‹ uvres complètes de Regnard (volume 4)Chapitre 172 sur 181 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Est-ce que je rencontrerai toujours ce petit hrutal-I^ en nionciieuiin?

M. JACQUEMARD

Est-ce que vous venez à la Foire pour y donner la comédie ? Quel habit de folle avez-vous donc là ? Est-ce là l'habit d'une procureuse?

M«ne JACQUEMARD.

Procureuse , moi ? Apprenez , mon ami, que je suis la femme d'un procureur, mais queje ne suis point procureuse, et que je puis porter l'or et lar^^ent à meilleur titre que de vieilles comtesses, qui doivent encore leur habit de noce.

M. JACQUEMARDi Il n'y a pas un de ces diamants-là qui ne m'ait coûté un procès, et peut-être une fausseté.

M^^ JACQUEMARDi

Je serois bien malheureuse d'être lardée de faussetés, depuis les pieds jusqu'à la tête! mais, monsieur, consolez-vous; ces diaraants-là ne vous coûtent rien.

M. JACQUEMARD

Ils ne vous coûtent pas grand'chose non plus.

M^^e JACQUEMARD.

Comment! que voulez-vous dire? Ils ne me coûtent pas grand'chose! Je veux bien que vous sachiez queje n'ai jamais rien fait pour de l'argent.

M. J ACQUEMARD.

Tant pis, madame : il y a de certains métiers où il Vaut mieux recevoir que donner.

Tfl

Mme JACQUEMARD.

Plutôt que de censurer ma conduite, vous feriez mieux de réformer la vôtre, et de ne pas faire tous les jours le petit libertin.

M. JACQUEMARD

Je n'ai rien à réformer à ma conduite, et je souhaiterois que la vôtre fut aussi régulière dans le fond et dans la forme.

M"'e JACQUEMARD.

Cela est étrange! Ces gens de pratique ont toujours quelque petit ménage par apostille, et ils ne regardent leur femme que comme un inventaire de production.

OSIRIS

Doucement. Il n'est pas question de se disputer ici. Vous êtes venus pour voir les momies , et non pour quereller. Faites donc silence , et regardez ; vous allez voir Marc-Antoine et Cléopâtre.

Page 1