‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de BourdeilleChapitre 108 sur 119 · FRANÇOISE DE BOURDEILLE · texte numérisé non relu

FRANÇOISE DE BOURDEILLE

Françoise de Bourdeille , religieuse professe au monastère de Sainte -Croix de Poitiers, fut numrnée, à Tâgc de dix-huit ans, abbesse de l'abbaye de Ligueux en Périgord , sur la démission de Jeanne de Bourdeille , sa tante , par brevet du 27 septembre 1545, que le roy luy accorda à la recommandation de la reyne de Navarre. Le baron de Bourdeille, son père , luy a voit assuré une pension de trente livres; et il paya les frais des bulles de cette abbaye. C'est pourquoy il la pria , dans son testament du 28 janvier 1546 , de se contenter des dépenses qu'il avoit faites pour elle, et il ne luy laissa rien autre chose. Elle fut instituée héritière universelle du capitaine Jean de Bour-

deille, son frère, par son testament da 29 juin 1553, dans lequel elle est qualifiée noble et religieuse personne dame Françoise de Bourdeille , abbesse de Ligueux en Périgord. La baronne de Bourdeille , sa mère. Iny légua aussi une pension de deux cents livres, par son testament du 26 mayl557. Enfin, après avoir gouverné l'abbaye de Ligneux pendant vingt ans , elle s'en démit l'an 1565 , quoyquelle n'eût encore que trente-huit ans, en faveur de Marguerite d'Escars de Peyrusse, religieuse de l'abbaye de Bourbon, au diocèse de Limoges. On ignore ce que devint Françoise de Bourdeille après la démission de soo abbaye.

APPENDICE

JEANNE DE BOURDEILLE

GOttTESSE DE DURETAL.

Jeanne de Bourdeille, atnée de tous les enfants du vicomte André de Bourdeille, se trouvant de plus fille unique en 1562 ^ fut instituée héritière universelle par le premier testament de son père du 24 may de cette année ; mais enfin elle perdit cette qualité dans le dernier testament du 25 décembre 1581 de son père, qui ayant alors un fils, la réduisit pour tous ses droits à la somme de trois mille trois cent trente-trois écus un tiers , revenant à celle de seize mille livres, monnoye de ce siècle.

Quoyqu'atnée, elle ne fut mariée qu^après Renée, sa sœur cadette, après la mort de leurpère. Elle épousa , à Tâge de plus de vingt-deux ans , par contract passé au château d'Archiac, domicile de sa mère, le 8 novembre 1584, haut et puissant seigneur messire Claude d^Esptnay, comte de Duretal , seigneur et baron de Barbezieux, de la Vezouzière, et de Bouère, chevalier de Tordre du Roy, gentilhomme ordinaire de sa chambre, fils unique de haut et puissant seigneur niessire Jean , sire et marquis d^Espinay, comte de Duretal, vicomte de Blaison , baron de Mathéleron , seigneur de Seigre , Sérigné, la Marche, Escures, Sandecourt , la Vezouzière, Vieilleville, Maumusson, Auneau, et La Rocheguyon en partie , chevalier de Tordre du Roy, gentilhomme ordinaire de sachambre, et dame Marguerite de Scepeaux.

Elle eut endotlasoiiimedeseizemillesixcent soixante-six écus un tiers. Les paroisses et terres de Baret et de la Garde, situées dans la baronnie d^Archiac, luy furent cédées par sa mère, pour le prix de dix mille écus, outre lesquels la vicomtesse de Bourdeille, sa mère, luy légua encore trois mille trois cent trentetrois écus un tiers, faisant la somme de dix mille livres, par ses testament et codicille des années 1594 et 1595.

11 semble que dès-lors la comtesse de Duretal étoit veuve. Elle assista, en 1597, au mariage de Théritièrc d*Aubeterre, sa nièce, avec le l)an>n de la Serre de la maison d*Esparbez,

connu depuis sous le nom du maréchal d*Aubeterre.

Le seigneur de Brantosme , son oncle , par son dernier testament, dont on ignore la datte , mais certainement fort postérieur à Tannée 1605, la chargea du soin de Timpressiondeses ouvrages ; et, la déclarant sans enfants et hors d'âge d'en avoir, il luy laissa la jouyssance de son château de Richemont, sa vie durant, pendant qu'elle resteroit en viduité seulement, pour la rapprocher de sa famille, attendu Téioignement de sa maison de la Vezouzière, qu'elle occupoit à titre de douaire , et comme il destinoit cette terre de Richemont à Claude de Bourdeille, son petit -neveu, il la pria de bien entretenir ce château, et de conserver le cabinet de livres qu'il y avoit formé, ainsi que toutes ses armures de guerre , et attendu la jouyssance qu'elle auroitde cette habitation, il la priva de la part qu'elle aurait pu prétendre, comme cohéritière du seigneur de Brantosme , dont la somme de seize mille livres, qu'il ordonna à son successeur, seigneur de Richemont, de payer à ses autres bériliers par forme de dédommagement.

La comtesse de Duretal fut aussi légataire de la somme de deux mille livres par les testament et codicille de madamoiselle Magdelaioe de Bourdeille, sa tante, des années 1611 , 1613 , 1615, et 1617; et elle habita alternativement ses châteaux et maisons de la Vezouzière sur les connus du pays du Maine et d^Anjou , de Barret en Xaintonge, et de Richemont en Périgord.

Elle donna une procuration devant le notaire du marquisat de Sablé , le 7 novembre 1624 , pour le mariage de Henry de Bourdeille, son neveu , baron de Mata , avec madamoiselle Rouault de Thiembrune, dans laquelle elle est qualifiée haute et puissante dame, Jeanne de Bourdeille, comtesse douairière de Duretal. Elle fut présente au mariage fait à Aubeterre en 1629, de madamoiselle de la Serre, Isabelle d'Esparbez, sa petite-nièce,

APPENDICE

avec Pons de Salagnac, baron de Magnac.

La dame d'Amblcville , Isabelle de Rourdeille , sa sœur, luy déposa, le 2 novembre 1630 , le testament qu*elle avott fait ce même jour, au lieu de Fougère en Xaintonge , pour le remettre au vicomte de Bourdeille, qui en étoit exécuteur testamentaire ; et elle luy fit aussi un legs de deux mille sept cents livres.

La comtesse de Duretal , qûoyqu'en bonne sanlé, mais dans un âge fort avancé , fit son testament au châieau de Richemont en Périgord , le 12 d'août 1641. Elle y prend les qualités suivantes: haute et puissante dame Jeanne de Bourdeille, dame comtesse douairière de Duretal , usufruitière des châtellenies de la Ve/ouzière , Bouère et Gré , dame propriétaire des chfttellenies de Barret et de la Garde , comme ayant les droits des seigneur et dame d Ârchiac ses père et mère par hérédité , et ayant ceux des seigneurs de Cadenac par acquisition, et dame en partie de la jurisdiction de Richemont, comme héritière sous bénéfice d'inventaire de feu haut et puissant seigneur messtre Pierre de Bourdeille , son oncle, chevalier, conseigneur de Brantosme , avec M. Tabbé dudit lieu , seigneur et baron de Richemont, Saint-Grespin , la Chapelle- Montmoreau ; et veuve de feu haut et puissant seigneur Claude d'Ëspinay , comte de Duretal.

Par cet acte , elle déclara qu'elle avoit perdu fort jeune son mary, dont le corps reposoii à Barbezieux , et qu'elle n'avoit point eu d'enfants; que sa mémoire luy étoit toujours chère, en considération de ses vertus et mérites; qu'il Tavoit mise en état de vivre en femme de sa qualité et condition ; qu'il n avoit eu qu'une sœur; qu'il avoit été gouverneur de Metz et pays Messin , en l'absence du maréchal de Vieilleville , sou grand-père, et qu'il étoit fils unique de haut et puissant seigneur Jean, sire et marquis d'Espiuay, vicomte de Blaîson , baron de Mathefelon , seigneur de Seigre , Sérigné , la Marche , Escures , Saudecourt , Vieilleville , Maumusson , d'Auneau , et rie la Rocheguyon en partie, chevalier de Fordre du Roy et chambellan ordinaire de Sa Majesté, et de dame Marguerite de Scepeaux.

Elle choisit sa sépulture sans aucune pompe dans l'église de Saint-Pierre sous Archiac, si elle décédoît en sa maison de Bapret , oa

dans celle de Saint-Pierre de Bourdeille , si elle mouroit à Richemont , ou enfin celle de Sainte-Julie de Bouère , si elle décédoit à la Vezouziëre,en conséquence de la promesse que luy avoit faite feu le maréchal de Schomberg, père du maréchal de ce nom ,alors vivant, et de la marquise de Liancourt , qu'elle appelle ses béau-fils et belle-fille , héritiers par leur mère des illustres maisons d'Espinay et de Duretal, de la faire inhumer en ce lieu.

Elle avoua que la pesanteur de ses affaires qui avoient toutes couru à sa ruine en foule, la privoit des moyens de donner suivant ses bons sentiments. Cependant elle fit beaucoup de legs pieux, et à tous ses domestiques. Elle donna aux récollets et cordeliers de Périgueux , de Nontron et de Thivîers, la part qui luy devoit revenir du repaire noble de la Barde, de Saint- Crespin , qui étoit en litige , et sur lequel il y avoit eu des sentences des juges de Périgueux, et arrêt du parlement deBourdeaux.

Elle légua à Marguerite de Bourdeille, sa nièce et filleule, dame de Saint-Marc de Broc en Anjou , fille atnée de feu Claude de Bourdeille , frère de la testatrice , avec des arrérages de rentes , et du bétail , tous les meubles à elle appartenant dans le château de Vezouzière , Bouère et Gré, qu elle tenoil en douaire, au lieu de ce qui luy avoit été assigné sur la comté de Duretal, etc., au comte de Mata , son neveu , une chemise de Chartres (de la Vierge) prise sur le lieu, de la valeur de vingt livres , pour la porter sur luy à la guerre; huit mille livres une fois payées à Marie de Bourdeille , damoiselle de Mata, la plus jeune, sa nièce, quVIle avoit élevée près d'elle depuis le mois de décembre 1624 , que madame de Thiembrune, mère de cette damoiselle, la laissa àTâgededeux ans à la testatrice, lorsque celte dame conduisit la dame de Saint-Marc de Broc, sa fille aînée , au lieu de Lizardière en Anjou pour y faire sa résidence avec son mary. La comtesse de Duretal assigna ce legs de huit miil^ livres sur les châtellenies et paroisses de Barret et de la Garde, et y ajouta encore sa vaisselle d'argent, ainsi que tout ce qui étoit dans le cabinet près de sa chambre à coucher, compris un portrait de feu madame de Bour deille, mère de la testatrice , avec ce qu'elle

APPENDICB.

anroit dû recevoir pour PeDtretien de ladite damoiselle de Mala dont elle n*avoit jamais rien eu.

Elle légua à madame de Bourdeille, sa bellesœur , un pavilloQ de damas cramoisy , brodé d'or; â madame de Thiembrune , aussi sa belle-sœur, un chapelet d'agnus , avec une médaille de la Vierge en parfum, garnie d*or ; une somme de deux mille livres à M. le vicomte d'Âubeterre, fils du maréchal d'AfOL" beterre; un chapelet de deux cents livres à dame d'Esparbez , de Lussao , d' Aubeterre , comtesse de Jonzac, sa filleule, et sœur du vicomte d'Aubeterre. Elle fitplusieurs autres petits legs, à M. d'Ambleville, Claude de Jussac; à M. de Saint -Preuil, François de Jussac , gouverneur d'Arras , maréchal de camp ; à M. le chevalier d'Ambleville , Nicolas de Jussac; à M. de Saint-Maure de Fougère ; à madamoiselle d'Ambleville , tous ses neveux et nièces : donna à Claude de Sainte-Maure , son filleul et petii-neveu , qu^elle avoit élevé près d'elle depuis Tâge de deux ans jusqu'à celuy de dix , sa maison de Barret avec les meubles et acquêts; une somme de deux mille livres à Isabelle de Sainte-Maure de Fougère , sa petite-nièce; pareille somme de deux mille livres à Guy Joumard , de Chabans , son tilleul et petit-neveu , avec substitution de ce legs en faveur d'Isabelle de Joumard, sa petite-nièce, sœur de ceGuy : item, deux mille livres à M. le comte de Saint-Bonoet d'Escars, son neveu et filleul , déclarant que cet argent luy venoit d'un legs qu'avoit fait dame Magdelaine de Bourdeille, tante de la testatrice, et elle luy substitua pour ce legs Jeanne d'Escars, sa petite-nièce et filleule. Elle fit remise à M. de Saint-Ybar , son neveu , de ce qu'il pourroit luy devoir; légua en outre à madame de Saillan Isabelle d'Ëscars, , sa nièce , le pQrtpait qui représentoit en veuve feue madame de Bourdeille, mère de la testatrice.

Elle institua héritier universel pour les dçux tiers haut et puissant seigneur François-Sicaire de Bourdeille , son neveu , chef de sa maison, et pour l'autre tiers, M. le comte de Monirésor, Hn\ autre neveu, leur donnant permission de racheter sous trois ans les biens qu'elle avoit légués. Elle leur substitua le seul fils qui restoit de feu M. de Mata , son firère ;

chargea ses exécuteurs testamentafrea de tû* mettre sa maison de la Vezouzière entre Ifli mains de qui voudrait M. le maréchal da Schomberg; le château deRichemont à MM. de Bourdeille et de Montrésor , et sa maison de Barret à madame de Sainte-Maure de Fougère.

La comtesse de Duretal reconnut ce testament le 12 novembre de la même année 1641, devant les notaires royaux de Richemont. On ignore le temps de sa mort.

Après tous les actes cy-dessus rapportés, on ne scauroit douter de la réalité du mariage passé le 8 novembre 1584 au château d'Archiac , insinué à Rennes, à Xaintes et à Angouléme, en 1685, de Jeanne de Bourdeille avec Claudç d'Espinay , comte de Duretal , quoyqu'il n^ensoit fait aucune mention dana les différents ouvrages qui ont parlé de la maison d'Espinay , tels que sont VHistoire généU'^ logique des maisons de Bretagne , par du Pas , et les diverses éditions du Dictionnaire de Morérjr, etc.

On observera seulement que le marécha) de Vieilleville , ayeul du comte de Duretal, et gouverneur de Metz, mourut en 1572; que, pendant qu'il posséda ce gouvernement, M. de Tbeval y commanda en son absence, et qu'aussitôt après la mort de ce maréchal , sa place de gouverneur de Metz fut donnée au comte de Retz, de la maison de Gondi; de sorte qu'on ne voit pas en quel temps le comte de Duretal a possédé ce gouvernement , ny quand il y a commandé. Il faudroit avoir recours à M. le duc de la Rochefoucault , héritier et possesseur de la comié do Duretal, dont les titres donneroient là-dessus des éclaircissements.

Ce comte de Duretal avoit épousé en premières noces, Françoise de la Rochefoucault de Barbezieux. 1^ qualité de seigneur de Barbrzieux qu'il prend dans son conlract de mariapjC, du 8 novembre 1684, avec Jeanne de Bourdeille, en fait la preuve. Il en eut deux enfants : Charles , marquis d'Espinay , mort sans postérité, qui avoit épousé Marguerite de Rphan de Gueuiené, et Françoise d'Espioay, héritière de la branche aînée de sa maison, laquelle fut mariée avec Henry de Schomberg , comte de INanieuil^ depuis maréchal de France, dont vint entre autres pnfants, Jeanne de Schomberg , qui époi^a ei| secondes noeea

APPENDICE

Roger du Plessis-Liancourt ; et c^est par cette t cauU, héritiers de la maison de Lîar.coort. d?rDière alliance que le comté de Du - l La maison d'Espinay est une des grandes et retal a passé aux ducs de la Rochefou- ^ illustres maisons de la province de Bretagne.

RENËE DE BOURDEILLE,

YICOUTISSE D^ADBETUIRB.

Renée de Bonrdeille, seconde fille d'André , vicomte de Bourdeille , née vers la fin de l'année 1662, n'eut qu^un legs de la somme de quinze mille livres pour tous ses droits, par le second testament de son père, du 13 novembre

Elle fut mariée avec David Bouchard, vicomte d'Aubeterre, que le vicomte de Bourdeille avoit pris soin d'élever près de luy, après l'avoir sauvé du naufrage dont la maison d*Aubeterre étoit menacée. Leur contract de mariage, passé au château de Bou rdeille le 16 de février 1679, donne la qualité de haut et puissant seigneur au vicomte d'Aubeterre. Il porte que Renée de Bourdeille fut dotée par ses père et mère de la somme de dix inille écus, outre ses habillements nuptiaux, selon la grandeur et qualité des parties ; et cette dot assignée sur la paroisse de Rossignol et autres, situées en la châtellenie de la Tour-Blanche.

Gomme elle se trouva bien pourvue, son père ne luy donna , par son dernier testament du 26 décembre 1681 , qu'un legs de dix écus seulement : et la vicomtesse de Bourdeille, sa mère, la pi-ia aussi , par ses testament et codicille des années 1694 et 1696, de se contenter de sa dot, montant alors à la somme de onze mille trois cent trente-trois écus un tiers.

On a vu cy - devant , à l'article d'André, vicomte de Bourdeille, toutes les attentions qu'il avoit eues pour empêcher que ce vicomte d'Aubeterre ne se ressentit des mauvaises impres.«(ions que la conduite de feu son père , sur le fait de la religion, avoit inspirées auxroys Charles IX et Henry III. Ces sollicitations réitérées auprès du roy Henry H! procurèrent au vicomte d'Aubeterre l'état de gentilhomme ordinaire de Sa Majesté en 1680 , et la charge de •éoesctial de Périgord, dans laquelle le vi-

comte d^Aubeterre succéda à son beau -père en 1683.

Ces emplois fournirent les moyens nécessaires au vicomte d'Aubeterre de soutenir le crédit dont il étoit redevable au vicomte de Bourdeille et à ses amys après la mort de ce beaupère. Sa faveur devint si rapide , que le roy le comprit dans la promotion du 31 décembre 1686derordredu Saint-Esprit, dont Sa Majesté le fit chevalier, quoyqu'il n'eût encore atteint que l'âge de trente-un ans. H fut aussi capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du roy, conseiller en son conseil privé, et jouyssoit de huit cents écus d appointements annuels, pour sa charge de sénéschai et gouverneur de Périgord, comme le prouvent les trois quittances originales qu*on a de luy sur le payement de ses gages, toutes dattées de Périgucux le 16 novembre 1686, 20 janvier 1688, et dernier septembre 1689,. signées Aubeterre , et scellées de son sceau en placard.

Aux qualités cy-dessus, le contract de mariage d'Isabeau Bouchard , sa sœur , avec Isaac de Grimoard de Taille-Fer, seigneur de Maunac, passé au château d'Aubeterre le 28 août 1687 , luy ajoute celle de lieutenant-général pour le roy en Périgord, qui se trouve aussi dans le contract de mariage de sa fille Hipolitte Bouchard , de l'année 1697 , et dans d'autres actes postérieurs à sa mort.

Le vicomte d'Aubeterre, profitant de Texemple, et peut-être aussi des conseils du feu vicomte de Bourdeille, fit aussi sa résidence ordinaire à Périgneux; et comme la politique obligeoit, en ces temps de troubles, toute la noblesse du royaume à garder l'équilibre entre le roy régnant, qui n'avoit point d'enfants mâles , et rhéritier présomptif de la coaroone

APPKiNDICR.

de France , il Fut un de ceux qui , à Toccasion du sié{;e de Mouségur, en 1586, avertirent le roy de Navarre du dessein qu'avoient les li- G^ueurs de l'assiéger en quelque place qu*ils le iTDContreroient. Mais ces nténagements pour le roy de Navarre ne rempéchèrent point de pourvoir à la sûreté et à la conservation de son godveriiement; et comme le trésorier de Textraordinaire des guerres n'y avoit point envoyé dccotiimis |>our payer les troupes, il chargea de celte commission le receveur des tailles de ce pays, pour faire près de luy les fonctions de trésorier provincial des guerres. Son mandement à ce sujet est datte d'Aubeterre le dernier mars t589 , signé Aubeterre , et plus bas par monseigneur , signé Binault , et scellé du même sceau que cy-dessus.

Enfin , après Vavénement du roy Henry IV à la couronne, le vicomte d'Aubeterre, étant allé reconnaître la place de Flsle en Périgord , il y reçut un coup de mousquet, le l'^^'août 1693, et mourut de cette blessure, le 10 du mois, en son château d'Aubeterre, à Tàge de trente-neuf ans.

Le mépris que le seigneur de Brantosme a affecté par-tout, et même dans son testament , de témoigner à ce vicomte d'Aubeterre, ne sçauroit Faire tort à sa mémoire , parce que ce mépris n'avoit pour fondement , que la grande amitié qu'avoit eue le feu vicomtede Bourdeille pour son gendre , la préférence qu'il avoit obtenue sur le seigneur de Brantosme pour la charge de séneschal de Périgord, et Tenvie que portoit naturellement le seigneur de Brantsome à tous ceux qu'il voyoit s'élever au-dessus de luy.

La vicomtesse d'Aubeterre regretta fort son niary, et ne le survécut pas long- temps; car elle étoit morte dès le temps que sa fille unique, Hipolitte Bouchard, fut marjrée en 1697. Le seigneur de Brantosme fait de cette nièce un assez grand éloge, tant sur sa beauté, que sur les quahtésdu cœur et de Tesprit, et dit

qu'elle ressemblolt fort à la reyne Marguerite.

Elle soupçonna d*avoir été empoisonnée avec son oncle Brantosme, et sa sœur la comtesse de Dureial, sans cependant oser en accuser personne. Mais comme c'est Braniosme qui en fait le récit, cette triste aventure mériteroit d'être mieux prouvée ; d'autant plus que la vicomtesse d'Aubeterre demanda qu'on louvrll après sa mort , pour découvrir la vérité de sa maladie inconnue aux médecins : et Brantosme a omis d'ajouter ce qui s'ensuivit; d'où on peut conclure, que c'est qu'il ne se trouva point d'indices favorables à I opinion du poison. Au reste, il faut bien que ce poison prétendu n ait pas fait grand effet ny sur Brantosme, ni sur la comtesse de Duretal, sa nièce, puisque tous deux sont morts dans un âge fort avancé.

Après la mort des vicomte et vicomtesse d'Aubeterre, Hipolitte Bouchard, leur fille uuique et héritière, fut mariée par le baron de Mata, son oncle, avec haut et puissant seigneur François d'Esparbez de Lussan, baron de la Serre, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du roy, gouverneur de Blaye, et depuis maréchal de France, connu sous le nom de maréchal d'Aubeterre.

Par leurcontractde mariage passé au château d'Aubeterre, le 12 avril 1697, le baron de la Serre, père, se chargea d'acquitter les dettes de la maison d'Aubeterre, jusqu'à la concur^ rence de cent mille écus, somme alors trèsconsidérable ; et il y fut stipulé que l'atné des enfants mâles, qui nattroit de ce mariage, se» roit obligé de porter les noms et armes de la maison d'Aubeterre, pour en être l'héritier universel. C'est par cette alliance que la terre d'Aubeterre, l'une des plus distinguées de l'An* goumois, a passédans la maison d'Esparbez,dont l'ancienneté et Tillustration est suffisamment connue par la généalogie rapportée dans l'Histoire des grands officiers de la couronne, tome Yll , page 448.

APPENDICE

ISABELLE DE BOURDEILLB,

BARONNE D'AUBLETILLE.

Isabelle de Bourdeille, née depuis Tan 1663, légaiairc de son père, en 1567, de la somme de quinze mille livres, el réduite comme ses aulnes sœurs pour tous ses droits à celle de trois mille trois cent trente-irois écus un tiers, revenant à dix mille livres, par son dernier testament de Tan lâ81, n'étoit point encore alors mariée.

Quelques années après la mort de son père, elle épousa François de Jussac, chevalier, seigneur et baron d^Ambleville, dont il sera fait un article particulier après celuy de sa femme. Elle vivoit avec luy en 1594 et 1595, que la vicomtesse de Bourdeille, sa mère, par ses testaments et codicilles faits dans ces années, la pria de se contenter de la dot qu etie avoit eue en mariage, montant à la somme de onze mille trois cent trente- trois écus un tiers; et chargea son héritier universel d acquitter ce qui se trouveroit èire dû de cette dot.

Elle assista en qualité de haute et puissante dame Isabeau de Bourdeille , dame d'Ambleville , au contract de mariage passé à Aubcterre le 12 avril 1597, d'Hîppolyle Bouchard, vicomtesse d'Aubelerre, sa nièce, avec Françoisd'Esparbez de Lussan , baron de la Serre.

Le seigneur de Brantosme, oncle de la dame d^AmblevilIe, la nomma Tune de ses héritières unÎTerselles; et madamoiselle Magdelaine de Bourdeille, sa tante, luy fit un legs de la somme de quatre mille livres par ses testament et codicille des années 1611 et 1617.

Elle donna aussi son consentement au contract de mariage passé à Aubetei re le 20 février 1629, disabelle d'Esparbez d'Aubeterre, dite madamoiselle de la Serre, sa petite nièce, avec Pons de Salagnac, baron de Magnac, dans lequel elle est qualifiée très-haute et puissante dame Isabelle de Bourdeille, dame d'Ambleville , paroissant alors veuve.

Enfin, se trouvant alitée par maladie , elle fit son tf'stament chez le seigneur de Fougère, son gendre, en la paroisse d'OrioIe en Xaintonge, le 21 novembre 1630. Par cet acte , ellr demanda d'être inhumée dans la cliapelle du lieu d'Am-

bleville, où reposoit le cœur de feu son mary; légua la terre de Richemont qui luy apparienoit en propre , à François de Jussac, seigneur de Saint Preuil , son fils puîné; substitua cette terre fi François de Sainte-Maure, fils du seigneur de Fougère, et exclut totalement de cette substitution Claude de Jussac, son fils aîné; mais elle récompensa ce fils atné, en luy traosportant le legs de quatre mille livres que luy avoit fait feu madamoiselle de Bourdeille, et qui n'avoit point encore été acquitté par M. de Bourdeille, frère de la testatrice. De plus, elle institua le môme Claude de Jussac pour Ton de ses héritiers universels, conjointement avec Nicolas et Hipolitte de Jussac, ses autres fils et fille : donna en outre à ce Nicolas de Jussac des terres nommées d'ArIoz et les vieilles Fouges, situées dans les paroisses d'Orioie et de la Garde, et fit aussi un legs de la somme de six mille livres à Henriette de Jussac, dame de Chabans, fille puinée de la testatrice. Elle nomma pour exécuteur de ce testament M. de Bourdeille, son frère, chevalier des ordres du roy, et chargea la comtesse de Duretal, sa sœur, du soin de remettre cet acte entre les mains de M. de Bourdeille. Il y a apparence, qu'elle mourut de cette maladie; car les titres domestiques^ depuis ce temps, ne font plus mention d'elle.

François de Jussac , baron d'Ambleville, son époux, étoit, avant son roaryage, déjà en liaison avec MM. de Bourdeille. Il fut Tun des témoins du contract de mariage de Jeanne de Bourdeille, comtesse de Duretal, passé au château d'Archiac le 8 novembre 1584, dans lequel il est qualifié messire et chevalier seigneur de Saint- Marsault et d'Ambleville.

11 contribua à sauver le duc d'Espernou (Jean Louis de Nogaret) de Tassassinat formé contre sa personne à Angoulème en 1588. Cependant il neparoissoitavoir encore aucune dignité militaire, du moins considérable, en 1595 et 1597, quoyque dès-lors il se trouve qualifié haut et puissant seigneur messire etc., baron d'Am-

APPENDICE

bleville. Mais il étoit capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du roy, et fjouverneur des villes et château de Cognac en 1602. A ces qualités , il joiijnit celle de chevalier de l'ordre du Roy en 1604, comme le prouvent les contracls de mariage du baron de Mata et du vicomte de Bourdeille, ses beauifrferes. Il parolt, depuis ce temps, avoir fait sa résidence ordinaire à Cognac, d'où il écrivît plusieurs leltresau roy et aux ministres, en 1610 et 1612, pour leur rendre compte des affaires de son gouvernement. Ces lettres sont scellées du cachet de $ts armes.

En 1614, à l'occasion des troubles des religionnaires, il proposa à févèque de Poitiers de luy donner telle assistance qu'il dénireroit, pourvu qu'il eût le commandement des troupes. Celte proposition fut envoyée au roy; mais on ignore si elle eut son exécution. Ce qui est certain, c'est que, par le contraci de mariage d Henriette de Jussac, sa fille, avec Gaspard Joumard de Chabans, seigneur de la Chapelle-Faucher, du 26 janvier 1615, il y est qualifié chevalier, seigneur d'Ambleville, conseiller du roy en ses conseils d'État et privé, capitaine de cinquante hon)mes d'armes de ses ordonnances, lieutenant-général pour Sa Majesté ès-pays d'Angoumois,Xuintonge,Auuis, ville et gouvernement de La Hocheile.

Cette même année, au mois d'octobre, dans le voyage de Leurs Majestés en Guyenne, il vint au-devant d'elles à Barbezieux,à la tète d'une très-belle troupe : pendant le séjour qu'elles firent en ce lieu, le duc d'Espernon y étant tombé malade, à là suite dun emportement qu'il eut contre le comte de Gandale, son fils, dont rattachement pour le party des princes, ne luy étoit que trop connu, M. d'Ambleville fut chargé du soin d'accompagner et conduire ce duc à Angouième; et il y demeura avec luy, jusqu'à ce qu'ayant été averty des mauvais desseins des religionnaires de Cognac, il fut obligé de laisser à Angouième le duc d'Espernon, dont la santé cornniençoit à se rétablir, et il s'en revint malade à Cognac > d où il écrivit à M. de Poncharlrain , secrétaire d'État, le 14 du même mois d'octobre, pour rinformer de tous ces mouvements.

Par la même occasion» il pria ce .ministre de représenter à la reyne on'il n'avoit encore

rien reçu de ses gages et pensions de cette année, non plus que ce qui étoit dû de l'entretien de la compagnie de cinquante hommes, commandée par son fils pour la garde de la ville de Cognac; qu'il étoit fort pauvre gentilhomme, et que, sans les bienfaits du roy, il ne luy seroit pas possible de soutenir la dépense à laquelle sa charge l'obligeoit. Cette charge étoit sans doute celle de lieutenantgénéral en Xaintonge et Angoumois, dont le duc d'Espernon, auquel il étoit particulièrement attaché, avoit le gouvernement. La preuve qu'en fournit la lettre cy-dessu.s,cst encore fortifiée par celle qu'il écrivit de Cognac au roy le 28 novembre 1617, pour supplier Sa Majesté de rétablir les pensions qui luy avoient été retranchées, et de le dispenser de se rendre à la cour, attendu la nécessité de sa présence dans son gouvernement^ afin d'y maintenir toutes choses en Tétat où les avoit laissées le duc d'Ëspernon à sou départ.

En 1618, il fit dresser par le vice-séneschal en Xaintonge un procès-verbal des ravages nouvellement faits dans un bénéfice par le seignc ur d.e Jarnac du party des religionnaires, et il renvoya au roy le 11 août de cette année : mandant à Sa M^esié qu'il se trouvcroit heureux qu'elle eût découvert la vérité sur les plaintes portées contre luy; qu'à l'égard de la faute com mise par le maire de la ville de Xaintes, sur le fait des étrangers, pour avoir mal compris sa déclaration » il^auroil soin d'y pourvoir à l'avenir, etc. Cette lettre est encore une nouvelle preuve du commandement qu'il avoit en Xaintonge, et dont le roy luy témoigna sa satisfaction dans la réponse que Sa Majeaté luy fil le V^ de septeinbre suivant, en le priant d'employer sa deiiérité et prudence accoutumées à faire observer ses édits ps^r ses siijîeta , tant catholiques que religionnaires pour les maintenir eo paix.

11 avoit été nommé chevalier des ordres pendant la miaorilédu roy Louis XIIL Le* rôle de ceux qui se (rouvoient daof le niièiBe cas que luy fut rapporté au chapitre de Tordre du Saint-Esprit , tenu le 6 décembre 1619. Mata sa nomination ne parolt point avoir eu d'efîfiet ; on a même douté si elle ne regardoit pas Jean de Mornay , seigneur d' AmUevilIc en Normandie, qui étoit son contemporain, parce que

APPENDICE

les noms de baptême et de Famille ne sont point spécifiés dans ce rôle. Mais quoyqu'ils fussent tous les deui de naissance à mériter cet honneur , il est cependant plus probable que celte nomination à Tordre du Saint-Esprit ctoit uniquement pour François de Jussac , attendu ses services et ses emplois disiin{];ués dans le militaire ; au lieu que ce Jean de Mornay semble n'avoir jamais suivi le parly des armes : et même après sa mort , le contract de mariage de Berlin de Mornay, seigneur d'Ambleville, son fils aîné, de Tan 1623, ne donne à Jean de Mornay pour qualification d emplois ou de dignité, que celle de gentilhomme ordinaire de la chambre du roy.

Au reste, si François de Jussac n'a point été reçu chevalier des ordres , deux raisons peuvent ^ien Ten avoir privé, ainsi qu'il est arrivé à beaucoup d'autres seigneurs : 1^ Téloignement de la cour, n'ayant point quitté sou commandement pour s'y rendre; 2^ c'est que, depuis la promotion de 1619, il n'y eut point de chevaliers des ordres reçus par le roy jusqu'à celle de 1633; et François de Jussac étoil certainement mort avant 1630. D'ailleurs, si l'espérance de voir effectuer cette grâce ne luy avoit pas été assez sensible pour s^n plaindre, cependant on ne voit aucun vestige de plaintes sur cet article dans ses lettres. Il écrivit, toujours de Cognac, au roy, le 10 may 1620, et par conséquent, après la cérémonie de la réception des nouveaux chevaliers qui s'étoient trouvés à la cour, pour luy témoigner la joye que luy avoit causée la lettre de Sa Majesté du 8 du même mois , par laquelle elle luy avoit fait part de la résolution qu'elle avoit prise de s'approcher de ces quartiers, pour y maintenir son autoritéet la tranquillité publique. Il luy manda en même temps la destination que les religionnaires, dans leur assemblée de La Rochelle, avoient faite de MM. de Rohan , de la Tremouille , de Soubise et de Jarnac , pour remplir les oommanderoents des pays qu'ils occupoient; et pria Sa Majesté d'ordonner à M. d'Aarîac, commandant pour die en Poitou , de luy envoyer quelques troupes. Il fàudroit voir cette lettre du roy, du 8 may 1620, parce qu'elle pourrait donner plus d'éclaircissement sur la nomination de François de Jussac à l'ordre du Saint-Esprit

Quoyque la résidence ordinaire de M. d'Am«

bleviile fût à Cognac, il ne laissoit pas de faire quelques séjours dans les autres villes de son commandement. Il étoit revenu d'Angoulème depuis deux jours le 23 may 1621 , qu'il écrivit de Cognac au roy, et manda à Sa Majesté, qu'il assembloit des troupes pour empêcher les reiigiounaires de se jetter dans Saint -Jean d'Angely; que la noblesse de Xaintonge et partie de celle d'Angoumois étoit allée joindre M.d'Espernon. liparoît,paruneautrelettredu21 juillet de cette année, qu'il adresse simplement à monseigneur, (apparemment le connétable de Luyues) , qu'il étoit alors occupé à la démolition d'une place de guerre : car il mande qu'il a presque abattu le bastion du côté de la porte de Miort , et qu'il est actuellement au bastion de la porte de Mata; mais il ne nomme point cette place. Cette lettre est le dernier titre qu'on ait vu de luy. Toutes ces lettres sont scellées du même cachet cy-devant noté.

Il étoit mort avant le testament fait en 1630 par la dame d'Ambleville, sa veuve, qui le qualifie lieutenant-général pour le roy en Xaintonge, Angoumois et Aunis; et qui apprend qu'il avoit été inhumé en la chapelle de Saint- Grespin dans la grande église de Cognac. Aux qualités cy-dessus, le testament de la comtesse de Duretal, sa belle-sœur, de l'an 1641 , luy ajoute celle de gouverneur de La Rochelle ; mais on n'en a point d'autres preuves.

Le seigneur de Brantosme a témoigné, pour le seigneur d'Ambleville, son neveu, moins de mépris personnel , que pour le vicomte d'Aubeterre : mais cet oncle, peu favorable à tous ses parents, n'en a pas moins satisfait sa mauvaise humeur par d'autresmoyens; car il déclare , dans un état de ses neveux et nièces, qu'il fit en 1602, qu'il ne mettoit guères en compte M. d'Ambleville, depuis que, de gayeté de cœur, ce neveu s'éloit distrait de son amitié, et sans sujet. Ensuite, par son dernier testament de 1609, il accuse M. d'Ambleville d'avoir soutenu contre luy Guillaume Malet, seigneur de la Barde Saint- Crespin , dans un procès qui doroit entr'eux depuis douze ans au parlement deBourdeaux, et qui luy tenoit si fort au cœur, qu'il chargea ses héritiers de le poursuivre à toute outrance, sons peine d'exhérédation. Il lyoutoit

APPENDICE

gnement, que cette déférence de M. d'Amble* ville pour le seigneur de la Barde venoit de ce que ledit seigneur de la Barde avoit pour grandpère un notaire, portant le nom Mallety en Périgord, lequel avoit épousé la grande*tante de M. d'Amblevilie. L'idée désavantageuse que le seigneur de Brantosme a voulu donner, par ce trait méchant, de la noblesse de messieurs d'Ambleville et de la Barde mérite qu'on leur rende la justice qui leur est due.

Messieurs de la Barde Saint -Grespin, du nom de Mallet en Périgord, ont prouvé, en 1667, devant Tintendant de Guyenne, leur noblesse , sur titres, depuis et compris Pan 1520 ; ce qui suffit pour faire voir qu'ils étoient gentilshommes , et que leur alliance n'étoit point déshonorable pour messieurs d'Ambleville.

A regard de la maison de Jussac , voicy ce qu'on en a pu connollre par les extraits des titresqu'on a vus, et par les preuves de plusieurs chevaliers de Malthe qu'elle a produites. Cette maison étoit établie il y a plus de trois cents ans dans le Périgord, TAngoumois, et autres pays voisins. Maliieu de Jussac servit dans les années 1413 et 141&, en qualité de capitaine de cinquante arbalestriers à cheval, sous Charles, duc d'Orléans, neveu du roy Charles VI, et petit-fils du roy Charles V. Pierre de Jussac , descendu de ce Mahieu , eut entre autres fils , Jean de Jussac, seigneur de Marafin, écuyer du roy François 1 , et François de Jussac, sei-

gneur de Ciré et de Bouteille, lesquels ont formé les différentes branches de celte maison. Ce François de Jussac fut Tayeul du seigneur d'Ambleville, qui a donné occasion à cet article. La branche d'Ambleville, comme dernière cadette, brisoit ses armes d'un lambel de cinq pendants. Elle s'est éteinte dans le siècle dernier, et les terres d'Ambleville, de Richemont , deBarret, qu'elle possédoit, ont passé dans les maisons de Sainte-Maure et de Chabans. Le plus célèbre des enfenls de ce dernier seigneur de Saint-Preuil, maréchal de camp, et gouverneur d'Arras, qui après avoir servi pendant plusieurs années avec beaucoup de distinction et de fidélité, eut la tète tranchée à Amiens , le 9 de nouvembre 1641 , moins pour le crime qu'on luy fit d'avoir attaqué la garnison espagnole sortant de Ba paume après la prise de cette place sous la simple escorte d'un trompette, que pour satisfaire l'inimitié qu'avoient pour luy le maréchal de la Meilleraye, et M. des Noyers, secrétaire d'État.

Jean de Jussac, seigneur de Marafin , cydessus nommé , atné de sa maison , est l'auteur des branches connues sous les titres de marquis de la Morinière , des seigneurs de la Folaine, des comtes de Jussac, qui portoient leurs armes pleines, et des seigneurs d'Antraigues et de Beaufort , qui comme cadets, brisoient d'un lambel de trois pendants.

ADRIENNE DE BOURDEILLE

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