ACTE m, SCENE Iir
M. BASSINET
Quand il n'y en auroit que le f|na!t, c'est bien encore assez, de par tous les diables! une détorse!
ISABELLE
Au moins, je veux être de vos amis; et je prétends, quand vous serez marié , aller sans façon manger chez vous votre chapon.
M. BASSINET
Monsieur, vous me faites trop d'honneur; mais je ne mange jamais de volaille. A ce que je vois, vous connoissez parfaitement la demoiselle en question.
ISABELLE
Ce nest pas d'aujourd'hui que nous sommes toujours ensemble; et si vous étiez discret, je vous apprendrois quelque chose sur son chapitre, que je suis sûr que vous ne savez pas.
M. BASSINET
Oh ! vous pouvez tout dire , et compter sur ma discrétion. Vous savez que les médecins...
ISABELLE
Je passe... (Mais il faut voir si personne ne nous entend.) Je passe toutes les nuits dans sa chambre.
M. BASSINET
Dans sa chambre ?
ISABELLE
Dans sa chambre. Je vous dirai même... ; mais vous irez jaser.
M. BASSINET
Non , je me donne au diable.
ISABELLE
Cette nuit, nous avons reposé tous deux sur le même chevet. Prenez vos mesures là-dessus.
M. BASSINET
Sur le même chevet ! ensemble ?
Ensemble ; et cette nuit nous en ferons autant infailliblement. Elle ne sauioit se coucher sans moi.
M. BASSINET, à part.
Ah! ah! monsieur Brocantin, vous voulez donc m'en faire avaler !
ISABELLE
Ce que je viens de vous dire là , au moins , ne doit point vous empêcher de conclure l'affaire. Un homme bien amoureux ne s arrête pas à ces bagatelles -là.
M. BASSINET
Bon ! voilà de belles badineries ! Je ne vois pas que rien presse encore de quitter la robe et le bonnet de médecine, pour me faire coiffer de mademoiselle Isabelle. Adieu, monsieur , jusqu'au revoir. Le ciel m'a assisté : voilà un jeune homme qui m'aime
>ien.