SUR MATHUR1N REGNIER. XIII
de sa faiblesse, de ses mauvais penchants, de ses habitudes vicieuses, et se déclare tout à la fois coupable et impénitent.
Mais avec une raison qui discerne si nettement le bien et le mal, comment sa nature et ses mœurs se sont-elles à ce point dépravées que toute réhabilitation lui semble impossible, qu'il persévère à clore l'œil à son bien, et que chaque jour il s'engage plus avant et avec plus d'obslinalion dans les voies du vice?
Cela est au moins étrange et semble tout d'abord difficile à comprendre; mais si l'on songe à la première éducation de Régnier, et au milieu dans lequel, tout jeune, il fut jelé en arrivant à Paris, tout alors s'explique.
Exposons les faits.
Après avoir achevé ses études, Régnier tonsuré depuis longtemps et pourvu presque aussitôt d'un canonicat qu'il obtint par dévolu, mais dont il ne prit possession que vingt ans plus tard, en 1604, fut obligé de rentrer, pour vivre, dans la maison de son père. Il y trouva la table et le logis sans plus; installé dans sa famille, comme un voyageur dans une auberge, il ne voyait habituellement les hôtes qu'aux heures de repas. Les soins du ménage ne laissaient pas à sa mère le moindre loisir pour s'occuper de lui, et la direction du jeu de paume réclamait trop assidûment la présence de son père, pour que celui-ci pût exercer une utile surveillance sur la conduite de Mathurin; il fut donc abandonné à lui-même, il
Vécut sans nul pensement, Se laissant aller doucement A lu bonne lo\ naturelle...