JEHANNE II, REYNE DE NAPLES
D'en font cas , les gourmandent , et , qui pis est , attentent sar leur vie. Telles gens ingrats méritent tels traictemens que ce roy Jacques, et pire. J'ay leu dans l'Histoire de ce grand Ollivier de La Marche, qui estoit lors à Besançon et le ▼it, quand ce roy s'y vint rendre cordelier, dît qu'il se faisoit porter par quatre hommes en une civière, telle sans autre différence que les civières que Ton porte les fiens, fumiers et ordures, et estoit à demy couché, (quel sot et fat!) demy appuyé et levé à rencontre d^uu meschant desrompu orillier de [rfume, vestu pour toute parure d^une longue robbe d'un gris de très-petit prix , et estoit ceint d'une corde nouée à façon de cordelier, et en sa teste avoit un gros bonnet blanc, que l'on appelle unecalle, et nous autres appelions calotte ou bonnette blanche de layne, nouée ou bridée par dessoubs le menton. 11 ne iuy eust fallu qu'une plume de coq sur la bonnette, et voyià le galland bien veslul Je croy que si la reyne sa femme i'eust aînsy veu habitué et embeguiné, elle, qui estoit toute gentiUe et d'esprit, qu'elle en eust bien ri. Si feroient bien d'autres, si crois-je, que je sçay, si elles voyoient ainsy leurs marys qui leur sont ingrats et les traictent mal, eu une telle réduction et ainsy beguinés et repentis. Il y en a aucuns qui se mocquent de ces dévots convertis , repentans et penitens, et disent comme un grand seigneur que je sçay en France , lequel , voyant M. de Joyeuse d'aujourd'huy , en habit de capucbin, faire les pénitences qu'il faisoit, dit : «Il «seroit bien trompé celuy là , s*il n'y avoit point a de paradis en l'autre monde ^ » 11 pouvoit bien et au vray ainsy parler, si le paradis n'estoit ; mais estant, et une résurrection préparée, et un Dieu pour nous jouer en sa béatitude et sa condamnation , certainement qui peut faire ses oonversioDS et pénitences, il est bienheureux, à mode de plusieurs anciens saincts pères qui ont hkt de mesmes, et qui ont esté bénis de Dieu, dont nous en avons nos histoires sainctes toutes plaines. Si dict pourtant ledict messire Ollivier que ledict roy de sa personne paroissoit un grand chevallier, moult beau, moult bien formé de tous membres ( tant plus fiit estoit-il), ayant le visage blond, agréable, et portoit une cbere joyeuse en sa recueillette vers chascun
1 C'était le vieux maréchal de Biroo.
(ainsy use-il de ces mots); mais pourtaiit, ainsy habillé, et en telle assiette , il pouvoit plus servir de risée au monde que d'admiration , encor que telle humilité soit très-agreable à Dieu. 11 avoit à sa suite quatre cordeliersde l'Observance , que Ton disoit grands clercs et de saincte vie, et après iceux, un peu sur le coin, venoit son estât, où il pouvoit avoir deux cens chevaux, dont il y avoit litière, chariot couvert, hacquenées, mules , mulets dorés et harnachés honnorahlement ; et avoit sommiers couverts de ses armes, et nobles hommes et serviteurs bien vestus et en bon poinct. De quoy servoit tout cela puisqu'il estoit converiy? Et en ceste pompe humble et dévote ordonnance fit son entrée à Besançon comme il avoit faict en toutes les autres villes; et puis entra au couvent, où despuis, ce dit ledict historiographe, on le vit rendu cordelier; et disoit-on qu'une femme de ce temps là fort de>* vote, et religieuse de Saincte-Glaire , nommée sœur Colette, l'a voit ainsy reduict et presché comme elle avoit faict force autres.
Pour retourner à nostre reyne Jehanne, après le despart de son mary elle eut beaucoup de brouillmes et de traverses, si bien qu'elle fut oontraincte d'appeller à son ayde le roy Alphonced'Arragon,eiradopter pour fils, et Tadmettre à son royaume; ce qu'il accepta , quelque paction solemnelle qu'il eust faicte avecques les roys prédécesseurs de ladicte reyne : duquel elle ne fut pas mieux traictée que de l'autre ; qui fut cause qu'elle le quicta pour son ingratitude, et le desadvoua pour son fils ; et adopta l^uys, duc d'Anjou, en son lieu, qui Iuy porta un très* grand honneur et respect. De sorte qu'après la mort de son grand seneschal et favory nommé le comte Avelin ^ il eut le gouveruement absolu de tout le royaume ; et se monstra si bentn et si serviable à Teodroict de la reyne, sa mère adoptive, que jamais dame ne fut plus contente qu'elle estoit; et à toute heure remercioit Dieu de Iuy avoir donné un si bon fils et tel appuy, comme j'ay leu dans VHislaire dAryou; tl qu'un jour ledict comte Avelin son grand seneschal, ayant peur que le duc d'Anjou la deboutast, comme d'autresfûs il Iuy avoit esté contraire , cuidant remonstrer à la reyne, sa maistresse, qu'elle se recordast d'Alphonce d'Arragon,
^ Trilîan Garaccioli , dont il sera parlé d-deuooi.
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VIES DES DAMRS ILLUSTRES
lequel, aprto lay avoir doon^auctlioriU et crédit au royaume, la traicta trèa-inal et len ouyda par force chasser, et que le duc d'Aiyou en pourrait faire de mesmes, parquoy n'eatoit pas boa qu'elle luy donoast aur son pay$ et ses subjecta tant d'auclborité et pouvoir; elle luyreapondit; qu'elle se souveaoit assez du danger où elle avoit esté pour avoir esleu Alphonce; mais qu'entre Louys d'Anjou et Alpbonce d'Arragon il y avoit beaucoup de différence, car Tun estoit François et l'autre EspaignoL Elle avoit par là bonne opinion des François, qui, de ces temps, estoient encor tenus très-francs et nobles en tout. Voyià ce qu'en dict V Histoire d A f{jou.
Il faut encor conter ceste histoire. Prés de Sa Saincteté à Florence, Alpbonce d'Arragon avoit un ambassadeur, don Garaie, Espaignol accort et subtil; la reyne Jebanne en semblable y tenoit le sien appelle Antboine Garaffe Malice. Ce Milice mit en advant à l'Ë^paignol que, s'il persua* doit au roy son maislre de prendre en main la cause de la reyne, se faisoit fort qu'elle Tadop* teroit pour fils , et le dedareroit son successeur au royaume. Et de telle adresse conduisirent ensemblement ceste trame au desceu du pape, qu'ils arresterent d'aller à Plouibin, et de là en Gorsegue vers Alphonce, auquel la matière proposée fut tenue en longue discussion , parceque Alpbonce et Louys estans cousins au tiers degré, y avoit capitulations préparées dès le commen* cernent des pratiques de Louys, par lesquelles Alphonce luy promettoit de ne le molester en rien : mais c'est chose trop spécieuse qu'une couronne pour demeurer si consciencieux. Soit donc que soit, le faict est clair qu' Alphonce enfin accepta le party à luy présenté.
A ce Malice fut faict cest épitaphe qui est en Teglise Sainct-Dominique à Naples.
Auipice me, Idtias Atphonsus venit in aura*, Rexpiuti uipactm redderêt AUiomm.
Natorwn boc Pieioê slruxii aùhi soia sepuicàntm, Caraf/a dedtt hœc munera Malilico,
Il y a un équivoque double et bon à ce Malice ; car, s'il portoit le nom de Malice , il le portoil de faict, d'aulaot qu'il ne vakiit gnierea et estoit mal reroply de malice, oe ticiUHNi encor à Naples an moings aiieuns.
\J Histoire de Naples dit eocor : que ceste reyne ne demeura pas guieres plus paisible pour avoir ctnisé rArragonnoia, car elle eut graades
guerres contre luy par le moyen de Sfoite 6t Louys d'Anjou son âls, qui, surpris d'une fieb* vre par les continuels mesaiaes , travaux, veilles, chaleurs et fatigues de la guerre, mourut en l'an 1434, au grand regret de sa mère adoptive et de tous ceux du royaume; car il estoit prince doux et bening , et du gouvernement duquel le peuple en esperoit beaucoup.
Au bout de Tan, la reyne Jebanne mourut après de fiebvre et de maladie, ayant régné vingt ans. G'estoit beaucoup pour ces temps et parmy ceste nation fort variante. Et laissa par testament son héritier René, duc de Lorraine , frerecliarnel dudictduc Louys; et parainsy finit en elle la lignée et succession du roy Charles premier d'AiyottetdeDurazzo, qui estoit une mesmesrace. G'estoit en son vivant une très-bonneste princesse. Messire Ollivier de La Marche, qui estoil de ce temps là , l'a nommée Joanelle ; et dit que c'estoit une dame de très-grand es-, prit , et qui sçavoit et valoit beaucoup, et dont le royaume s'en tenoit fort content ; et dit les raisons pourquoy elle traicta ainsy son mary, Jacques de Bourbon, d'autantqu'aucunsdiaoienl pour lors qu'il la vouloil trop maistriser, tant sur le gouvernement du royaumeque snr sa pei^ sonne et plaisirs et esbats.
Autres disoient que la reyne ne prit pas bien en gré aucunes assemblées de dames (à la mode des Franfoia , qui se sont touayours ainsy perdus en ce pays là : je m'en rapporte aux Veines Siciliennes)! dont il n'y en a point tote de belles à Naples, par manière de festins que fiiisoit le roy journellement ; dont elle en coneeut jalousie. Quelqueafois les dames maryées n'ont pas tous les blasmes du inoBde, si elles font de mauvais tours à leurs maryr, car ils leur endonneni des occasions.
Or, ï Histoire de Naples dkl queeestereyac laissa un bruict de faune ioipiidîqae el mal arrestée, eomme de fpii 1 on diaoit qir eHe estoil arrestée en cela seol qu'elle n'avoit peiat d'ar-» rest, et qu'eUe enoit leusjours aisoufeuse de quelqu'un, ayant, par plusieurs sortes et aveeques plusieurs, Met plaisir de son corps. Mais pour cela, c'est le vice le moins blasmaUe à une reyne, grande princesse et belle, qui soit points et si est le moindre si qu'eUe puisse avoir ; mais très-grand esi-il celuy, quand elle est mauvaise, malicieuse , viodieatife e< tyranne, comme if y«
JEHANNB II, RBVNB DB NAPLBS.
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a,d(Ritlep«an«9eupleefl|ntit beaoeoup, lis pMi pour ses assours, aiasy que y^y ouy à nn grand de par le inonde. Diaoou** rant de ce nesoie propos sur une grande prin«cessedeparlenionde, et soubstenant son pariy, disoit que ces belles cl grandes dames et prin*cesses, de mesme humeur en amour, dévoient resseonbler le soleil , qui respand de sa lueur et de ses rayons A un chascun de tout le monde , si bien qu'un cbascans'en ressent. Toutdemesmes doibvent faire ces grandes et belles, en prbdigant de leurs beautés et de leurs grâces A ceux qui en brusient; aussy que volontiers les charités et aumosnes générales, et qui se font A plasieors , sont plus estimables et agréables que cellesqvisont particulières, et qui ne se donnent qu'à un ou à deux. Et par ainsy , lelles belles et grandes dames , qui peuvent beaucoup contenter le monde, soit par leurs douceurs, soit par leurs parolles , soit par leurs beaux visages , soit par* fréquentations , soit par infinies belles démonstrations et signes, ou soit par les beaux erfect8,quî est plus à preferer, nesedoibvent nullement arrester à un amour, mais à plusieurs; et telles inconstances leur sont belles et permises , noais non aux autres dames communes, soit de cour , soit de ville et soit de pays, desquelles la douzaine n'en faict que la demie, et qui ne sont qu'à petit poids , comme ces grandes qui sont à poids de marc : et telles dames moyennes, faut que soient constantes et fermes comme les estoilles fixes, et nullement erratiques; que quand elles se mettent à changer, errer et varier en amour, elles sont justement punissables, et les doibt-on descrier comme putains des bour* deaux , d'autant que leurs beautés, encor qu'elles soient passables, n'ont dequoy à s'estendre sur plusieurs, et qu'estans privées il faut qu'elles se resserrent en privé , et ne soient point communes comme les autres, et se contentent de donner 1 aumosne à un , saqs se ruiner , ou de réputation, ou d'escandale,ou d'honneur, en donnant à tous ceux qui se présentent à leur porte. VoyIA ce que disoit ce grand seigneur. Surquoy il me souvient qu'estant une fois avec une * honneste et grande dame allé voir des tableaux d'un peintre, nous y en vismes un très-beau, où ilyavoit une Fortune d'un eosté peinte, assise sur une pomme ronde et roulante, et de l'autre yac Vemia SOT une pierre carrée etfernjj
Mt une de ces danea qui dK : « Voyià deux t tableaux qui parient bien A nous ; car , tout ainsy «que l'un représente par œste pomme ronde «l'inconstance de la Fortune, aussy l'autre, parla «pierre carrée et ferme de Venus, elle nous ap- « prend A nous autres dames, d'estre bien fermes «et asseurées en amours, sans les rouler et «changer A tout propos. »Gequ'oyantceslegratid dame, cuydant bien que ceste pierre estolt jettée en son jardin , se tournant lui dit : « Cela «s'entend pour vous autres, mesdames, qui avec «de ces beautés communes, mais non pour nous a autres , qui avons les nostres fort dissemblables «aux vostres.» Par ce discours en forme de diagression se peut excuser aysement ceste reyne Jehaune si elle fost peu arrestée en ses amours ; d'autant que c'estoit une très-belle princesse , comme son pourtraict le monstre , représenté A 8ainct*Jehan de Garbonnara à Naples, ainsy que je dtray^ et aussy qu'elle estoit reyne de grand esprit.
On dit qu'elle ayma, sur tous ses amoureux, Garracciolo. Aussy le fit-elle grand et son grand seneschaU Au commencement de sa jeunesse , eneor qu'il fust bien gentilhomme, parce qa'il estolt pauvre il se mesia de la plume, et eatoH fils d'un appelle Garracciolo. Le feu prince de Meifo estoit venu de cest estoc, comme l'on m'A dict A Naples. La première occasion qu'eut jamais la reyne de lui iàire entendre qu'elle Taymoit, fut qu'il craignoit fort les souris. Un jour qu'il jouoit aux eschets en la garde robe de la reyne, elle -mesme luy fit mettre une souris devant luy; et luy, de peur, courant deçà et delà , et heurtant puis l'un et puis l'autre , s'enfiiit à la porte de la Aambre de la reyne , et vint cheoir sur elle ; et ainsy, par ce moyen, la reyne luy descouvrit son amour; et eurent tofT Met leurs affaires ensemble ; et après ne demeura guieres qu'elle ne l'eust faict son grand seneschaU
Sur ce conte j'en fèray un autre d'une dame de par le monde; et d'un gentilhomme que je cognols. Geste dame estoit une fort honneste dame, et de bonne maison, et le gentilhomme aussy : ceste dame estoit fort aymée de ce gentil homme , qui n'estoit point des plus impertinens ; il la servit long-temps, et se plalsolt fort à contempler sa beauté, car elle estoit extresme en visage, port et en sa taille qui estoit très riche. Mais rien que cela ne pouvott-îl voir; du dehors
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et du deiwûuyert prou, du couvert et du dedans i rien ; à quoy ses désirs et affections tendoient b\ ardemment, qu'il en brusloit et naouroit , se persuadant bien que le caché valoil bien autant que le descouvert. Enfin un jour la fortune, qui ayde souvent aux pauvres amoureux , luy fut si favorable, qu'aiusy que la dame prenoit à son coucher sa chemise derrière le rideau de son lict , et que Tune de ses femmes la luy donnoit , se présenta soubs ledict rideau une grosse araignée si hideuse que rien plus. La dame, qui rien au monde ne craignoil tant de tous les animaux queceluy là, comme cerles il est hideux, et qui plustost se fust jettéedans le feu que de l'attendre à venir à soy t sort de dessus son lict et de derrière sa courtine, sans autrement songer en soy ( possible le fit-elle à poste, comme il est vray ), ny eu Testât où elle estoit ; toute esperdue s'en vint auprès de ce gentilhomme à demy nue, afin de Ten garantir; à luy, bienestonné d'un tel effroy, elle luy dict Toccasion de ceste araignée , qui sçavoit bien la hayne qu^elle luy portoit. Mais il ne fut point sot , et ne courut pas à tuer Taraignée , n'estant pas là pour un Hercule à faire mourir les bestes, laissant cela à faire à ses femmes ; mais , prenant ce temps, jette ses yeux soudain sur ce descouvert, où il ne voit rien que beau et digne d'estre aymé et souhaicté. Mais le pis fut qu'il en eut autre chose que ceste belle contemplation, qui luy dura tousjours dans l'ame, maudissant que sa fortune ne fust si pareille comme de ceste reyoe à son seneschal : dont il me semble qu'elle ne debvoit user de ce mystère; car elle, estant reyne, ne debvoit que prendre Toccasion et luy assigner l'heure telle qu'il luy eust pieu , veu que volontiers ces grandes font et défont , et se dispensent comme il leur plaist , et aussy qu'à bonne volonté ne manque jamais de subject ny d'occasion; ainsyqueje liens d'une honneste dame de la cour , à laquelle un jour un gentilhomme luy disant son amour , et qu'il desiroit
fort la trouver en un lieu plus privé et secret que la chambre de la reyne, où ils estoient, la dame luy fit response: «Trouvezmoyenseulementdem'en • faire venir Tenvie; ne vous mettez point en c peine de trouver de commodité , car je vous en ctrouveray assez. » Et par ainsy ceste belle reyne , puisqu'elle en avoit la volonté , les moyens se prescntoient assez , sans feire ces cé-
rémonies ; mais possible qu^dle n^y Toidast tHer à la débordée, ains avecques plus de modestie, et ne s'en monstrer deshontée, comme j^en sçay plusieurs qui font ainsy de mesmes.
Or c'est asse? parlé d'elle. Toutesfob , advant que d'achever je veux parler du beau tumbeau d'elle et de son frère Ladislaus, qu'elle fil construire pour tous deux avant mourir, que j'ay veu à Sainct-Jehan de Garbonnara à Naples, qui est unefort belle église de religieux, en lieu haut , au bout de la ville. Le tumbeau est dessus le grand autel , et de beau et fin marbre blanc : tout au haut de la sépulture est ledict Ladislaus tout à cheval , couvert d'un manteau d'azur semé de fleurs de lys , une espée au poing, son cheval tout caparassonné de mesmes ; à ses pieds est escrit en lettre dorée :
DirUS LADKLAUS,
Dessoubs ceste statue y a un très^beau tepulchre, et un roy estendu la face en haut, avecques force dames esplorées à Tentour, et denx petits enfans qui tiennent haussé un rideau deçà et delà ; dessoubs laquelle y a une corniche avec des lettres d'or un peu mal lisibles, dont le commancement est tel :
Improba mors frairU 9 heu fraten
C'est à dire :
Ah 1 moD fk'ère! et metduuite mort de moa frère!
Et plus bas encor ledict Ladislaus et Jehanne sont assis en leurs sièges royaux , avecques leurs sceptres en la main deçà et delà : la reyne Jehanne se monstre fort belle et de grave majesté, vestue fort pompeusement soubs son manteau royal, semé de fleurs de lys; et y a près dVIle quelques autres honnestes dames vestues à I.) francoise, etàleurs pieds; etsjnt ces vers escrits:
Qui populos beUo tumidos, qui ciade tjrrannos Percuta, intrepidus victor terrâgue marigue. Lux lialum, regni splendor elarissîmui, kie est; Cui tarUo lacrxmts soror iUustrissima frairi ( Heu, Ladislaus decus alium et gtoria regum !) DefUneto puichrum dédit hoc regina Joanna. Utraque sculpta sedet ma testas uitima regum Francorum sobdes, Caroli sub origine primi,
La traduction est telle :
Celay qui , sans pear, a sobjogué par guerre les peuples les plus mutins, et ruioë les tyrans, Tictorieux par mer et par terre, la lumière des Italiens, et la splendeur esdatantc du royaume , gist icy, le roy Ladislaus , Tbonneur et la gloire des roys, à qui la soor mis-tthiitre, la reyoe Jchaime ame