‹ uvres complètes de Regnard (volume 5)Chapitre 138 sur 200 · SCÈNE VL · texte numérisé non relu

SCÈNE VL

UN GARDE, les acteurs précédents.

LE GARDE, au commissaire.

Monsieur, la chaîne ne partira pas que vous n'v soyez.

ARLEQUIN, à Pierrot.

Tenez, lisez.

PIERROT

Moi, monsieur, vous savez bien que je n'ai appris qu'à écrire.

ARLEQUIN, à Isabelle.

Lisez donc ; je vous cède mes droits de magistrature.

PIERROT écrh.

Lequel a déclaré ne savoir ni lire, ni écrire, attendu sa qualité déjuge.

ISABELLE, lisant.

Je soussigné...

a88 LES FILLES ERr.ÂNTES.

ARLEQUIN

Un moment. Que dites-vous à cela, monsieur le fripon ?

CINTHIO

Je dis que l'on ne traite point de la sorte un homme de ma qualité.

ARLEQUIN

Ah ! mon petit compagnon, vous voulez faire le plaisant! Nous allons voir si vous aurez bon air à danser au bout d'une ficelle.

Non, monsieur le commissaire, il n'y a point de supplice assez cruel pour punir sa perfidie. A quoi le désespoir ne m'a-t-il pas réduite? J'ai quitté mes parents pour le suivre; je me suis exposée à mille hasards; car vous savez les risques que court une fille toute seule.

ARLEQUIN

Elle en court encore plus quand elle est avec quelqu'un.

ISABELLE

Je me suis mise servante dans l'auberge d'Arlequin, où j'ai caché mon nom sous celui de Claudine. Il est venu loger dans cette hôtellerie, pour son malheur et pour le mien; car enfin, il est bien dur de voir pendre ce que l'on a si tendrement aimé... Hi, hi...

( Elle pleure. )

PIERROT

Hél hé!.. (Il pleure.)

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