquette de Montberon, sa femme, de conformer ses obsèques à la charité chrétienne, sans aucune pompe, luy donna à son choix la terre de la Tour-Blanche , ou la baronnie de Bourdeille, avec la jouissance de tons ses biens, la disposition d'une somme de dix mille livres, la tutelle et administration de leurs enfants, jusqu'à ce qu'ils eussent atteint Tàgede vingt- trois ans, sans être obligée de leur rendre compte; et comme il n'a voit alors qu^une fille nommée Jeanne de Bourdeille, il l'institua son héritière universelle , si l'enfant , dont sa femme étoit enceinte , n^étoit point un fils ; car, en ce cas , H déclarait ce fils son héritier universel, et réduisoit sa fille à la somme de quinze mille livres pour tous ses draits. 11 substitua à ses enfants Tabbé de Brantosme et le baron d'Ardelay, ses frères, et chargea la vicomtesse de Bourdeille , sa femme, de Texécution de ce testament.

Les partages de ta maison de Montberon, dont la branche atiiée finissoit dans la personne de la vicomtesse de Bourdeille , avoient aussi fourni matière à procès. Elle avoit pour ondes René de Montberon, sourd et muet, religleuy

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au prieuré de MontmoriHon ; Loufs de Montbe» ren , seigneur de Fléat ; Jean de Montberon , seigneur de Thors; et pour tantes les dames de Rastignac, des Herbiers, de Maudrens, de Ville-Dieu, et une damoisetle de Montberon encore fille. Un arrêt du parlement de Bourdeaux, du 28 mars 1669, avoit condamné les vicomte et vicomtesse de Bourdeille de représenter ce René de Montl)éron avec Tacte de sa profession de religieux, le lendemain de la Quasimodo , pour être Ait droit sur la provision de deuxeentêéeus demandée par le seigneur de Fléat , son frère. On ne sçait ce que devint ce procès ; il parott seulement que le vicomte de Bourdeille eutra en accommodement avec ses coliéritiers : et pour cet efFet , il céda au seigneur de Thors le imr-à-ban de la paroisse de Blanzac, et luy donna certaine somme d'argent , se chargeant aussy de payer les frais du procès pendant au parlement de Paris; et en échange, il prit le bourg franc de Matas par transaction passée à Xainies le 3 novembre 1666, qui le qualifie alors gentilhomme ordinaire de la chambre du roy.

Depuis son mariage, il avoit été plus occupé du soin de ses affaires domestiques que de la guerre, et avoit toujours rempli ses charges de panetier et de gentilhomme servant du roy ; charges que les gens de qualité n'a voient fioiot cru encore au-dessous d'eux , comme le prouve Tétat de la maison du roy Giiarles IX de l'année 1660 jusqu'en 1674, dans lequel ces emplois se trouvent possédés par les seigneurs les plus qualifiés. Mais le connétable de Montmorency, deux ans avant sa mort , arrivée à la battaille de Saint-Denis en 1667 , ayant fait une ordonnance, portant que, pour éviter les abus que commettoient les commissaires et contrôleurs des guerres dans les montres des compagnies de gens de guerre, ces revues seroient faites par les principaux gentilshommes du pays, dans lequel se trouveroient les troupes, le vicomte de Bourdeille reprit le service à cette oficasion, ayant été chargé d'une de ces commissiûiM, et il en fit usage dans le peu de temps que cette ordonnance fut observée. U fit la revue de la compagnie de Guy Chabot, seigneur de Saini-Gelais , chevalier de l'ordre du Roy , à Surgeret , le 14 novembre 1666 ; et il en donna son cerlifica!, dans lequel il prend

ces qualités: André de Bourdeille, chevalier, baron de Bourdeille, d'Archiac et de MaUi>. gentilhomme de la chambre du roy, commissaire commis par le roy, etc. Ce certificat est scellé de son sceau , de même qu*une quitiance qu'il donna le 16 de novembre )666, de la somme de cent livres pour avoir fait la revue des compagnies de messirç de Sansac, de la Vauguyon , et de Jarnac.

L'ordonnance du connétable de Montmorency n'ayant plus d'exécution , le vicomte de Bourdeille obtint une compagnie d'ordonnances , et étant prêt de monter à cheval pour se rendre en France et servir le roy à la tète de cette compagnie dans les guerres civiles, il fit un second testament, en son château de la Tour^Blanche, le 13 de novembre 1667, où il est qualifié chevalier, vicomte et baron de Bourdeille; baron d'Archiac et de Mata , sei- I gneur des chAtellenies de la Tour-Blanche et \ de la Gommarche, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du roy. Il confirma à la vicomtesse de Bourdeille, sa femme, les avantages qu'il luy avoit faits dans un premier testament; déclara avoir alors quatre filles nommées Jeanne, Renée, Isabelle, et Adrienne; légua la somme de quinze mille livres à chacune des trois dernières, et institua Tatoée son liéritière gniversclle, si l'enfant dont sa femme étoit enceinte, n'étoit point mâle; voulant qu'en cas que ce fftt un fils , il devint son héritier universel, et que cette fille atnée se contentât d'une somme de vingt mille livres. U joignit à sa femme, pour l'exécution de ce testament, le seigneur de Branstosme et le baron d'Ardelay , ses frères.

Il avoit dix-huit cents livres d'appointement pour son état de capitaine, suivant une quittance qu*il donna au trésorier des guerres, dattée de Poy vre (en Ghampague , diocèse de Ghàlons) le 10 de janvier 1668, scellée du même sceau que celuy cy-dessus.

Le roy Gharlea iX ayant fait une promotion de treize chevaliers de l'ordre de Saint-Michel, dont le premier étoit le comte de Maulevrier, frère du duc de Bouillon, de la maison de la Marck; le second, le baron de Villaquier, de la maison de Villequier , fondue dans celle d'Aumont ; et le troisième, le vicomte de Bourdeille, k duc d'Anjou, connu depuis aoua' le nom du

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roy Henry III» qui étoit alors lieutenant-général du roy son frère , leur confêra cet ordre à Melun le 16 de février 1568. Et comme les grâces de la cour sont suivies des effets de Tenvie et delà jalousie, il parut sur cette promotion une pièce de vers intitulée: Remontrances au rojr pour des aboyants à lordrê^diàus laquelle chaque nouveau chevalier eut son lot. Voicy celuy du vicomte de Bourdeille :

Par le oootract de mariage Du comte votre cerviteur , L'OD me prunit pour mon partage L*0rdre. Je ne tau point menteur.

Ce comte y qui étoit Albert de Gondy> dV bord connu sous le nom de sieur du Perron, puis sons celuy de comte de Retz, après son mariage avec Glaude-Gatherine de Glermont de Dampierre, qu'il avoit épousée en 1666. Celle dame luy avoit apporté la terre de Relz, qu'elle avoit eue par donation de Jean, baron d*Annebaut , son premier mary : et comme elle étoit cousine germaine du vicomte de Bourdeille , ayant tous les deux pour mères deux sœurs de la maison de Vivonne, et que le sieur du Perron avoit la faveur de la cour; cela donna occasion d'accuser le vicomte de Bourdeille d'avoir mérité Tordre de Saint-Michel , qui étoit encore alors le seul ordre du Roy, en contribuant à ce second mariage de sa cousine.

Il paroi t cependant que pei^sonne n'y eut plus de part que Roger de Saint-Lary, seigneur de Bellegarde, lieutenant de la compagnie du sieur du Perron, et depuis maréchal de France , qui en fut Tentremetteur. Au reste , Tesprit , la science et le mérite de cette dame sont assez exaltés dans les Mémoires de Castelnau, dans Brantosme, et dans d'autres ouvrages , pour croire qu'elle n'avoit pas besoins d'autres conseils que des siens.

Le vicomte de Bourdeille , devenu chevalier de Tordre du Roy, fit en cette qualité la revue de sa compagnie de cinquante lances des ordonnances de Sa Majesté , à Gorbeil, le 8 juin 1668 ; et au camp de Saint* Jean de Ligoure en Limousin , le 22 juin 1669. U avoit sous luy , pour lieutenant, Vespazien de Gasteinaud, seigneur de Mauvissiere, tué au siège de Saint- Jean d'Angely , en 1669 , grand-oncle du maréchal de Castelnaud ; pour enseigne , Jean

de Montardy, seigneur de Lasooox en Périgord ; pour guidon , Jean Baron de la Tour en Limousin; et pour maréchaMes-logis, François , seigneur de Saint-Maurice en Limousin ; Le premier des hommes d'armes de cette compagnie étoit Philibert de Bourdeille , seigneur de Montanceys. Les autres hommes d'armes et archers étoient des gentilshommes des provinces de Limousin , de Poitou , de Périgord , de Xaiutonge , et d'Angoumois. Il servit à la tète de sa compagnie contre les religionnaires , comme le prouvent les différentes quittances qu'il donna de ses appointements au trésorier des guerres, à raison de quatre cent cinquante livres tournois par quartier. Elles sont dattées de Paris, le 9 août 1668 ; de Corbeil , le 9 inin 1669 ; et du camp de Saint-Jean de Ligoure , le 28 juin 1669; toutes signées de luy, et scellées de son sceau comme cy-dessus.

En 1669 , le roy le commit pour conférer en son nom Tordre de Saint-Michel au seigneur de .Lascoux. Son instruction est dattée du 1^ décembre 1669.

En 1670 , il fut fait chambellan ordinaire du duc d'Alençon , frère du roy. On en trouve la preuve dans un état de la maison de ce prince de Tannée 1662 à 1684 , et dans uo brevet datte d'Amboise le 6 janvier 1672 , par lequel ce prince, le qualifiant son chambellan ordinaire et chevalier de Tordre du Roy , Tadmit dans son conseil , en considération de ses services militaires. Cependant ses provisions de chambellan ordinaire , et le serment qu'il prêta pour cette charge entre les mains de monsieur de Saint-Sulpice , sur*intendant de la maison de ce prince, (c'étoit Jean d'Ebrard, baron de Saint-Sulpice, gouverneur du duc d'Alençon, fait chevalier des ordres du Roy en 1679 , ) ne sont dattes d'Amboise que des 7 et 17 de janvier 1672.

Les emplois que le vicomte de Bourdeille occupoit auprès du duc d^Alençon ne Tempèchoient pas de remplir celuy de gentilhomme ordinaire de la chambre du roy : et Sa Majesté le fit même conseiller en son conseil privé, par brevet donné à Rlois le 16 avril 1672.

La charge de séueschal de Périgord, sortie de la maison de Bourdeille depuis plus de cent cinquante ans , par la mort d'Arnaud, seigneur de Bourdeille, trisayeul d*André| vioomte de

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Boardeille , avoit toujours été possédée par des gens de qualité, et en dernier lieu, par Guy Chabot , baron de Jarnac, si renommé pouravoirtuéen duel, Tan 1647 , le seigneur de la Ghàtaigneraye , oncle maternel du vicomte de Bourdeille. Des quittances de ce baron , des années 1547 et 1561 , le qualifièrent encore alors séneschal de Périgord. Mais depuis qu'il eut succédé au seigneur de Jarnac son père, dans la charge de gouverneur de la Rochelle, dont il étoiten possession dès Tannée 1554 1 il ne prit plus la qualité de séneschal de Périgord, et on ignore ce que devint cette charge. On sçait seulement quecepays, et principalement la ville de Périgueux, commença en 1551 d'être agitée des troubles de religion , et que la charge de sénéchal Fut exercée, comme office de robbe, par M. Jacques André ; que cet homme en ayant été déclaré incapable par arrèr , le roy la reconnoissant impétrable sur luy , tant par cette raison , que parce qu'il n'a- \oit point obéi dans le temps prescrit à Tordonnance de Moulins de Tan 1566, et aux autres règlements faits depuis sur les offices de baillis et séncschaux du royaume , Sa Majesté, par brevet datte de Duretal le 17 novembre 1672 , en fit don au vicomte de Bourdeille, qui n*y est qualifié que le seigneur de Bourdeille Tatué , chevalier de Tordre du Roy, en contemplation d'infinis , bons et agréables services qu'il a faits à Sa M^esté , à cet état et couronne.

Il semble cependant que Jacques André continua de posséder cette charge ( apparemment à la faveur des guerres civiles ) jusqu'à sa mort , après laquelle le roy en confirma le don au vicomte de Bourdeille par un autre brevet datié de Paris le 22 d'aoftt 1673. f^s provisions luy en furent expédiées le même jour : elles le qualifient messire André de Bourdeille , chevalier de Tordre du Roy, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, conseiller du roy en son conseil privé; et portent qu'il succède à feu Jacques André, dernier paisible possesseur de cette charge.

Peu de temps après que le vicomte de Bourdeille fut en possession de la charge de séneschal de Périgord, le roy( Charles IX) luy écrivit de la Fere le 25 octobre 1573 : et Sa Majesté, Tappellant seulement M. de Bour-

deille , le chargea de parcourir les principaux endroits du Périgord , pour prendre connaissance des sentiments et de la conduite des ecclésiastiques, de la noblesse et des officiers de justice , et autres de ce pays , et de venir , le 20 janvier prochain , à Gompiègne luy en rendre compte.

Cet ordre donna suffisamment d'occupation au vicomte de Bourdeille pour Tarrêter en Périgord plus long-temps qu*il n'avoit cru. Cependant , le jour du lundy gras de Tannée 1574 , étant party de sa maison de Mata pour se rendre à la cour , il fut averty en chemin d'une émotion formée ce jour même dans Périgueux par ceux de la religion prétendue réformée. Il courut proroptement en cette ville pour appaiser cette émeute. Il y trouva les habitants sous les armes , fort disposés à se conserver sous l'obéissance du roy , et tira parole entre autres des seigneurs de Gaumont, de Beinac, de Saint-Geniés, et de Longua, de ne point favoriser les séditieux , quoyque ces seigneurs fussent aussy religionnaires. Mais comme dans ces mêmes temps , ceux de la religion prétendue réformée s'emparèrent par surprisedela ville de Sarlat, deSainte-Foi, etc., le vicomte de Bourdeille crut qu'il étoit de son devoir de ne point abandonner Périgueux dans de pareilles circonstances. Il demanda même au roy la permission de fortifier cette ville , et luy manda qu'il avoit averty la noblesse de son département de se tenir prête à marcher. Qu'il faisoit assembler des gens de guerre par le seigneur de Brantosme, son frère , pour se joindre ensuite au seigneur de Losse , ( c'étoit Jean , seigneur de Losse, gouverneur de la partie de la Guyenne en deçà de la Garonne, capitaine des gardes du corps du roy , nommé chevalier de l'ordre du Saint- Esprit à la première promotion , et mort en 1679, avant que d'avoir été reçu.) Qu'il avoit avec luy le jeune seigneur d'Aubeterre , ( David Bouchart. ) Que la dame d'Aubeterre , sa mère n'étoit point en état de fournir à Tappointement des soldats mis en garnison dans son château d'Aubeterre, parce que le seigneur d'Achon jouissoit presque de tout le revenu de ta terre d'Aubeterre.

Ce détail est contenu dans sa lettre au roy, dattée PériRucux le 23 mars 1574 qu'il accom-

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pagna de deni autres lettres « Tune pour la reyne mère , et Tautre pour le duc d'Âlençon , dont il éloit toujours chambellan.

Le roy luy fit une réponse , dattée de Yiacennes le 16® du même mois de mars , pour approuver la sagesse de sa conduite et son dessein de fortifier Périgueux. Sa Majesté le chargea en même temps de témoigner aux seigneurs cy - dessus nommés la satisfaction qu'elle avoit de leurs déporlemeuts : et elle iuy manda quelle avoit enjoint aux seigneurs de Lusse , d'Escars, de la Vauguyon , au comte de Venladour, delalder même dans la convocation de Tarrière-ban; qu'à regard du pouvoir qu'il demandoit pour lever des troupes au besoin , sa charge de séneschal luy en donnoit les moyens suffisants , sans quM fût nécessaire de mandement particulier de Sa Majesté; qu'au surplus, cette lettre luy serviroit de décharge, la reyne mère luy écrivit sur le même sujet, ainsi que le duc d*Alençon , dont la lettre est souscrite , votre bon amy François.

Depuis ce temps , le vicomte de Bourdeille fixa son séjour ordinaire à Périgueux , et eut soin d'écrire au roy plusieurs fois dans chaque mois pour luy rendre un compte fidèle des différents événements que produisoient journel* lement tes troubles de religion, non-seulement dans le Périgord, mais même dans toute la Guyenne. Quoyque ces lettres soient curieuses et intéressantes pour l'histoire des guerres civiles, on se bornera à ne rapporter que les faits qui concernent le vicomte de Bourdeille ou sa maison , afin de ne point entrer dans un détail trop étendu pour une généalogie. ' Le vicomte de Bourdeille , pour mieux éta^* blir son crédit , et le rendre plus utile à l'État , sollicita fort le roy Charles IX de répandredes grâces sur la noblesse de son canton, et il eugagea Sa Majesté d'écrire des lettres gracieuses aux seigneurs et gentilshommes, qui qooyque faisant profession de la religion prétendue réformée, se tenoient tranquilles dans leurs chftteaui. Il obtint aussy , dans ce mois de mars 1574 , Tabbaye de la &Biulne en foveur du seigneur de Saint-Geniés, qui avoit abandonné sa famille et ses biens pour le service du roy , et qui avoit même éié effigie par les rebelles. Ces expédients oontribuèrent beaucoup à eontenir la nd^lesoe du Périgord.

Le seigneur de Lusse , qui commandoit pour le roy dans la partie de la Guyenne en-de0 de la Garonne , étant obligé de s'éloigner pour quelques entreprises de guerre , choisit pour commander en sa place dans le Périgord y le seigneur de Limeuil ( c'étoit Galliot de la Tour, petit fils du vicomte de Turenne. ) Le vicomte de Bourdeille fut piqué de ce choix, qni attaquoit les prérogatives de sa charge de séneschal de Périgord , se regardant par elle comme commandant né en l'absence du commandant pour le roy. Il s^en plaignit à Sa Majesté , par une lettre dattée de Périgueux le 3 avril 1574. Elle luy répondit de Vincennes le 16 avril suivant , que cet événement ne devoit point lui faire de peine; qu'elle sçavoit bien que les baillis et sénesdiaux du royaume étoient gouverneurs nés, et qu'elle luy conserveroit toujours le lieu , rang et degré que ses mérites et services luy avoient acquis.

Dans ce même temps , le vicomte de Bourdeille avoit formé le projet d' attaquer le seigneur de la Noue , qui étoit à la tète des religionnaires , et devoit être secondé dans cette entreprise par M. de la Vauguyon ( d'Bscars) qui commandoit un corps de troupes; mais la maladie qui retint ce seigneur à Angoulème ne luy ayant pas permis de joindre le vicomte de Bourdeille, son projet n'eut point d^exécutton.

La situation delà ville de Bergerac, occupée par les huguenots, leur étoit d'autant plus avantageuse , qu'elle leur facilitoit la jonction de leurs troupes séparées , avec lesquelles ils donnoient de continuelles allarmes dans tout le Périgord. Le vicomte de Bourdeille pressa beaucoup le roy d'envoyer ses ordres , et de faire marcbet suffisamment de troupes pour en former le siège. Mais le mauvais état des finances du roy, et le p^u d'intelligetiee qu^fl y avoit entre les différents commandants, rendirent inutiles les remontrances du vicomte de Bourdeille, quelque sage» et nécessaires quVIIei fussent ; et malgré tout son zèle, il se trouva forcé de se contenter de prendre à ses dépens les cbâteaux de la Gbapelle-Faucher et d'Ancor, et de préserver ceux de la Rochemondy , de la Renaodie et de GhAteau-rËvèque del courses des religionnalres.

Le 13 de may 1574 , le roy lui écrivit dé

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k venir trouver , Sa Majesté ayant donné com- Hiission au seigneur de la Vauguyon de commander en Tabsence du seigneur de Losse, qu'elle rappelloit aussi près d'elle. Cependant le vicomte de Bourdeiile , croyant sa présence plus utile en Périgord qu'à la cour, ne quitta point la ville de Périgueux , et continua de demander de nouvelles grâces au roy pour plusieurs gentilshommes , et même pour des parents du seigneur de Losse; le différent qu'il avoit eu avec ce seigneur ne Tempèchant pas de rendre justice au mérite. II obtint , pour le seigneur de Puyraartin , du nom de Saint-Clar, chevalier de Tordre du Roy, et beau-frère du se^neur de Losse , la confiscation des biens du lieutenant de la ville de Sarlat , que ce capitaine venoit de reprendre sur les religionnarres , auxquels ce lieutenant particulier avoit livré cette ville. Il demanda aussy Tordre de Saint-Mîchel pour le seigneur de Montanceys , de la maison de Bourdeiile , et ()our le seigneur des Coutures, de la maison de Beaupoil Saînt-Aulaire.

Le roy luy écrivit encore le 35 may 1674 , de se rendre à la cour, et luy promit de reoonnottre ses services, et de le récompenser des dépenses qu'il avoit été obligé de Faire pour retenir près de luy pendant long-temps la noblesse du Périgord : mats la mort du roy Char> les IX, arrivée le 30 de ce même mois, fit éva« nouir toutes les espérances dont sa dernière let* tre avoit flatté le vicomte de Bourdeiile.

Ayant appris cette triste nouvelle le dimanche après la Pentecôte, il écrivit le 39 juin i la reyne mère régente (Catherine de Médicis ) , pour luy vouer fidélité , c?t reoomiottre le roy de Pologne comme son légitime souverain, n luy manda les mesures qu'il àvoit prises pour s'assurer des trois États du Périgord; représentant que, depuis quatre mois qu'il résidoit dans Périgueux , Il avoit fait vivre tout le monde en paix ; et que Si Sa Majesté ne luy accordoit une compagnie d'ordonnances , il ne luy serait pas possible de conserver la récolte de cette année, et d'empêcher les incursions de la garnison de Bergerac ; que, sans ce secours, il supplioit de luy accorder son congé.

Il demanda en même temps la confirmation de Tabbaye de la Ghastre , pour messieurs de Rastignac , auxquels le feu roy Charles IX Ta-

voit donnée i la recommandation du roy de t^ologne , son frère : et ce ne fut que paf les sofl^ citations réitérées du vicomte de Bourdeiile , qu'elle fut dans la suite conservée â messieurs de Rastignac par le roy Henry III. Le vicomte de Bourdeiile se rendit aussi caution du jeune seigneur d'Aubeterre , qu'il avoit avec luy : et il accompagna cette lettre d'une autre pour le duc d'Alençon, l'exhortant à donner â la reyne des conseils qui pussent procurer la paix dans le royaume.

La reyne luy fit réponse de Paris , le 5 , et 8 , et le 22 août 1574 ; et elle le pria de prendre le commandement du pays en Tabsence du seigneur de Losse (qui s'en alloità la cour); de rétablir sa compagnie de gendarmes , dont elle luy envoyoit la commission, de l'entretenir, avec trois compagnies de gens de pied , aux dépens du pays, et de casser celles qu'il jugerait à propos : luy promettant un pouvoir de commandant si ample , qu'il en serait content. Au surplus, elle ne luy envoya point d'argent. Levicomtede Bourdeiile déclara à la reyne qu'il n'aooeptoit ce commandement qu'à condition qu'il ne préjudicieroit point aux prérogatives de sa charge de séneschal, qui Tétablissoit eommandant né.

Se trouvant déqué du nerf de la guerre , qui est Targent , il chercha à se signaler par des négociations de paix, et par des grâces. Aussitôt après l'arrivée du ray Henry UI en France, il obtint la grâce d'un gentilhomme, nommé Péchaud, qui s'étoit rencontré dans une émeute. La lettre qu'il écrivit à Sa Majesté sur ce sujet, le 16 de septembre 1&7 4 , porte qu'il la soppiie de faire connoitre en cette occasion, que sa miséricorde et bonté est plus grande que les malignités et désobéisiancea de eeux de Ta faction.

P^r subvenir aux dépenses qnèluyeofttoient les fréquentes assemblées de la noblesse, et en décharger le pays , qui n'étoit pat en état de fournir les impositions ordinaires, il demanda la continuation do don que hiy avdit fait le feu ray dé Tabbaye de Solignae , en considération de ce qoll sVti étoit emparé , avec le seigneur Pierre de Bussière , pour la contenir dans l'obéissance, n'ayant d'ailleurs employé que pour le service, le revenu qu'il en avoit tiré jusqu'alors. Au ï^ste il représenta à Sa Majesté, par

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une lettre da 18 de ce mois de septembre , qu'il ne pouvoit accepter le rétablissement de sa compagnie de gendarmes qu*en cas qu'elle voulût bien luy promettre de Tentreienir pendant la paix (qu'il croyoil plus prochaine, parce quil y travaiiloit fortement) : qu'autrement cette compagnie serait sa ruine et celle de ses enfants , qu'il desiinoit à son service ; que Tun d*eux avoit Thoimeur d'être filleul de Sa Majesté, et que s'il sçavoit qu'il y en eût quelqu'un qui ne suivit pas toujours le grand fleuron, et ne mit pas sa vie à son service , il ferait servir leurs corps de pâtures aux poissons.

Le roy ayant nommé le maréchal deMontluc pour commander en Guyenne, Sa Majesté écrivit de Lyon à monsieur de Bourdeille, le 26 septembre , de s'aboucher avec ce maréchal à son arrivée, pour le mettre au fait des affaires de ce pays ; et elle luy témoigna le désir qu'elle avoit de le voir près d'elle; et luy manda de donner en son absence le commandement du Périgord au seigneur des Boiries : luy déclarant que son intention étoit que les baillis et seneschaux du royaume prissent le commandement en Tabsence de ses gouverneurs et lieutenants-généraux. A l'égard du rétablissement de sa compagnie de gensdarmes , le roy luy écrivit de Lyon , le 5 octobre , que la situation de ses affaires ne luy permettant de luy promettre de l'entretenir pendant la paix, Sa Majesté ne vouloit point le contraindre de faire chose qui causât sa ruine, qu'elle remettoit le tout à sa disci^étion.

Le principal objet du vicomte de Bourdeille étant de procurer la paix au royaume, il avoit entamé quelques négociations avec les religionnaires , et particulièrement avec ceux de Bergerac, ses voisins incommodes. 11 s'étoit servi pour cela du sieur de la Sestre, doyen de Poitiers; da sieur de la Haye, lieutenant-général de Poitiers et du capitaine la Salle.

Il dépêcha ce dernier au roy , pour luy en rendre compte : et Sa Majesté, par sa lettre , dattée de Lyon le 18 d'octobre 1674 , luy témoigna qu'elle désirait que le sieur de la Noue fût chargé de la députation des religionnaires, le connoissant homme capable de raison, amateur du repos public; et elle invita monsieur de Bourdeille de venir avec cette députation la joindre en Languedoc, où elle s'a-

cheminoit. Au retour du capitaine la Salle , le vicomte de Bourdeille l'envoya au lieutenant de Poitiers, afin de se réunir avec le seigneur de Brantosme et le seigneur de Montanceys, pour aller, les uns à la Rochelle, et les «très à Pons , et tâcher de s'aboucher avec le seigneur delà Noue. Les Rochellois firent ceqa*ils purent pour éluder toute entrevue avec le seigneur de la Noue.

Enfin, le vicomte de Bourdeille parvint â une conférence avec luy â Pons, où se trouvèrent aussy les seigneurs de Mirambeau, de Plassac, de Montguyon , et de Pardaillan , tous du party de ceux de la religion prétendue réformée. Ces messieurs luy témoignèrent être très-disposés â la paix. Ils demandèrent une trêve pour Lusignan et le pays où comraandoit le seigneur de la Noue, avec le libre exercice de la religion. Mais ils ne voulurent point consentir que le seigneur de la Noue se rendit près du roy , avant que la trêve fût conclue.

Le vicomte de Bourdeille rendit compte de ces négociations au ray , par ses lettres dattées de Périgueux les 16, 23 novembre, et 10 décembre 1674. Il écrivit aussy le même jour 23 novembre au duc d'Alençon , pour le remercier des démarches qu'il avoit bien voulu faire, afin de luy procurer Tévêché d'Avranches , en cas de vacance , et le pria de ne luy point ôter la petite abbaye de quinze â seize cents livres de rente , qu'il luy avoit donnée , n'ayant jamais eu intention de s'en défaire, et n'étant pas vray qu'il en eût écrit à sa sosur (c'éioit Magdelaine de Bourdeille).

Le 26 décembre il écrivit encore au roy, pour luy demander le remboursement des frais, que lui avoit coûté la prise des châteaux de la Chapelle- Faucher et d'Ancor, sous le règne précédent : et luy manda qu'il se disposoit à partir pour se rendre près de Sa Majesté , et de Monsieur, son frère (le duc d'Alençon), son bon maître, ne pouvant plus voir ruiner son pays sans avoir le moyen de l'empêcher.

A cette lettre , il en joignit une autre pour le duc d'Alençon, auquel il représenta qu^tl étoit de son intérêt de s'entremettre pour la paix, attendu qu'il voyoil la couronne de France fort basse, et qu'il luy en diroit davantage s'il étoit près de luy. Il pria aussi ce prince d'ad-

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mettre an nombre de ses aumôniers , Tévèque de Périgueux , homme de bien , et capable de luy rendre service. C*éloit Pierre Fournier, évèque de Périgueux, qui, Tannée suivante, fut étranglé par ses domestiques.

Le départ du vicomte de Bourdeiile pour la cour paroissoit déterminé : il avoit même mandé au roy que, n'ayant pas d'argent, il se préparoit à vendre encore quelque terre pour faire ce voyage. Et comme le seigneur des Boiries , nommé pour commander en son absence , étoit mort depuis peu , il avoit fait passer ce commandement du seigneur de Hascou , ci-devant lieutenant de sa compagnie d*ordonnances, dont les appointements de commandement avoient été réglés par le roy à deux cents livres par mois.

Cependant le vicomte de Bourdeiile changea d'avis, et resta à Périgueux, tant pour continuer les négociations qu'il avoit commencées avec les religionnaires, que parce que Sa Majesté luy écrivit le 16 janvier 1676, qu'elle ne pouvoil donner de décision sur les frais qu'il avoit faits pour les prises des châteaux de la Ghapelle- Foucheret d'Ancor, que son mémoire n'eût été examiné dans son conseil; et qu'à l'égard du payement des cent chevaux-légers qu'il avoit levés pour garder son département , le maréchal de Montluc étoit chargé d'y pourvoir.

En conséquence de cette lettre, le vicomte de Bourdeiile eut recours au maréchal de Montluc, qui ne se trouva pas en état de luy donner aucun secours. Dans ces circonstances, le vicomte de Bourdeiile dépêcha le seigneur de Brantosme, son frère, vers le roy, au mois de février , pour luy rendre un compte plus étendu de toutes les affaires de la Guyenne, et ne songea plus qu'à se tenir sur la défensive , n'ayant pour troupes que la noblesse du pays, cinquante chevaux-légers, et six cents hommes d'infanterie assez mal payés. Il sollicita fort Sa Majesté de laisser le commandement général de toute la Guyenne à M. le duc de Montpensier, et de ne pas lerappellerpourson sacre; luy représentant que la prince de ce prince valoit mieuxquedix mille hommes, et étoit seule capable d'en imposer aux difFérents seigneurs , qui ayant chacun des commandements particuliers, ne se prètoient pas aisément à se donner des secours mutuels.

Sur le bruit qui s'étoit répandu, que le roy

l&AIITOWB. n.

devoit distribuer à son sacre des comroanderies d'un nouvel ordre qu'il se proposoit d'établir pour en être le chef , le vicomte de Bourdeiile supplia Sa Majesté de se ressouvenir de ses services en cette occasion. Mais comme ces commanderies dévoient être prises sur les bénéfices, cette affaire fut la matière d'une négociation ù laquelle Tabbé de Gisteaux employa plusieurs années à la cour de Rome; et cet ordre proposé, tantôt sous le nom de Saint-Louis, et tantôt sous cehiy de la passion de Notre-Seigneur, fut enfin déterminé par l'établissement de l'ordre du Saint-Esprit, en 1678. Ainsi, il n'y eût point de commanderies distribuées au sacre du roy Henry III , et le vicomte de Bourdeiile demanda, dans le mois de mars 1676, la charge de lieutenant particulier de la ville de Périgueux, alors vacante, pour le dédommager de ses dépens depuis un an qu'il servoit toujours à ses frais.

Malgré les négociations de paix, les religionnaires continuoient leurs ravages. Ils avoient fait lever le siège de Madailhan au maréchal de Montluc, et cherchoient à se réunir tous vers Bergerac, pour former un corps d'armée. Le vicomte de Bourdeiile en avoit donné avis plusieurs fois au roy, en luy représentant qu'il ne pouvoit empêcher cette jonction qu'autant qu'il seroit secouru par les autres commandants ses voisins , et que , pour cet effet, la présence de MM. de Montpensier étoit plus nécessaire que jamais. Mais, n'ayant pas reçu à propos toutes les troupes qu'il avoit demandées, il ne put que contribuer à favoriser la retraite du comte Martinengo, qui commandoit un petit corps, et le faire couler en Languedoc, pour éviter d'être taillé en pièces. Enfin , il ne parvint que dans les fêtes de Pâques à rassembler à Périgueux les seigneurs de la Vauguyon, d'Escars, de Pompadour, avec leurs troupes, et partie de celles du seigneur de Ruffec. Il fut choisi par eux pour les commander dans son gouvernement. Avec ce renfort, il empêcha le vicomte de Turenne de ravager le Périgord , comme étoit son intention, et Tobligea de se retirera Montauban,oâ ce vicomte tomba malade de la petite-vérole , dans le mois de may.

Après cette expédition , le vicomte de Bourdeiile revint à Périgueux , et en envoya le détail an roy, par une lettre du 36 may 1676.

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11 représenta à Sa Majesté que la vieillesse du maréchal de Montluc le meitoit hors d état de servir utilement , et il demanda encore son congé pour revenir à la cour, attendu qu'il devenoit inutile dans ce pays, n'ayant ni troupes ni argent suffisamment pour empêcher les courses des religionnaires.

Le seigneur de Ruffcc s'étoit plaint au roy , que , quoyquc le château d Aubeterre fût dans son département, le vicomte de Bourdeille y avoit mis un commandant ; 1 1 sur cette plainte, le roy avoit mandé au vicomte de Bourdeille de retirer ce commandant. Mais le vicomte de Bourdeille répondit à Sa Majesté , par une lettre dattée de Périgueux le 23 may 1576 , qu'il falloit que le seigneur de Ruffec rêvât , lorsqu'il avoit fait celte plainte; que le sieur de Ghamberlane , commandant dans le château d'Aubelerre , et dont il solliciioit depuis longtemps le payement des appointements, y avoit été mis par le comte de Gaiéas , chargé de cette commission par Sa Majesté , n'étant encore que duc d'Anjou , après le siège de la Rochelle, et que lui Bourdeille n'avoit fait en celte occasion que donner du secours â ce comte, pour s'emparer de ce château , que la damed^Aubeierre et ses enfants luy a voient volontiers livré , pour être conservé sous V obéissance du roy.

Enfin, le roy accorda au vicomte de Bourdeille et au seigneur de Brantosme, son frère, la nomination de Tévèché de Périgueui par brevet du 18 juillet lô76, en considération de leurs services, à la charge de mille livres de pension pour la demoiselle de Bourdeille, et huit cents livres aussy de pension pour le sieur de la Sesire, chantre de Périgueux, apparemment parent du doyen de Poitiers , dont le vicomte de Bourdeille s'étoit servi pour ses négociations de paix. MM. de Bourdeille conférèrent cet évèché à François de Bourdeille, leur parent, religieux de l'abbaye de Saint- Denis en France , comme on le verra à son article dans cette généalogie.

Dès le mois d'août 1674, le vicomte de Bourdeille, pour éviter les surprises des religionnaires de Bergerac ; avoit proposé aux habitants de Périgueux d'y faire entrer cent gentils-hommes, et il avoit averti le roy et la • reyne de Totetination de ces habitants à se gar» !

der eux -mêmes, sans luy vouloir pifiuettre que douze gentils-hommes seulement auprès de luy. Mais comme la cour n'avoit pas fait toute l'attention nécessaire à ces remontrances^ le malheur dont ces habitants de Périgueux étoieni menacés leur arriva enfin , pendant que le vicomte de Bourdeille étoit occupé à battre l'abbaye de Saint- Ghamans , située â sept lieues de Périgueux. Il fut adverty d'une conspiration qui se traiiioit à Périgueux. Aussitôt il envoya de nuit un courrier porter cette nouvelle aux principaux de cette ville; mais la partie étoit déjà si bien liée , qu'elle eut son exécution dès le lendemain 6 août 1676. Cette ville fut livrée aux religionnaires, qui en donnèrent le gouvernement au seigneur de Langoiran.

Le vicoiiUe de Bourdeille perdit, dans le .sac de celte ville , beaucoup de titres, et entre autres une partie qui concernoit sa seigneurie de la maison noble de Périgueux. Depuis ce temps, il ne rentra plus en cette ville. On ignore l'endroit où il se retira, car il donna une quittance, le dernier octobre 1676, au trésorier des guerres , sans spécifier le Heu où il étoit , de la somme de trois cents livres, qui luy étoit due pour son état de capitaine de compagnie d'ordonnances , réduit pendant le quartier de janvier , février et mars 1674 , après lequel il n'avoit plus eu de compagnie.

11 y a lieu de croire qu'il tint la campagne avec ses troupes, par le service signalé quil rendit vers la fin de cette année 1676, à l'occasion de la révolte du régiment de M. de Bussy. Ce colonel , ayant été obligé de quitter la cour, étoit allé se mettre à la tète de son régiment , dans le dessein de se joindre ensuite au duc d'Alençon, qui avoit embras^îé le parti des religionnaires : et le premier coup d'éclat que devoit faire M. de Bussy , étoit de surprendre les reistres^ pour leur couper la gorge. Le vicomte de Bourdeille, ayant découvert ce projet, fit arrêter prisonniers quelques capitaines de ce r^ifieot^ et les eovoya à M. de Montpensier, et eut soia d'empècher les reistres de prendre vengeance. Un mois après il obtint du roy la liberté de ces officiers , qui eurent soin pour la plupart de réparer leur faute.

H conunanda l'armée du roy eo Guyenne près de deux ans, pendant Que M. le duc

APPENDTCR.

de MoDtpensier Fut indisposé; circonstaDce qui se trouve rapportée dans le testament de la comtesse de Duretal , sa fille.

Dans cette même anoée 1576 , le vicomte de Bourdeille avoit monié de la charge de cham^ bellan ordinaire à celle de chambellan d'afFaires du duc d'Alençon , qu'il ne paratt pas avoir suivi dans sa révolte. Ce prince ht sa paix avec leroy en 1576.

En 1576, les états de Périgord s*étant assemblés par Tordre du roy en la ville de Noniron, décidèrent , en leur assemblée du 18 octobre de cette année , que la baronnie de Bourdeille tiendroit le premier rang entre les quatre ba<*onnies de ce pays, et que ces baronnies seroient dorénavant ainsi rangées, sça- \ oir Bourdeille , Biron , Beinac et Mareuil. Oo a vu cy-devant les affaires qu'avoient eues les ;)ncétres du vicomte de Bourdeille pour soutenir celte prééminence.

Efi 1578, le comte de Bourdeille quitta sa charge de chambellan du duc d'Alençon, et se relira en son château de Bourdeille , pour passer le reste de ses jours, qui ne furent pas de lougue durée. Peut-être que le mécontentement contribua à sa retraite; car lorsqu'il demanda au roy une des commanderies que le roy devoit distribuer à son sacre, Sa Majesté luy avoit fait là-dessus de belles promesses, ainsi que sur tout le reste. Cependant le vicomte de Bourdeille ne fut point compris dans les premières promotions de Tordre du Saint- Esprit , quoyqu'on luy ait donné la qualité de chevalier des ordres dans quelques copies de titres.

François Bouchard, vicomte d'Aubeterre^ mort en 1573, avoit toujours suivi le parti des religioonaires , et Brantosme Taocuae même d'avoir eicité Poltrot à commettre Tassassinat du duc de Guise. Après le siège de la Rochelle, le duc d'Anjou , lieutenant-général du roy Charles IX, son frère, avoit fait mettre garnison dans le château d'Aubeterre, et cette maison, quelque puissante qu'elle ftÀ^ auroit été infaillibLement accablée, si .h; vkomte dé Bourdeille ne Tavoit prise sous sa protection. En effet , touché du malheur de la veuve et des enfants du (eu vicomte d'Aubeterre , il intercéda pour eux auprès du roy Charles IX, qu'il engagea à faire élever près de sa personne le

jeune vicomte d'Anbeterre , nommé David Bouchard. Mais la mort de ce roy , arrivée un peu de temps après , ayant privé le vicomte d'Aubeterre de cet* honneur, le vioomie de Bour-» deille demanda ta même grâce au roy Henry III en 1674 ; ce (|uf n'eut pas lieu , parce qUe le ilcomte de Bourdeille devoit mener luy- même ce jeune seigneur â la cour, et que tous les voyages qu'il avoit projette d*y faire furent rompus. Ainsi , le vicomte de Bourdeille s'étant rendu caution, auprès du roy, delà personne du vicomte d'Aubeterre , il le garda toujouré avec luy , et le maria avec Renée de Bour deille , sa deuxième fille. Leur contrat de mariage, passé au château de Bourdeille Té 16 février 1579, qualifie le trteomtè de Bour^ deille haut et puissant seigneur messire André de Bourdeille, seigneur, vicomte dudtt lieu delà Tour-Blanche, d'Arcbiac et Mata, chevalier de Tordre du roy, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, conseiller en son conseil privé, séneschal et gouverneur en Périgord.

La droiture qu'avoit Ait voir le vicomte de Bourdeille dans ses négociations pour ta pait, luy avoit mérité la confiance même des religionnaircs. C'est pourquoy le roy de Navarre luy écrivit de Cadillac le !•' février 1581 , en luy envoyant une lettre du duc d'AIençon , que tous deux Tayant nommé et commis â l'exécution des édits et confiSrences sur la paix pour la séneschaussée du Périgord, comme étant des plus affectionnés au bien de Ta paix, et â la tranquillité publique, il le prioit de se rendre au lieu désigné, pour faire, avec le sieur de Campagnac , chargé de la même commission par ceux de la religion prétendue réformée , un procè^verbal de tout ce qui se feroit en ce lieu. Cette lettre est signée : Votre bien affectionné cousin, Henry; et la souscription est ainsi : A mon cousin M. de Bourdeille, chevalier de Tordre du roy mon seigneur, capitaine de cinquante hommes d^armes de ses ordonnances , séneschal de Périgord.

Mais, pendant que le vicomte de Bourdeille étoit occupé des moyens pour établir une paix solide, le père François Bord , jésuite, soilicitoît les catholiques les plus échauffés de faire un effort, et de reprendre la ville de Périgueux sur les reiigionnaires. Ce projet fut exécuté le

26 jalllct 1681 : et comme cette place avoit été donnée en garde an roy de Navarre , ce prince fut vivement touché de se la voir enlevée. U écrivit de Nérac le 10 août suivant au vicomte de Bourdeille, en luy envoyant la lettre du roy Henry lll, qui désapprouvoit cette action , pour luy en faire part, et le pria de continuer les bons traitements qu'il avoit faits aux religionnaires prisonniers ; Texhortant à leur faire rendre leurs effets et leur liberté. Cette lettre, signée votre bon cousin et affectionné amy , Henry , porte la même souscription que la précédente.

Le traitement de cousin peut bien être une suite du même traitement cy-devant accordé aux seigneurs de Bourdeille par les prédécesseurs du roy de Navarre : mais il est certain que le vicomte de Bourdeille étoit , par sa femme , parent de ce roy du 8® au 9® degré. Six années étoient écoulées depuis que le vicomte de Bourdeille avoit fait une chute , sans en avoir encore ressenti les effets. Un cheval d'Espagne , qu'il montoit , s'étant abattu sur luy, luy avoit fait seulement une meurtrissure dans le côté. De cet accident , il se forma peu-à-peu une poche dans son corps; mais les douleurs ne commencèrent à luy être sensibles que huit jours avant sa mort.

Enfin, étant obligé de s'aliter, il fit son dernier testament , en son château de Bourdeille, le 26 décembre 1681 , dans lequel il prit les qualités de haut et puissant seigneur messire André de Bourdeille , seigneur, vicomte, et baron de Bourdeille , de la Tour-Blanche , Mata et Archiac, chevalier de Tordre du roy , capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances , conseiller en ses conseils privés, séneschal et gouverneur de Périgord. Il choisit sa sépulture dans l'église de Bourdeille, au tombeau de ses prédécesseurs : déclara avoir vendu la terre de Domeirac en Agenois , qui étoit un propre de dame Jacquette de Montberon, sa femme ; il luy assigna son dédommagement sur la terre de la Tour-Blanche : institua son héritier universel Henry de Bourdeille, son fils aîné : légua la somme de trois mille trois cent trente-trois écus un tiers, revenant à celle de seize mille livres, à Claude, son second fils ; autant à chacune de ses filles , nommées Jeanne. Isabeau, et Adrienne de Bourdeille ,

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ainsi qu'au posthume dont sa femme pourroit être enceinte ; le tout payable , en cas de mariage ou de majorité : et ne laissa que dix écus à Renée de Bourdeille, aussi sa fille, femme du vicomte d'Aubeterre. Il chargea de Texécutioq de ce testament Tabbé de Brantosme. son frère , et François de Bourdeille , leur cousin , évèque de PériguQpx. H moorut à Bourdeille, dans le mois de janvier 1682, et fut iuhumé dans Tégltse de Saint-Pierre de Bourdeille.

Comme son fils aîné n'étoit pas en âge d'exercer sa charge de séneschal de Périgord, il avoit engagé les maréchaux de Retz et de Matignon , de solliciter le roy de la donner au vicomte d'Aubeterre , son gendre : ce qui fat exécuté après sa mort ; car Sa Majesté la conféra au vicomte d Aubeterre , par brevet du 2 février 1682. Brantosme en fut d'autant plus mortifié , qu'il avoit fait des démarches inutiles pour obtenir cette même chaîne. Cette préférence, jointe à l'amitié qu'avoit témoignée feu son frère au vicomte d'Aubeterre, échauffa sa bile de façon qu'il semble avoir pris plaisir à se déchaîner contre la maison d'Aubeterre , et coutre ceux qui avoient favorisé ce vicomte d'Aubeterre. 11 n'a pu même s'empêcher d'accuser son frère aîné , le vicomte de Bourdeille, d'avoir été mauvais ménager et joueur ; et en même temps, il reconnolt que*ce frère étoit homme de bien , d'honneur et de valeur , fort splendide , magnifique et libéral , à la cour et dans les armées.

I^ conduite qu'a tenue le vicomte de Bourdeille, pendant le cours de sa vie, au milieu des plus grandes divisions dans la cour et dans tout le royaume, sans que sa fidélité et son obéissance pour son souverain aient reçu la moindre altération , forme de luy un éloge suffisant , et établit une grande différence entre son caractère, ses services et ceux de son frère Brantosme.

La vicomtesse de Bourdeille , devenue veuve à l'âge de trente-sept à trente-huit ans, et d'ailleurs belle , bien faite , et fort riche par elle-même , fut bientôt recherchée en mariage par plusieurs seigneurs de la cour, et entre autres par M. Strozzy, chevalier des ordres du roy, lequel étoit parent de la reyne mère , comme fils du maréchal Strozzy , et

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tfune Médicis. Mais la mort de ce seigneur, tué au mois de juillet de la même année 1583 , dans un combat naval, termina bientôt ses poursuites. Et le seigneur de Branlosme eut soin , à ce quMI dit , d'écarter les autres prétendants,et d'entretenir sa belle-sœur dans les sentiments de rester veuve en faveur de ses enfants. Gomme on ignore le sujet qui obligea le seigneur de Brautosme de renoncer à rattachement qu'il avoit eu pendant si long-temps pour iM. Strozzy, on pourroit soupçonner que les vues de M. Strozzy sur la vicomtesse de Bourdeiile y eurent bonne part.

La vicomtesse de Bourdeiile obtint des lettres royale» le 4 mars 1583, pour faire attribuer au ()ariement de Paris la connoissance d'un procès commencé par la feue dame de Montbei*on , sa mère, au sujet de la succession de feu François de Mareuil , son oncle.

On voit donc par celte table que la branche aînée de la maison de Mareuil étoit tombée en quenouille par la mort de François, baron de Mareuil , seigneur de Villebois , etc. décédé en 1533 sans postérité, ne laissant que ses sœurs pour héritières. Mais comme la marquise de Mézières étoit sa sœur utérine , et que d'ailleurs le mariage qu'elle avoii contracté avoit plus de brillant que ceux de ses autres sœurs, attendu que le marquis de Mézières, son mary, avoit pour ayeul paternel Louis d'Anjou, baron de Mézières, à la vérité fils naturel de Charles d'Anjou, comte du Maine: mais le défaut de cette bâtardise se trouvoit bien relevé, en ce que le comte du Maine étoit fils de Louis , duc d'Anjou II'' du nom , roy de Naples , de Sicile , de Jérusalem , et d'Arragon , qui avoit pour ayeul paternel le roy Jean de France ; tontes ces raisons contribuèrent sans doute à la faire avantager au préjudice de ses sœun», et l'autorisèrent suffisamment à envahir la plus grande partie de la maison de Mareuil. Cependant la marquise de Villars, comme étant au droit de Françoise de Montpezat, sa mère, et représentant les demoiselles Jeanne et Anne de Montpezat, ses tantes, qui semblent n'avoir point eu postérité, s'étoit fait maintenir dans la possession de la troisième partie des terres et seigneuries de Villebois , Anjac , Charente, et Vibrac, et des autres immeubles de la succession du feu baron

de Mareuil , par arrêt du parlement de Paris rendu au mois d'août 1543. Elle avoit poursuivi Texécution de cet arrêt ; et les vicomtes d'Aubeterre , comme enfants de Marguerite de Mareuil, avoient aussi pris part dans cette procédure ; mais la minorité de la vicomtesse de Bourdeiile , et les guerres civiles dans lesquelles elle avoit perdu ou égaré ses titres, sur-tout à la prise de son château de Mata , l'avoit empêchée jusqu'alors d'intervenir dans ce procès, pour faire valoir ses droits. Ce fut donc pour être relevée de ce laps de temps, qu'elle demanda ces lettres royales. Cependant le roy ne permit la reprise de cette instance, quVn cas qu'il n'y eût point trente années révolues depuis qu'elle avoit cessé: ce qui fit apparemment perdre entièrement les droits de la vicomtesse de Bourdeiile ; car elle déclara dans son codicile cy-après , qu'elle n'avoit été privée débites prétentions, que [mr prescription.

Depuis la mort de son mary, elle n'avoit point encore quitté la province. Elle maria, dans son château d'Archiac , par contrat du 8 novembre 1584, Jeanne de Bourdeiile, sa fille atnée, avec Claude d'Epi nay, comte de Ouretal, chevalier de Tordre du roy, gentilhomme ordinaire de la chambre de Sa Majesté. Elle est qualifiée dans cet acte haute et puissante dame Jacquet te de Montberon , dame de Bourdeiile, de la Tour-Blanche, d'Archiac, et de Domeirac, veuve de feu haut et puissant seigneur messire André de Bourdeiile , seigneur, baron et vicomte des mêmes terres, chevalier de l'ordre du roy , capitaine de cinquante hommes d*armes de ses ordonnances, conseiller en son conseil privé , sénesc hal et gouverneur de Périgord. Elle donna à cette fille en mariage la somme de seize mille .^ix cent soixante-six écus un tiers, revenant à celle de cinquante mille livres, assignée sur les paroisses de Baret et de la Garde , situées d ins la baronnie d'Archiac.

Son mérite en sa vertu la firent enfin appeller à la cour par la reyne-mère (Catherine de Médicis) qui, sur la fin de ses jours, la nomma l'une de ses dames ordinaires (qu'on appelle â présent dames du palais). Ses provisions sont dattées de Paris, le 21 novembre 1687. Après la mort de cette reyne, elle passa ,

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en 1589 , auprès de la reyne Louise de liorraine, épouse du roy Henry III, dont elle fut aussi Tune des daines du palais , à quatre cents livres d*appointement, suivant Tétat de la maisondecette reyne, de Tan lô75 jusqu'en 1691,

Elle ne jouit pas longtemps de cette dignité, car après la mort du roy Henry III , assassiné au mois d'août 1689, la reyne Louise se re^ tira Jt Ghenonceaux, où Sa Majesté passa les deux premières années de son veuvage. Après quoy, elle choisit, pour dernière retraite, son château de Moulins, et elle y finit ses jours dans les exercices d'une grande piété. Ainsy, la vicomtesse de Bourdeille ne Fut pas longtemps ahsente de la province, et revint habiter son château de Bourdeille,

Elle y fit son testament le 23 avril 1694, par lequel elle ajoute aux qualités cy-dessus, celle de dame de Gertonville. Elle ordonna de Hphumer sans pompe, dans l'église de ses quatre terres de Bourdeille, la Tour-Blanche, Archiac et Mata, qu'elle habiteroit à sa mort; légua une somme de dix mille livres sur la baronnie d'Archiac, à la comtesse de Duretal, sa fille atnée; outre les dix mille écus qui luyavoient été assignés sur les paroisses de Baret et de la Garde, dépendantes de cette baronnie; elle réduisit la vicomtesse d'Aubeterre et la dame d'Ambleville, ses autres filles, à leurs dotes, montant , pour chacune , à la somme de onze mille trois cent trente-trois écus un tiers; et laissa pareille somme à Adrienne de Bourdeille, sa dernière fille, pour la marier. Elle fit don de la terre et baronnie de Mata, en entier, avec le château et toutes ses dépendances, en faveur de Glaude de Bourdeille,son jeune fils; institua, pour son héritier universel , messire Henry de Bourdeille, son fils aine, seigneur et vicomte de Bourdeille, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du roy, son conseiller, sénescbal, gouverneur et lieutenant-général eu Périgord. Elle les substitua l'un i l'autre, voulant que, s'ils mouroient sans enfant^ , la moitié de leurs biens revint â la comtesse de Duretal, et que l'autre moitié fût partagée entre les trois autres filles de la testatrice. Elle chargea aussi son héritier universel de payer une somme de quarante-deux mille écus au seigneur de Brantosme, son henu-firère, qui lesiluy a?oit prêtés sans bil-

let ; reconnoîssaiit avoir reçu de luy J>eauooup d'assistance depuis son veuvage; et elle le nomma l'un de ses exécuteurs testameotaires. Elle confirma ce testament et la substitutioa en faveur de ses fils, par un codicille qu'elle fit en son château d' Archive, le 29 d'avril 1686; et , pour donner plus de force à ses disposîo tions, et assurer k son fils atoé la possessioB de son legs universel, eonsistaat priDcipaleroent dans les terres de Boupdeille, de la Tour* Blanche et d' Archiac, et rendre plus certaine la substitution qu'elle fprmoit en laveur de la branche de Mata , elle sf port9, par ce codicille , créancière de feu son mary pour le double des biens qu'il avoit laissés; et cela., en déclarant qu'ayant échangé avec luy la terre de Domeirac, qu'elle avoit en propre, pour celle de la tour-Blanche et cflk de la Feuil^ lade, il avoit vendu cette seigneurie de la Peuillade ainsi que plusieurs rentes attachées è la terre de la Tour-Blanche , avec les paroisses de Brie et de Saint-Giers dépendantes de la baronnie d*Arcbiac et la terre de CerlooviUe, en Normandie^ quoyque ces biens fussent aussi des propres de la testatrice ; que de plus il s'étoit chargé de poursuivre le procès qu'elle avoit pour ses droits sur le comté de Maul^ vrier, de même que sur le vicomte d'Aunay , et sur la neuvième partie des terres et seigneuries de Villebois, Anjac, Gharente et Vibrac, adjugée à la feue dame de Mpntberon, sa mère, contre la marquis^ de Mézières, ayeule de SL le prince de Montpensier; que cependant, faute de poursuivre cette instance, il les avoit laissés perdre par prescription.

Elle nomma encore, pour l'un des exécuteurs de ce codicille, le seigneur de Brantosme; mais comme, bien loin de confirmer sa première disposition de le faire payer de la somme de quarante-deux mille écus qu'elle luy devoit, elle le pria d'en gratifier, après sa mort , le vicomte de Bourdeille ; le seigneur de Brantosme fut fâché de cette prière, et prétendit n'avoir pas été consulté par sa belle-sœar sur ce oodidlle. Il accusa même le vicomte de Bourdeille, son neveu , de Tavoir suggéré à sa mère; et c'est une des principales raisons pour lesquelles le seigneur de Brantosme déclama dans son testament contre le vicomte de Bourdeille, avec sa vivacité ordinaire.

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Cette substitution, formée par Jacquette de Montberon, ayant été attaquée, tant par les créanciers que par des cohériliiM\s, après Textinction de la branche des vicomtes et marquis de Bourdeîile atnée de la maison, Fut déclarée bonne et valable , non-seulement par les consultations d'un grand nombre de fameux avocats, mais même par arrêt du parlement de Grenoble de Tan 1678, qui en conféra l'ouverture aux comtes de Mata, leurs cadets. Et comme les faits rapportés dans le codicille de 1695, qui en font le fondement, étoient argués de faux, même par le testament du dernier marquis de Bourdeille; il fallut en venir à preuves, et représenter les actes cy-après, qui sont :

Sommation faite, le 16 décembre 1662, par dame Françoise de Montpezat , mère de Jacquette de Montberon , à André de Bourdeflle, de satisfaire aux clauses de la donation qu'elle avoit faite à sa fille, pour poursuivre les droits qui composoient cette donation.

Vente de la terre de Certonvilie et autres en Normandie, du 17 juin 1666, par André de Bourdeille et Jacquette de Montberon, sa femme, avec une quittance d'une partie du prix de cette vente du 26 juillet 1668.

Vente, du \^ avril 1670, de la terre de Domeirac en Agenois, par André de Bourdeille, et Jacquette de Monlberon, sa femme.

Vente de la terre de Brie et Saint-Giers, par Andréde Bourdeille et Jacquette de Montberon, sa femme.

Subrogation faite par Magdelaine de Bourdeille de tous ses droits en faveur de Jacquette de Montberon, dame de Bourdeille , sa belle-sœur, moyennant certaine somme.

Ge fut donc sur le vu de ces pièces, que la branche des comtes de Mata obtint Touverture de cette substitution, dont cependant elle n'a pu jouir long-temps, par la quantité de dettes qui Taccompagnoit , et qui les a obligés de laisser vendre à des étrangers les terres qui composoient cette substitution : de sorte que MM. de Mata se sont trouvé réduits â conserver seulement les titres de ces terres ; c'est pour cela qu'on les nomme encore â présent marquis de Bourdeille, etc. , comme on le verra plus amplement à Tarticle de cette branche.

La vicomtesse de Bourdeille n'étoit pas encore morte en 1597 ; car die assista au contract de mariage passé le IS avril de cette année dans le château d'Aubeterre , de demoiselle Hypolitte Bouchard, vicomtesse d'Aubeterre, sa petite fille , avec François d'Esparbez de Lnssan , baron de la Serre , gouverneur de Blaye, et depuis maréchal de France : mais il y a lieu de conjecturer qu'elle mourut peu de temps après ; car, le 16 novembre 1698 , Henry et Claude de Bourdeille , ses enfants, donnèrent leur approbation à son testament; et d'ailleurs, le baron de Mata, son second fils, ne fut assisté dans le mariage qu'il conti*acta devant les notaires de Xainte en 1602, avec la demoiselle du Breuil Dethion , que du vicomte de Bourdeille, son frère atné

Elle fut inhumée dans Téglise de Saint- Pierre sous Archiac, comme rapprend le testament de Tan 1641 de la comtesse de Duretal , sa fille.

Après la mort de Jacquette de Montberon , le seigneur de Brantosme, son beau-frère, composa pour elle une oraison funèbre dont voicy l'intitulé : v Oraison funèbre de /eu madame de Bourdeille^ faicte par moy, seigneur de Branihome , son beau- frère, qui fut dicte et prononcée le iour de sa quarantaine, par un scavant prescheur cordellier de Bourdeaux.» On en rapportera seulement l'extrait suivant :

«Elle estoit très-belle, d'une riche haute taille, fort vertueuse. Elle avoit Tesprit fort bon et subtil, et le jugement sur-tout ferme et solide. Elle parloit et escrivoit très-bien. Elle lisoit beaucoup; sçavoit les langues espaignole et italienne, et mesmes un peu de latine. Elle a faict et composé de très-belles poésies, et d'autres belles choses en prose. Elle ayma fort la géométrie et Tarchitecture, y estant experte et ingénieuse , comme il paroist par sa belle maison de Bourdeille , qu'elle fit bâtir de son invention. Elle fut une grande et sage économe; car son mary la laissa endetée de deux cent mille francs (somme alors très-considérable). Cependant elle mourut desendetée quasy de tout , et laissa à ses enfants de quoy se desendeter du reste. Et bien qu'elle fust si bonne économe Y elle estoit très-libérale, trèssplendide, tenant une grande maison, sans

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superfluîté pourtant. La reyne la prit à son service , pour Tune de ses dames, et la chérit fort. Elle vesquit en sa cour avec une belle et illustre réputation : non qu'elle s'y voulust trop assiduer, ny assujettir, désirant plus cle* ver sa belle et noble famille , que séjourner à la cour. Son mary la laissa veuve à l'âge de 30 à 37 ans , très-belle et très-riche de son costé. Elle fut recherchée de six ou sept grands de France, auxquels elle ne voulut jamais entendre, non pas seulement ouïr parler de ce seu' mut de second niaryage. Durant les guerres civilles, il y eut un grand qui la menaça de Tuller assiéger en l'une de ses maisons, et d'y mener le canon. Elle fit response qu'elle estoit extraite en partie de cette grande et généreuse comtesse de Montfort, qui endura si vertueusement le siège de Hennebond ; et tenant d'elle et de son cœur, qu'elle rattendoit en sa maison de mesme vertu et courage. Tant qu'elle a esté malade , l'espace de sept mois de maladie, dont elle est morte, son t)on courage Ta toujours soutenue jusqu'à la fin, bien qu'elle endurast beaucoup de douleur ; ne fai-

sant jamais prière à Dieu qu'il luy donnast santé mais seulement la patience. EUemourutà l'âge de 66 ans. »

Cette comtesse de Montfort étoit Jeanne de Flandres , femme de Jean de Bretagne, comte de Montfort , laquelle , voyant son mary prisonnier, se jetta dans la ville d'Hennebond, et y soutint un long siège, l'an 1342, contre Charles de Blols, prétendant au duché de Bretagne. Ce fait est rapporté bien au long Histoire de Bretagne, par le révérend père Lobinau, tome I , page 320, etc. Cette comtesse de Montfort a été la tris-ayeule de la duchesse Anne de Bretagne , femme dç roys de France , Charles VIII et Louys XII.

On n'a pas découvert de quelle façon la vicomtesse de Bourdeille étoit extraite en partie de cette comtesse de Montfort , à moins que Brantosme n'ait voulu faire entendre que le même sang qui couloit dans les veines de la comtesse de Montfort couloit aussi dans celles de la vicomtesse de Bourdeille, comme décendues toutes deux de Guy de Dampierre , comte de Flandres.

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