‹ Œuvres complètes de Regnard (volume 2)Chapitre 151 sur 189 · SCÈNE Xllf · texte numérisé non relu

SCÈNE Xllf

ARLEQUIN, LE MUsiôlEN ITALIEN, ,

COLOMBINE

ARLEQUIN, è Colpmbim.

Parlez, n'est-il pas vr^i, belle viâonnaipe, Que TOUS s^Tes jadis cha&të dans ma Tolière?

/:OLOMfilN£.

Oui, seigneur; etcest aujound'biui .

Ce qui fait mon mortel ennui.

Lorsque jetois serin- de Canarie^ Je passois plaisamment la vie :

J'étois rhonneur de ce séjour.

Je chantois tout le Içitg du jour.

Aux opéra d'oiseaux, j avois les premiers réles : J'étois Armide, Arcabonne, Didon ; Je me pâmois en {>oudsant un fredon ; Et rien ne me manquoit, enfin, que laiparolô.* On m'a, croyant me faire un plaisir singulier, Naturalisé fille. Ah l le triste médei: !

ARLEQUIN

Vous ayez tort d'avoir tant d'amertume , La belle , autrefoisr béte à pi pme ; <

C'est un sort plein d'attraits D'être jeune fille au teint frais ; D'avoir un nez, un front. Ma foi, vous êtes folle De vouloir retourner à votre ancienne peau.

IJne fille, en tout temps, se vend mieux qu'un oiseau;

^iit LA FOIRE SAINT-GERMAII^

Je TOUS en donne ma parole.

Pour trois ou quieitre écus, j'achète le plus beau$ lilaiç en cas d'une fille , un peu fria^nd morceau , Vous n aveiQ pas grand'çhose avec une pistole.

COI4OMBINE* y

Lorsque j'étois serin, il m'en souvient encore.

Bien ne oontraignoit mes désirs :

Pe mes chants amourmix je saluois Taurore;^

J'allois sur Faile des zéphyrs,

Dès le matin caresser Flore ; Et lorsque du soleil la lumière inégale

Sur la terre, s'affoiblissoit, Sans redouter Féclat, sans craindre le scandale,

Je couchois où bon me s^nbloit.

ARI^fQtJIN.

On trouve toujours assez vite ' Quelque charitable passant Qui TOUS loge, chemin faissfht.

Fille porte toujours de quoi payer son gtte«

C0LOMBIN£.

A mon réveil, en dépit des filets,

Je voltigeois dans les forets.

Avec quelque serin du plus joli plumage :

Tantôt dans les jardins nous passions tout le jour

A gazouiller sous un feuillage.

Et nous n'interrompions jamais notre ramagie

Que par des silences d'amour.

ARLEQUIN

Ou vit de même eocor; c'est ici la coutume;

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