LE DIEU DE L HYMEN
Ayant aucunement égard à la requête de la partie de maître Cornichon , le dieu de l'Hymen a ordonné que la dame Sotinet demeurera séparée de corps et de biens d'avec son mari; quelle reprendra les vingt mille écus qu'elle a apportés en mariage; quelle jouira, dès à présent, de son douaire, étant réputée veuve, et d'une pension de trois mille livres; et, attendu la démence avérée du sieur Sotinet, nous avons ordonné qu'à la diligence de sa femme, il sera incessamment enfermé aux Petites -Maisons, ou à Saint-Lazare.
SOTINET.
Moi, enfermé! moi, à Saint-Lazare !
CORNICHON
Bon ! il y a dix ans que vous devriez y être. (On emmène le sieur Sotinet; Aurélio se découvre à Isabelle. )
ARLEQUIN
Monsieur l'Hyménée, ce n'est pas tout : vous venez de défaire un mariage ; mais il s'agit d'en refaire un autre entre Colombine et moi.
îâi^'^N.
loo LE DIVORCE.
COLOMBINE
Ahî très volontiers, à condition que Ton nous déinariera au bout de Fan.
ARLE^QUIN.
Je le veux bien; car j'ai toujours ouï dire qu'une femme et un almanach sont deux choses qui ne sont bonnes tout au plus que pour une année.