SUR M AT H II R IN BÉGNIER. XIX
Du temps ny de Testât il ne faut s'affliger, Selon le vent qu'il fait l'homme doit naviger.
De retour en France, Régnier reprit ses anciennes habitudes, et huit ans après, en 1613, il mourait à Rouen, le 22 octobre, dans sa quarantième année.
Sa fin fut doublement triste : mal guéri d'une fâcheuse maladie, il voulut, en reconnaissance d'une cure qu'il croyait radicale et qu'il regardait comme merveilleuse, traiter verre en main, et dans un splendide repas, le charlatan qui l'avait opérée. Une soudaine et fatale rechute fut la suite de cette débauche.
Quelques jours après, Régnier mourait à l'hôtellerie de l'Écu d'Orléans, où il était logé.
Ses entrailles furent déposées en l'église paroissiale de Sainte-Marie de Rouen, et son corps, enfermé dans un cercueil de plomb, fut transporté à l'abbaye de Royaumont, près de Luzarches. Il avait depuis longtemps désigné pour sa sépulture ce lieu, qu'il aimait particulièrement.
Dans les dernières années de sa vie, Régnier a composé un certain nombre de poésies spirituelles. « Je souhaite, dit l'abbé Goujet, que le cœur plus que l'esprit les ait dictées. » Le vœu est d'un chrétien ; mais l'auteur de la Bibliothèque française voyait assurément comme nous dans ces pièces, dont quelques-unes, assez heureusement réussies, sont empreintes d'une certaine couleur mystique, la preuve de la flexibilité du talent de Régnier, et non la manifestation sincère d'un retour à des sentiments pieux auxquels sa vie tout entière a donné un trop éclatant démenti.
Nous avons exposé en toute sincérité quel a été notre poëte; nous avons fait à sa nature, à son éducation, à ses relations et à