‹ uvres complètes de RegnardChapitre 134 sur 288 · ACTE III, SCENE XII. 2i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE XII. 2i

VA LÈRE , à Hector.

Cesse de le contraindre Va, cest un malheureux qui n'est pas bien à craindre.

HECTOR, au marquis.

Quel sujet?...

LE MARQUIS, fièrement à Uector.

Votre maître a certains petits airs...

(Valère s'approche du marquis.)

(Le marquis effrayé, dit doucement.) Et prend mal à propos les choses de travers. On vient civilement pour s'éclaircir d'un doute , Et monsieur prend la chèvre ; il met tout en déroute , Fait le petit mutin. Oh ! cela n'est pas bien.

HECTOR, au marquis.

Mais encor quel sujet?

LE MARQUIS, à Hector.

Quel sujet? Moins que rien.

Laraour de la comtesse auprès de lui m'appelle...

HECTOR, au marquis.

Ah ! diable , c'est avoir une vieille querelle. Quoi! vous osez, monsieur, d'un cœur ambitieux, Sur notre patrimoine ainsi jeter les yeux ! Attaquer la comtesse , et nous le dire encore î

LE MARQUIS, à Hector.

Bon ! je ne l'aime pas ;• c'est elle qui m'adora.

VA LE RE, au marquis.

Oh 1 vous pouvez l'aimer autant qu'il vous plaira ; C'est un bien que jamais on ne vous enviera : Vous êtes en effet un amant digne d'elle :

2ii LE JOUEUR.

Je vous cède les droits que j'ai sur cette belle.

Oui , les droits sur le cœur ; mais sur la bourse , non.

LE MARQUIS, à part , mettant son épée dans le fourreau. Je le savois bien , moi , que j'en aurois raison ; Et voilà comme il faut se tirer d'une affaire.

HECTOR, au marquis.

K'auriez-vous point besoin d'un peu d'eau vulnéraire?

LE MARQUIS, à Valère.

Je suis ravi de voir que vous ayez * du cœur, Et que le tout se soit passé dans la douceur. Serviteur. Vous et moi, nous en valons deux autres. Je suis de vos amis.

VALÈRE

Je ne suis pas des vôtres.

Page 1