XXVIII ETUDE BIOGRAPHIQUE ET LITTERAIRE
« dra les vices avec naïveté, et les vicieux fort plaisamment. « Enfin, il se fera un chemin particulier entre les poètes « de son siècle, où ceux qui le voudront suivre s'égareront « bien souvent. »
L'éloge est complet ; mademoiselle de Scudéri juge notre poëte en femme de beaucoup de sens et d'esprit ; c'est par les grands côtés de son talent qu'elle l'annonce et le signale; et sa délicatesse ne croit même pas devoir faire ses réserves ni protester contre ce que des critiques ignorants reprocheront plus tard à Régnier comme de grossières inconvenances.
Massillon, dans son Discours de réception à l'Académie française, s'exprime ainsi :
« La poésie elle-même, malgré les Marot et les Régnier, <( marchoit encore sans règle et au hasard. Les grâces de ces « deux auteurs appartiennent à la nature, qui est de tous les « siècles, plutôt qu'au leur. »
Dans une lettre à Brossette, Jean-Baptiste Rousseau, pour encourager le commentateur à poursuivre son travail sur Régnier, s'exprime ainsi:
« Vous rendrez un grand service à notre langue, dont ce o poêle est un ornement très- considérable. Aucun n'a mieux « pris que lui le véritable tour des anciens, et je suis perce suadé que M. Despréaux ne l'a pas moins étudié que Perse « et Horace. La barbarie qu'on remarque en quelques ence droits dans son style est celle de son siècle, et non pas la « sienne ; mais il a des vers si heureux et si originaux, des <c expressions si propres et si vives, que je crois que malgré « ses défauts il tiendra toujours un des premiers rangs « parmi le petit nombre d'excellents auteurs que nous con- « naissons. »
Yoilà l'opinion d'un juge dont on ne saurait nier la compétence ; et il semblerait difficile, on en conviendra, de rien ajouter à un pareil éloge.
Montesquieu, dans ses Pensées diverses, apprécie quelques-uns des grands poètes par cet ingénieux rapprochement :