‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André vicomte de BourdeilleChapitre 20 sur 119 · MADAME JEANNE DE FRANGE · texte numérisé non relu

MADAME JEANNE DE FRANGE

fertus finre TaMr wf paroistre. Voyant donc ïoland tant prospérer et tant estre redouté ce dac Gbarles , et qu'il estoit son voisin , elle fit ce qu'elle peut pour Tentretenir en son amitié, qui luy serroit beaucoup aux affaires de son estât. PuiSy luy venant h mourir, le roy LouysXi s'en vint ruer sur sa grandeur, sur ses despens et sur oeux de Savoye ; mais madame la ducbease, habille dame, trouva moyen de gaigoer le roy son frère , et le venir trouver au Piesris*les-Tours, pour establir ses affaires ; où estant arrivée, le roy alla au devant d'elle jua* qu'à la basse cour pour la recueillir; et, en la saluant , la baisant et Taccollant , moictié en riant , moictié en la piquotant j luy dit : « Ma- «dame la Bourguignonne, vous soyez la trèacbien venue.» Elle , en luy faisant une grande révérence, luy dit : « Monsieur , je ne suis point a Bourguignonne; vous me pardonnerez, s'il «vous plaist. Je suis fort bonne françoise et «vostre très- humble servante.» Le roy la prit sous le bras et la mena en sa chambre avecquea un fort bon recueil ; mais elle qui estoit fine , et qui oognoissoit bien Thumeur du roy son frère, songea à ne demeurer guieres aveoques luy^ ains seulement à faire ses afEiires le plustost quVIle ponrroit , et s*en aller.

Le roy , de l'autre oosté, qui cognoissoit la dame , ne la pressoit point autrement de long sejoar; et si F un se hschoit de Tune, l'autre se fasdioît de l'autre : parquoy , sans n'y avoir de* menré que huict jours, elle s'en retourna en sa duché , un peu assez contente du roy son frcre.

Pliiiippes de Gommines en Fait ce discours plu!) au long; mais les anciens d'alors disoient qu'ils trouvoient ceste princesse une fort habille femelle, et qui ne debvoit rien au roy son Frère, et qai la brocardoit souvent de ce party bourguignon ; mats elle se reviroit pourtant le plus doucement et modestement qu'elle pouvoit , de peur de l'offenser, et qui sçavoit aussy bien ou mieux dissimuler que le roy son Frère, et qu'elle estoit cent fois plus fine que luy, tant à sa mine qu'à ses parolles et foçons , mais pourtant trèsbonne et trés-sage.

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