VIII ÉTUDE BIOGRAPHIQUE ET LITTERAIRE
Il fut baptisé dans l'église paroissiale de Saint-Saturnin.
Son père, Jacques Régnier, notable bourgeois de Chartres, avait épousé Simone Desportes, sœur de Philippe Desportes, poëte très-justement renommé.
Jacques était, comme on dit, un très-bon mari et un excellent père ; toutefois, c'était un homme de plaisir à qui sa petite fortune permettait de mener une douce vie en partageant son temps entre sa famille et ses amis.
Un semblable partage tourne le plus ordinairement au préjudice des intérêts et de la paix domestiques, et pour la plupart des gens inoccupés, les distractions qu'ils trouvent dans des relations frivoles se convertissent bientôt en des habitudes qui deviennent nuisibles et souvent funestes au bonheur du ménage.
Pour Jacques Régnier il n'en fut pas ainsi; il sut concilier ses habitudes de plaisir avec ses intérêts de famille, et, en étendant le cercle de ses amis et en s'en constituant comme le centre, il trouva moyen d'augmenter son aisance, le bienêtre des siens et les agréments de son intérieur.
A l'époque même de la naissance de son fils Mathurin, Jacques fit bâtir, sur la place des Halles, des démolitions de la citadelle de Chartres, qui lui furent accordées aux instances de l'abbé Desportes, un jeu de paume qui eut aussitôt la vogue et lui rapporta dès la première année de notables bénéfices.
Ce jeu de paume, resté longtemps célèbre, fut connu, tant qu'il subsista, sous le nom de tripot Régnier.
De son mariage, Jacques eut deux autres enfants, un second fils, Antoine Régnier, qui devint conseiller dans l'élection de Chartres, et une fille, Marie Régnier, qui épousa Abdénago de la Palme, officier de la maison du roi.
Si le fils aîné de Jacques, si Mathurin fut poëte et illustra le nom de Régnier, la chose se lit assurément en dépit des projets et contrairement aux très-formelles intentions du maître du jeu de paume, qui le fit tonsurer de très-bonne heure, en 1582, dans le but de lui assurer la double protec-