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gnard eut un grand succès , l'autre tomba. Le poète Gacon fit encore cette autre ép i gramme ; car il étoit l'auteur de la première :
Deux célèbres Joueurs, l'un riche et 1 autre gueux, FrétenJoient eu public donner leur caractère,
Etprétendoient si fort à plaire, Qu'ils tenoient en suspens les esprits curieux ; Mais, dès que sur la scène on vit les comédies
De ces deux écrivains rivaux,
Chacun trouva que les copies
Ressembloient aux originaux.
Ce n'est point à tort que Dufresny revend iquoit le fond de cette comédie, qu'il prétendoit que Regnard lui avoit pris. Ce dernier abusa effectivement de la confiance que Dufresny lui témoigna; et pour accélérer sa pièce, il se servit de Gacon, à qui il en fit faire la plus grande partie. Ce fut à Grillon où Regnard avoit une maison de campagne qu'il aimoit beaucoup. Il enfermoit Gacon dans une chambre ; d'où ce dernier n'avoit la liberté de sortir qu'après avoir averti par la fenèlre combien il avoit fait de vers, sur la prose dont Regnard lui donnoit le canevas. C'est de Gacon lui-même que l'on tient cette anecdote (i).
Le Distrait, comédie en cinq actes, et en vers ; donnée au théâtre francois en 1697.
Cette comédie, qui n'eut que quatre représentations dans sa nouveauté, ne fut reprise qu'en lySi ; mais elle le fut avec beaucoup de succès.
Le caractère du Distrait est copié d'après celui qui se
(1) Voyez l'avertissement en tête du joueur, où l'on réfute cette assertion, et où l'on prouve que Dufresny a eu moins de part qu'on ne se l'imagine au succès de cette comédie.
DES PIÈCES DE REGNARD. xj
Irouve dans les caractères de La Bruyère, qu'on voulolt être le portrait de M. le comte de Brancas.
Le Carnaval de Venise, opéra ou comédie-ballet, en quatre actes , musique de Campra ; représenté sur le théâtre de l'Opéra eu 1699.
DÉMOCRiTE , comédie en cinq actes, et en vers ; donnée au théâtre François en 1700.
L'unité de lieu n'est pas observée dans cette pièce , la scène changeant au second acte. Ce défaut étoit pardonnable à Alexandre Hardi, mais non à un poète qui est venu après Molière ; il auroit été fort aisé de réparer cette faute, en supprimant le premier acte, et ajoutant à l'exposition , qui ne se fait qu'au commencement du suivant, quelques vers qui auroient appris au spectateur par quelle aventure Criséis et Démocrite se trouvent à la cour d'Athènes : mais ce n'étoit pas l'intention de l'auteur ; il auroit fallu qu'il sacrifiât toutes les plaisanteries qu"il a placées dans ce premier acte, et cet acte lui étoit d'autant plus précieux qu'il n'auroit su comment y suppléer , attendu que la pièce est assez vide d'action, et ne se soutient que par le secours des scènes épisodiques (i).
Le Retour imprévu , comédie en un acte, et en prose ; donnée au théâtre françois en 1700.
Les Folies amoureuses , comédie en trois actes, et en vers, avec un prologue et un divertisseinent intitulé le Mariage de la Folie; donnée au théâtre françois en 1704.
Les Ménechmes, comédie en cinq actes, et en vers, avec un prologiu-"; donnée au théâtre françois en i'jo5.
aile fut moi, dit M. de Losme de Montchesnai , qui «raccommodai Regnard , poète comique, avec M. Des-
(1) Voyez l'avertissement de Démocrite. où l'éditeur répond à cette •:4itique.
kîj CATALOGUE, etc.
« préaux. Ils étoient près d'écrire l'un contre l'autre , et « Reg[nard étoit l'agresseur. Je lui fis entendre qu'il ne u lui convenoit pas de se jouer à son maître ; et depuis sa « réconciliation , il lui dédia ses Ménechmes. " Despréaux disoit de Regriard , qu'il n'étoit pas médiocrement plaisant.
Les Ménechmes, comédie de Rotrou, imitée de Plante, représentée en i632, n'ont pas été inutiles à Regnard pour la composition de ses Ménechmes (i).
Le Légataire universel , comédie en cinq actes, et en vers ; donnée au théâtre francois en 1708.
La fourberie de Crispin, qui dans cette pièce contrefait le moribond pour dicter vm testament, est la copie d'un fait véritable, arrivé du temps de Regnard. On a néanmoins blâmé cet auteur d'en avoir fait usage dans sa comédie. Mais Regnard a peut-être pensé que les tours d'adresse étant les sûretés des fripons, ne pouvoient être trop divulgués. L'auteur fit lui-même la critique de son propre ouvrage, en une comédie en un acte, en prose, qui fut jouée à la suite du Légataire; mais elle réussit peu.
(i) Voyez l'avertissement qui précède les MéDechmes;