ACTE I, SCÈNE XL ' i
Voilà le lévrier; prenez garde à VOUS.
LA JEUNE FILLE
C'est lui qui ma apporté de Flandre les cornettes et les engageantes que vous voyez.
ARLEQUIN
Des cornettes et des engageantes! Quand une fille est prise par la tête et pair les bras, elle a bien de la peine à se défendre ; je vous en avertis.
LA JEUNE FILLE
Je voudrois savoir de vous si... Mais... n*y a-t-il là personne?
ARLEQUIN
Non, non; parlez hardiment.
LA JEUNE FILLE. '
Je voudrois savoir si... Mais... je n^ose vous le dire.
ARLEQUIN
Ah! que de si et de mais! '
LA JEUNE FILLE
Je voudrois donc savoir si je serai mariée Cette année.
ARLEQUIN
Je ne puis pas vous dire cela bien positivement; mais je sais qu'il ne tiendra qu'à vous de vous faire passer un vernis de mariage.
LA JEUNE FILLE
Oh! fi, monsieur; le vernis me fait mal à la tête.
i66 LA FOIRE SAINT-GERMAIN,
ARLEQUIN
Pour VOUS dire cela bien purement) il £iiudroic sa voir auparavant si vqu$ été» fille.
LA JEU^C FILLE
Si je suis fille?
ARLEQUIN
Mais filie-fille. 11 y en a bien qui usurpent ce nom* là : de tous ^les titres » c es|t le plus aisé à falsifier; et telle porte un losaiage en écusson, qui pourroit en-' tourer ses armes de biei^ des cordoz^ de veuve. A la prpva* Mettez votre m^in d^nç la Boucbe dq Vérité : si vous êtes aussi fille que vous le dites, elle répoa* dra à votre demande ; in^is si vous n êtes que demifille, elle vous mordra. si fort, qu'elle ii« vous la-* chera peut-être pays de dix ans.
LA ^eunj: fille.
Qu est-ce que cVst, s'il vous plait, quune demi-» fille?
ARLEQUIN
Mais, une demi*fille , fï'est une fille qui... dans Toc* casion... Ave;^-yous jamais vu des castors?
LA JEUNE FILLE
Oui, monsieur.
ARLEQUIN
Eh bien! il y a des cai^tors et des demi^^astors. Une demi-fille, c'est comxae qui dirait un di^mi-castor; il y entre un certain... mélange, qui fait... que... Tout le monde vous dira cala. Mettez, mettez seule* ment votre main dans la Bouche de Vérité, »