‹ Œuvres complètes de RollinChapitre 10 sur 33 · Tome r. Bist. ane · texte numérisé non relu

Tome r. Bist. ane

aïO HISTOIRE AirCIEirNE.

grecque, née et nourrie dans la liberté, dont le senu ment n'était point éteint en eux, mais simplemen endormi, ils se réveillaient de temps en temps de c sommeil léthargique, rompaient leurs chaînes, et s'ei servaient, s'il est permis de s'exprimer ainsi, pour tue et assommer ces maîtres injustes qui les avaient mi aux fers.

Pour peu qu'on fasse d'attention sur toute la suiu de l'histoire des Syracusains, on voit aisément qu'ili n'étaient point capables de porter ni une liberté entière, ni une entière servitude '. Ainsi l'habileté et la politique de ceux qui les gouvernaient consistaient à faire prendre au peuple un sage milieu entre ces deux extrémités, en paraissant le laisser maître des résolutions, et ne se réserver que le soin de lui en montrer l'utilité et de lui en faciliter l'exécution. Et c'est à quoi réussirent merveilleusement les magistrats et les rois dont j'ai parlé, sous le gouvernement desquels les Syracusains furent toujours tranquilles et paisibles, obéissants au prince, et parfaitement soumis aux lois. C'est ce qui me fait conclure que les troubles et les révolutions de Syracuse arrivaient moins par la légèreté du peuple que par la faute de ceux qui le gouvernaient, à qui manquait l'art de manier les esprits et de gagner les cœurs, qui est proprement la science des rois et de tous ceux qui commandent.

> « Impenturua es hominibus sunt^ nec totam liberutem. » (l^c ^ni nec totam •crritutem pati pos- Hitt. lib. r. )

PERSES ET GAECS. 311

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