LA FOLIE EST GÉNÉRALE
J'ay pris cent et cent fois la lanterne en la main -, Cherchant en plein midy, parmi le genre humain, Un homme qui fust homme et de faint et de mine, Et qui pust des vertus passer par l'étamine. 11 n'est coin et recoin que je n'aye tenté, 5
Depuis que la nature icy-has m'a planté : Mais tant plus je me lime, et plus je me rabote, Je crois qu'à mon ad vis tout le monde radote, Qu'il a la teste vuide et sans dessus dessouz, Ou qu'il faut qu'au rebours je sois l'un des plus fous; 10 C'est de nostre folie un plaisant stratngesme, Se flatant, déjuger les autres par soy-mesme.
Ceux qui pour voyager s'embarquent dessus l'eau Voyent aller la terre, et non pas leur vaisseau. Peut-estre, ainsi trompé, que faussement je juge. 13
Toutesfois, si les fous ont leur sang pour refuge, Je ne suis pas tenu de croire aux yeux d'autruy : Puis j'en sçay pour le moins autant ou plus que îuy.
1 Cette satire parut pour la première fois dans l'édition de 1615, avec les trois satires suivantes. Le dessein de l'auteur est de faire voir dans celle-ci que tous les hommes sont fous, et qu'en agissant contre la raison ils ne laissent pas d'agir suivant leur raison, l'e là, par l'argument des contraires, il prend occasion de louer un grand ministre d'État, qu'il ne nomme point, quoiqu'il lui adresse directement son discours. C'étoit apparemment le duc. de Sully, Maximilien de Bélhune.
2 C'est ce que faisoit Diogène, fameux philosophe d'Athènes.
Voilà fort bien parlé, si l'on me vouloit croire. Sotte présomption, vous m'enyvrez sans boire ! 20
Mais après, en cherchant, avoir autant couru Qu'aux advens de Noël fait le moine bourru *, Pour retrouver un homme envers qui la satyre, Sans flater, ne trouvast que mordre et que redire, Qui sçust d'un choix prudent toute chose esplucher, 23 Ma foi, si ce n'est vous, je n'en veux plus chercher. Or, ce n'est point pour estre eslevé de fortune : Aux sages, comme aux fous, c'est chose assez commune; Elle avance un chacun sans raison et sans choix; Les fous sont aux échets les plus proches des roys. 30
Aussi mon jugement sur cela ne se fonde ; Au compas 2 des grandeurs je ne juge le monde : L'eselat de ces clinquans ne m'esblouit les yeux. Pour estre dans le ciel je n'estime les dieux, Mais pour s'y maintenir, et gouverner de sorte 35
Que ce tout en devoir règlement se comporte, Et que leur providence également conduit Tout ce que le soleil en la terre produit.
Des hommes, tout ainsi, je ne puis recognoistre Les grands, mais bien ceux-là qui méritent de l'estre, 40 Et de qui le mérite, indomptable en vertu, Force les accidens, et n'est point abattu. Non plus que des farceurs je n'en puis fairs conte; Ainsi que l'un descend on voit que l'autre monte, Selon ou plus ou moins que dure le rollet 3, 45
Et l'habit fait, sans plus, le maistre ou le valet. De mesme est de ces gens dont la grandeur se joue : Aujourd'hui gros, enflez, sur le haut de la roue, Ils font un personnage; et demain renversez, Chacun les met au rang des péchez effacez. 50
* Voyez satire xi, note sur le vers 380.
2 A proportion, ù la mesure des grandeurs. Nous avons déjà expliqué cet ancien terme.
3 Vieux mot, pour le rôle.
SATVRE XIV. 191
La faveur ' est bizarre, à traiter indocile,
Sans arrest, inconstante, et d'humeur difficile;
Avecq' discrétion il la faut caresser 2 :
L'un la perd bien souvent pour la trop embrasser,
Ou pour s'y fier trop; l'autre par insolence, 55
Ou pour avoir trop peu ou trop de violence,
Ou pour se la promettre, ou se la dénier :
Enfin c'est un caprice estrange à manier.
Son amour est fragile , et se rompt comme un verre 3,
Et fait aux plus matois donner du nez en terre. 60
Pour moy, je n'ay point veu, parmy tant d'avancez, Soit de ces temps-icy, soit des siècles passez, Homme 4 que la fortune ait tasché d'introduire, Qui durant le bon vent ait sceu se bien conduire. Or d'estre cinquante ans aux honneurs eslevé 5, 65
Des grands et des petits dignement approuvé, Et de sa vertu propre aux malheurs faire obstacle, Je n'ay point veu de sots avoir fait ce miracle. Aussi, pour discerner le bien d'avecq' le mal, Voir tout, cognoistre tout, d'un œil tousj ours égal, 70 Manier dextrement les desseins de nos princes, Respondre à tant de gens de diverses provinces,
i La faveur est mise pour la fortune.
2 Ausone a dit, il y a longtemps, épig. vin : Fortunam reverenter habe.
5 Fortuna vilrea est : tum cum splendet, frangitur.
Publius Mimus.
Et comme elle a l'éclat du verre, Elle en a la fragilité.
Corneille, Polyeucte, acte IV, scène n.
4 11 auroit été plus régulier de dire : Pour moi, je n'ai point vu d'homme, etc.
5 Ceci ne peut guère convenir qu'au duc de Sully, lequel, étant né en 1559, s'étoit attaché dès sa jeunesse à Henri d'abord prince et depuis roi de Navarre, et ensuite roi de France, qui l'honora de sa confiance la plus intime, et le combla de biens et d'honneurs.
Estre des estrangers pour oracle tenu, Prévoir tout accident avant qu'estre advenu, Destourner par prudence une mauvaise affaire, "5
Ce n'est pas chose aisée, ou trop facile à faire. Voilà comme on conserve aveccjues jugement Ce qu'un autre dissipe et perd imprudemment, Quand on se brusle au feu que soy-mesme on attise, Ce n'est point accident, mais c'est une sottise. 80
Nous sommes du bonheur de nous mesme artisan?, Et fabriquons nos jours ou fascheux, ou plaisans. La fortune esta nous, et n'est mauvaise ou bonne, Que selon qu'on la forme, ou bien qu'on se la donne.
A ce point le malheur, ami, comme ennemy, 85
Trouvant au bord d'un puits un enfant endormy, En risque d'y tomber, à son aide s'avance, En lui parlant ainsy le resveille et le tance : Sus, badin, levez-vous; si vous tombiez dedans, De douleur vos parents, comme vous imprudens, SO
Croyant en leur esprit que de tout je dispose, Diroient en me blasmant que j'en serois la cause.
Ainsi nous séduisant d'une fausse couleur, Souvent nous imputons nos fautes au malheur, Qui n'en peut mais : mais quoy! l'on le prend à partie, 95 Et chacun de son tort cherche la garentie; Et nous pensons bien fins, soit véritable ou faux, Quand nous pouvons couvrir d'excuses nos deffauts. Mais ainsi qu'aux petits, aux plus grands personnages, Sondez tout jusqu'au fond : les fous ne sont pas sages. 100
Or, c'est un grand chemin jadis assez frayé, Qui des rimeurs françois ne fut oncq' essayé : Suivant les pas d'Horace entrant en la carrière * ,
1 Régnier avoit pourtant dit, sat. n:
Il faut suivre un senlier qui soit moins rebattu Et, conduit d'Apollon, reconnoistre la trace Du libre Juvénal : trop discret est Horace Pour un homme piqué...
Je trouve des humeurs de diverse manière,
Qui me pourroient donner subject de me mocquer : 105
Mais qu'est-il de besoin de les aller choquer?
Chacun, ainsi que moy, sa raison fortifie,
Et se forme à son goust une philosophie :
Ils ont droit en leur cause; et de la contester,
Je ne suis chicaneur, et nayme à disputer. no
Gallet * a sa raison; et qui croira son dire, Le hazard pour le moins luy promet un empire : Toutesfois, au contraire, estant léger et net 2, N'ayant que l'espérance, et trois dez au cornet, Comme sur un bon fonds de rente et de receptes, 115 Dessus sept ou quatorze il assigne ses dettes 3, Et trouve sur cela qui luy fournit de quoy 4.
1 Gallet, fameux joueur de dés, vivoit du temps de Régnier. Le commentateur de boileau, sat. vin, v. 81, a dit, sur la foi de la tradition et de Ménage dans ses Origines, que Gallet fit bâtir l'hôtel de Sully, et qu'il le perdit au jeu. C'est le duc de Sully, surintendant des finances sous Henri IV, qui avoit fait bâtir Fhôtel qui porte son nom. 11 est vrai que Gallet avoit une maison tout auprès, dans laquelle étoit un cabaret, qu'on appeloit aussi l'hôtel de tully, et Gallet la vendit pour payer ses créanciers.
2 C'est-à-dire léger et net d'argent. On dit encore familièrement léger d'argent.
5 Au jeu de la chance, ou des trois dés, les chances les plus difficiles à amener, ou qui viennent le plus rarement, sont celles de sept et de qua.orze; et quand le joueur emprunte de l'argent pour jouer, // assigne la dette, à en payer une certaine partie toutes les fois qu'il lui viendra sept ou quatorze. Boileau a désigné ce jeu, sat. iv :
Attendant son destin d'un quatorze ou d'un sept, Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet.
Régnier fait ici la peinture de deux fous, d'un joueur qui croit s'enrichir au jeu, et d'un usurier qui lui prête volontiers de grosses sommes pour jouer, parce qu'il en tire vingt pour cent d'intérêt. La raison du joueur consiste dans l'espérance de gagner ; la raison de l'usurier, dans le profit immense qu'il tire de son argent.
* C'est-à-dire, Et trouve sur cela [nu usurier) qui lui fournit
Ils ont une raison qui n'est raison pour moi lf Que je ne puis comprendre, et qui bien l'examine. Est-ce vice ou vertu qui leur fureur domine? 120
L'un, alléché d'espoir de gagner vingt pour cent, Ferme l'œil à sa perte, et librement consent Que l'autre le despouille, et ses meubles engage Mesme, s'il est besoin, baille son héritage.
Or, le plus sot d'entr'eux3, je m'en rapporte à luy, 125 Pour l'un il perd son bien, l'autre celuy d'autruy. Pourtant c'est un traffic qui suit tousjours sa route, Ou, bien moins qu'a la place, on a fait banqueroute,
de quoi. Le poëte condamne et la raison du joueur et la raison de l'usurier.
Ils ont une raison qui n'est raison pour lui.
11 ne peut comprendre leur conduite ; mais quoiqu'il la traite de fureur, il ne sait néanmoins si, à cause de la bonne foi réciproque qu'il y reconnoît, il la doit appeler vice ou vertu.
J'ai cru qu'il y avoit ici une transposition dans le texte, que le portrait de l'usurier, L'un alléché d'espoir, etc., étoit déplacé, et qu'il devoit suivre immédiatement celui du joueur, de cette manière :
Gallet a sa raison, etc.
Dessus sept ou quatorze il assigne ses dettes. L'un alléché d'espoir de gagner vingt pour cent, Ferme loeil à sa perte, et librement consent Que l'autre le despouille, et ses meubles engage, Mesme, s'il est besoin, baille son héritage, Et trouve sur cela qui luy fournit de quoy. Ils ont une raison, etc.
Des personnes fort judicieuses, et entre autres M. de La Monnoye, et M. de Saint-Fonds, qui ont pris la peine de revoir mes notes, n'ont pas approuvé ce changement, et ont trouvé que le texte étoit disposé suivant son ordre naturel, dans l'original.
* Ainsi votre raison n'est pas raison pour moi.
Corneille, le Cid, act. II, se. vi.
* C'est l'usurier qui engage ses meubles, et même ses fonds, pour trouver l'argent qu'il prête au joueur.
3 C'est encore l'usurier, parce qu'il perd véritablement son bien, au lieu que le joueur ne perd que celui d'autrui.
Et qui dans le brelan * se maintient bravement,
N'en desplaise aux arrests de nostre parlement2. 130
Pensez-vous, sans avoir ses raisons toutes prestes, Que le sieur de Provins persiste en ses requestes, Et qu'il ait, sans espoir d'estre mieux à la court 3, A son long balandran changé son manteau court, Bien que, depuis vingt ans, sa grimace importune 155 Ait à sa défaveur obstiné la fortune?
Il n'est pas le Cousin4 qui n'ait quelque raison. De peur de réparer, il laisse sa maison; Que son lict ne défonce, il dort dessus la dure; Et n'a, crainte du chaud, que l'air pour couverture : 140 Ne se pouvant munir encontre tant de maux Dont l'air intempéré fait guerre aux animaux, Comme le chaud, le froid, les frimas et la pluye, Mil autres accidens 5 bourreaux de nostre vie;
1 On lit brelan dans la première édition de cette satire, 1613, et c'est ainsi qu'il est dans Nicot, imprimé en 1606. Les éditions de 1616 et 1617 portent barlan, mot que je n'ai point vu ailleurs. 11 y a berlan dans toutes les éditions suivantes ; mais l'on ne dit plus que brelan, qui s'entend ici de ces académies où l'on s'assemble pour jouer aux cartes et aux dés.
2 Peu de temps avant que Régnier publiât cette satire, le roi Louis XIII avoit donné deux déclarations portant défenses de tenir brelans: l'une du 30 mai 1611, vérifiée au parlement le 23 juin suivant ; et l'autre du 20 décembre 1612, aussi vérifiée le 24 janvier 1613. Le 13 juin 1614, le parlement rendit encore un arrêt solennel, pour réitérer les défenses de tenir des brelans et académies.
5 Le sieur de Provins, pour se donner l'air d'un homme d'épée, avoit changé son manteau court en un long balandran, tel que les gens de guerre en portoient ; car le balandran étoit une espèce de manteau ou de surtout. Boileau, en citant cet endroit dans son Discours sur la satire, a pris le sens de Régnier à rebours.
* Autre fou, ainsi nommé, parce que, parlant de Henri IV, il disoit, Le roi mon cous'in : en quoi il ressembloit à Triboulet, qui cousinoit François I", comme on voit, p. 212 du Recueil des plaisantes nouvelles, imprimé à Lyon, l'an 1555.
5 Toutes les éditions portent : Et mille autres accidens. Mais ce demi- vers a une syllabe de trop ; c'est pourquoi, dans l'édition
Luy, selon sa raison, souz eux il s'est soumis, 145
Et, forçant la nature, il les a pour amys.
Il n'est point enrummé pour dormir sur la terre;
Son poulmon enflamé ne tousse le caterre;
Il ne craint ny les dents, ni les défluxions,
Et son corps a, tout sain, libres ses fonctions. 150
En tout indifférent, tout est à son usage,
On dira qu'il est fou; je croy qu'il n'est pas sage;
Que Diogène aussi fust un fou de tout point,
C'est ce que le Cousin, comme moi, ne croit point.
Ainsi ceste raison est une estrange heste : 155
On l'a bonne selon qu'on a la bonne teste,
Qu'on imagine bien, du sens, comme de l'œil,
Pour grain ne prenant paille, ou Paris pour Corbeil.
Or, suivant ma raison et mon intelligence, Mettant tout en avant, et soin, et diligence, 160
Et criblant mes raisons pour en faire un bon chois, Vous estes à mon gré l'homme que je cherchois. Afin doncq' qu'en discours le temps je ne consomme, Ou vous estes le mien, ou je ne veux point d'homme, Qu'un chacun en ait un ainsi qui luy plaira. 105
Josette, nous verrons qui s'en repentira. Un chacun en son sens selon son choix abonde. Or, m'ayant mis en goust des hommes et du monde, Réduisant brusquement le tout en son entier, Encor' faut-il finir par un tour du mestier *. 170
On dit que Jupiter, roi des dieux et des hommes,
de 1642 et dans les trois suivantes, on a mis : Et mille autre accidens, pour conserver la mesure du vers, aux dépens des règles de la grammaire. La syllabe et étant ici de trop, il est visible qu'il faut lire: Mille autres acc'dens, ou plutôt ml, comme l'auteur l'avoit écrit.
i Par un trait de satire. Cela fait comprendre que la fable allégorique qui suit, deMinos et de Tantale, indiquoit deux personnes de la cour, dont celle qui étoit déguisée sous le nom de Minos étoit sans doute le sage ministre à qni Régnier adresse cette satire.
Se promenant un jour en la terre où nous sommes,
Reçut en amitié deux hommes apparens,
Tous deux d'âge pareils, mais de mœurs différens * :
L'un avoit nom Minos, l'autre avoit nom Tantale2. 175
Il les eslève au ciel; et d'abord leur estale,
Parmy les bons proposées grâces et les ris,
Tout ce que la faveur départ aux favoris :
Ils mangeoient à sa table, avaloient l'ambrosie5,
Et des plaisirs du ciel soùloient leur fantaisie; 180
Ils estoient comme chefs de son conseil privé;
Et rienn'estoit bien fait qu'ils n'eussent approuvé.
Minos eut bon esprit, prudent, accort et sage4,
Et sceut, jusqu'à la fin, jouer son personnage :
1 Édition de 1645 :
Tous deux d'âge pareils, mais d'humeurs différents.
4 M'.nos, fds de Jupiter et d'Europe, donna des lois aux peup es de Crète, dont il étoit roi, et les gouverna avec tant d'équité qu'on a feint qu'il avoit été établi juge des enfers.
Tantale, autre fils de Jupiter, et roi de Phrygie, qui fut chassé du ciel pour avoir révélé aux hommes les secrets des dieux. Dans les enfers il souffre une faim et une soif continuelles, au milieu des eaux et des mets les plus exquis.
3 Niande exquise, qui, selon les anciens, étoit la nourriture de leurs dieux. Régnier semble ici prendre l'ambrosie pour une liqueur. Athénée produit deux passages, l'un de Sapho, l'autre d'Anaxandride, par où il paroît que l'ambrosie est prise pour la boisson des dieux. Alcman est cité au même endroit, touchant le nectar pris pour leur viande ; d'où il s'ensuivroit que l'ambrosie seroit leur breuvage. Aussi Muret, sur le dixième sonnet du I" livre des Amours de Ronsard, dit que le nectar et l'ambrosie se prennent l'un pour l'autre par les poètes. Cependant Homère a distingué fort nettement l'ambrosie du nectar. Odyssée, liv. V, v. 92.
* Pour confirmer le parallèle de Minos et du duc de Sully, on peut mettre ici ce que dit Moréri ; que ce seigneur mourut avec l'é.'oge d'avoir é!é bon gentilhomme, sage, discret, et très-exact à tenir ce qu'il avoit promis : éloge qui lui avoit été donné par l.enri IV, dans une lettre que ce roi lui écrivit de sa main, le 10 avril 1603. Mém. de Sully, part. II, chap. xv, p. 245.
Accort, liant, souple, docile, avec qui on peut traiter aisément.
L'autre fut un langard, révélant les secrets 4 m
Du ciel et de son maistre aux hommes indiscrets. L'un, avecques prudence, au ciel s'impatronise; Et l'autre en fut chassé comme un péteux d'église2.
1 Voy. plus haut la note sur Tantale.
Quaerit aquas in aquis, et poma fugacia captât Tantalus : hoc illa garrula lingua dédit.
Ovide, Amor., lib. II, eleg. n, v. 45. Sic aret mediis taciti vulgator in undis.
Ovid., Amor., lib. III, eleg. vu.
Si, dis-je, cette dame Elise, Comme de vrais péteurs d'église, Les eût chassés de son état.
Scarron, Virgile travesti, liv. I.
NOUVELLES REMARQUES
Vers 17 el 18. Je ne suis pas tenu de croire aux yeux (Vautruy; Puis j'en sçay pour le moins autant ou plus que luy; la relation établie entre les deux pronoms luy et autruy produit ici une certaine obscurité; luy et tous les pronoms personnels ne doivent être mis en rapport qu'avec un mot pris dans un sens déterminé.
Vers 21. Mais après, en cherchant, avoir autant couru; la préposition, séparée de son complément par en cherchant, rend le vers dur; cette construction d'ailleurs est contraire aux habitudes de notre syntaxe.
Vers 56. Que ce tout en devoir règlement se comporte, c'est-à-dire la totalité des choses créées, l'univers.
Vers 47. De mesme est de ces gens, etc.; il en est de même de ces gens, etc.
Vers 74. Prévoir tout accident avant qu'estre advenu. Avant qu'il soit advenu serait plus clair et plus exact.
Vers 111, 112. Et qui croira son dire, le hazard pour le moins i.uy promet, etc. A cette construction vive et rapide, la grammaire a substitué celle-ci qui est beaucoup plus claire et plus correcte : à qui croira, le hasard promet, etc.