AT.J.G3S
ruine totale et prochaine. Ce fut pour-lorsqu'Aioyntas, ABschm. de dans une assemblée des Grecs où il avait envojfé son p. 40^**' député, s'engagea à se joindre à eux pour rendre maîtres d'Ampfaipolis les Athéniens, à qui il déclara qu'elle appartenait de droit. Cette liaison étroite dura encore , après sa mort , avec la reine Eurydice , sa veuve , comme on le verra bientôt.
Philippe, Fun des fik d'Amyntas, vînt au monde la av.m.36!ix. même année que ce prince déclara la guerre aux Olyn- ^''•^•^•^^• tliiens. C'est le père d'Alexandre- le -Grand : car on ne peut mieux le définir que par un tel fils, comme Cicéron ' le dit du père de Caton d'Utique.
Amyntas mourut, après avoir riégné vingt-qiiatre AN.M.Sôao. ans. Il laissa trois en&nts légitimes^ qu'il avait eus ^""'^^^j^?^d'Eurydice, Alexandre, Perdiccas, Philippe, et un fils ?l^„rK?; naturel appelé Pêalémée^ c. 4-
Alexandre, par le droit d'aînesse, succéda à son père. Il eut, dès le commencement de son règne, une rude guerre à easuyer contre les Illyriens^ voisins et ennemis perpétuels de la Macédoine. S'étant accommodé avec eux par un traité de paix, il r^ait entre leurs mains, pour otage, Philippe son frère cadet, encore enfant, qui lui fut bientôt renvoyé. Alexandre ne régna qu'un an 5.
Le trône appartenait de droit à Perdiccas son frère, An.m.363o. devenu l'aîné par sa mort; mais Pausanias, prince de Aksch.dl ' la fiimille royale, qui avait été exilé, le lui disputa, et ^.^i^,^!^^'.
' « M . Cato lententiaiii dixit , hu- * Amyntas était monté sur le tr6ne
JUS nostri Gatonis pater. Ut enim cas- en 394 : sa mort doit être de Tannée
teri ex patribus , sic bic , qui lumen 370. — L.
fllad pfogennit , ex filio est nomi- 3 q Ai| assassiné au retour de son
nandos. » (CiG. de Offic. lib. 3, expédition en Thessalie. — L. n. 66.)
il était soutenu par un grand nombre de Macédoniens. Il commença par s'emparer d% quelques places fortes. Heureusement pour le nouveau roi, Iphicrate pour-lors se trouva dans cette contrée, où les Athéniens Tavaient envoyé avec une petite flotte, non encore pour assiéger Aniphipolis, mais pour reconnaître les lieux et préparer tout ce qui était nécessaire pour ce. siège. Eurydice, ayant appris son arrivée, le pria de venir chez elle , dans le dessein d'implorer son secours contre Pausanias, Quand il fut entré dans le palais et qu'il se fut assis, cette reine désolée, pour émouvoir davantage . sa pitié, pi'end ses deux enfants, Perdiccas et Philippe ', met le premier entre les bras , et l'autre sur les genoux dlphicrate, et pour- lors lui tient ce discours : «clphi- (c crate, souvenez- vous qu'Amyntas, père de ces mal- (( heureux orphelins, aima toujours votre patrie et vous (c adopta pour son fils. Ce double lien vous impose une , (( double obligation. L'amitié de ce roi pour Athènes « veut que vous nous reconnaissiez publiquement pour c( vos amis, et la tendresse de ce père pour votre perce sonne vous demande un cœur de frère pour ces jeunes tf princes.» Iphicrate, touché du spectacle et du discours, chassa l'usurpateur et rétabUt le souverain légitime. Plut, in Pe- Perdiccas^ne fut pas long -temps tranquille. Lu nouvel ennemi, plus redoutable encore .que le premier, troubla bientôt son repos : c'était Ptolémée son frère « que nous avons dit être fils naturel d'Amyntas. Peut-
' Philippe aloi'9 n'avait pas moins avec le récit d^Eachlne, qui, êtâni
de neuf ans. contemporain, est plus digne de fuî.
* Phitarque suppose que ce fut JTaî donc cru pouvoir substîtort
Alexandre k qui Ptolémée disputa Perdiccas À Alexduidre.
lop. p. 392.
Tempire : ce qui ne peut ft^accorder
PERSES BT GRECS. 373
être était-il l'aîné , et prétendait-il qu'en cette qualité il devait régner; Les deux frères s'en rapportèrent au jugement de Pélopidas, général des Thébains, plus respecté encore pour sa probité que pour sa bravoure. Il prononça en faveur de Perdiccas ; et, ayant cru devoir prendre des assurances de côté et d'autre pour faire observer les articles du traité accepté par les deux concurrents, entre les autres otages, il emmena avec lui Philippe à Thèbes % où il demeura pendant plusieurs années. Il avait alors dix ans. Eurydice, en quittant ce cher enfent , recommanda instamment à Pélopidas de lui procurer une éducation digne de sa naissance et digne de la ville où il allait être conduit. Il le remit entre les mains d'Épaminondas , qui avait chez lui un célèbre pythagoricien pour élever son fils *. Philippe profita bien des leçons de ce philosophe, et encore plus de celles d'Épaminondas, qu'il accompagna sans doute dans quelques campagnes, quoiqu'il n'en soit point parlé. Il ne pouvait avoir un plus excellent maître, soit pour le métier de la guerre , soit pour la conduite de la vie : car cet illustre Thébain était en même temps et grand philosophe, c'est-à-dire homme sage et vertueux, et grand capitaine, et grand homme d'état. Philippe se faisait honneur d'avoir été son disciple et son élève, et se le proposait pour modèle; heureux s'il avait su le copier parfaitement ! Peut-être prit-il de lui son activité à la guerre et sa promptitude à profiter des
'«ThebUtriennîoobsethabitus, lib. 7, c. 5.) PhiUppe demeuca à
prima imeritiae radimenta in urbe Tbèbe», non trois ans seulement ,
Mveriutis andqua, et in domo mais neuf mi dix. Epaminondœ smumi et pbilosopbi > U se nommait Nausithoûs. — L. *
et ifflperatoris , deposuit. >* ( Justin.
374 HISTOIRE AICCIElfNE.
occasions^ ce qui n'était qu'une petite partie du méritp de ce grand personnage : mais, pour sa tempérance, sa justice, son désintéressement, sa bonne foi, sa magnanimité, sa clémence, qui le rendaient véritablement grand, c'étaient des vertus que Philippe n'avait point reçues de la nature, et qu'il n'acquit point par l'imitation.
Thèbes ne savait pas alors qu'elle formait et nourrissait dans son sein le plus dangereux ennemi de la Diod. 1. 16, Grèce. Après qu'il y eut passé neuf ou dix ans, ta noujuîim^7*7, velle. d'une révolution arrivée en Macédoine loi fit cap. 5. prendre la résolution de sortir furtiveme^^t de Thèbes. Il se dérobe, il accourt, trouve les peuples consternés d'avoir perdu leur roi Perdiccas, tué dans un grand combat contre les Illyriens , et ^lus encore de se voir autant d'ennemis que de voisins. Les Illyriens étaient sur le point de rentrer dans le royaume avec de plus grandes forces : les Péoniens l'infestaient par des courses continuelles : les Thraces prétendaient placer sur le trône Pausanias, qui n'avait pas renoncé à ses prétentions : les Athéniens portaient Argée, que leur général Mantias avait ordre de soutenir avec une bonne flotte et avec un corps de troupes considérable. La Macédoine alors avait besoin d'un homme, et elle n'avait qu'un enfant dans Amyntas, fils de Perdiccas, héritier légitime de la couronne. Philippe gouverna quelque temps sous le nom de tuteur du jeune prince; mais bientôt les sujets, justement alarmés, .pour se donner l'oncle, déposèrent le neveu; et, à la place de l'héritier que la nature appelait, ils mirent celui que demandait -la conjoncture, se persuadant que la nécessité a ses lois, qui dérogent à toutes les autres. Philippe monta
sur le trône la première année de la io5^ olympiade. Av. m. 3644. il avait alors vingt-quatre ans. Diod. 1. 16,
Le nouveau roi, sans s'étonner, se hâta de remplir p-*®7-^»3. l'attente publique. Il pourvoit et remédie à tout, relève les courages abattus, rétablit et discipline les troupes* Il fut d'une fermeté invincible sur ce dernier point, sa* AEiUn.i.i4. chant que tout le succès de son entreprise en dépendait. ^^' Un soldat pressé de la soif sortit des rangs pour la soulager : il le* fit châtier rudement. Un autre qui devait se tenir sous les armes les posa : il le punit de mort sans miséricorde.
Dès-lors il établit la phalange macédonienne, qui devint depuis si.fanwise , la meilleure et la mieux disciplinée qu'on eût vue jusque-là, et qui pouvait le disputer aux Grecs de Marathon et de Salamine. On dit qu'il en forma le plan, ou du moins le perfectionna, sur l'idée qu'il en avait prise dans Homère. Ce poëte lUad. i3, peint l'union des chefs grecs sous l'image d'un bataillon dcMit les soldats 9 par la jonction de leurs boucliers, forment un corps impénétrable aux traits de l'ennemi. Je croirais plutôt que Philippe forma l'idée de la phalange sur les leçons d'Épaminondas et sur la cohorte sacrée des Thébaîns. Il traitait avec distinction ces fantassins d'élite, les honorait du nom de ses camarades ' , et par cette marque d'honneur et de confiance les engageait à supporter sans murmure les plus rudes Ëitigues , et à affconter sans crainte les plus grands dangers. Ces sortes de familiarités coûtent peu au souverain, et lui valant beaucoup. J'insérerai à la fin de ce paragraphe une description plus étendue de la pha-
' mi^ÎToupoc si^niiie , mot i mot , camarade fantassin.
lange et de l'usage qu'on en faisait dans les bataiU • Je tirerai de Polybe cette description, dont la longueur couperait trop ici l'histoire, mais qui, placée hors d'œuvre, pourra faire plaisir, sur-tout par les judicieuses réflexions d'un homme aussi habile dans le métier de la guerre qu'était cet historien.
Un des premiers soins de Philippe fut de négocier une paix captieuse avec les Athéniens, dont il redoutait la puissance, et qu'il ne voulait point s'attirer sur les bras dans le commencement d'un règne encore mal affermi. Il envoie donc des ambassadeurs à Athènes, n'épargne ni les promesses ni les protestations d'amitié, et vient à bout de conclure^) traité dont il sut faire tout l'usage qu'il s'était proposé.
Aussitôt après on le voit agir bien moins en it>î de vingt-quatre ans qu'en politique consommé dans Fart de la dissimulation, et qui, sans le secours de l'expérience, comprenait déjà que savoir perdre à propos Poiysen^tra- <^'^st gagner. Il s'était emparé d'Amphipolis, ville située ^^'Hi^y^' sur les confins de son royaume, et par conséquent fort à sa bienséance. Il ne pouvait la garder non-seulement sans trop affaiblir son armée, mais encore sans irriter les Athéniens, qu'il avait intérêt de ménager, et qui la revendiquaient comme leur colonie. D'un autre côté, il ne voulait pas céder à ses ennemis une clef de ses états. Il prend donc le parti de la déclarer libre, en lui permettant de se gouverner en république; et de la mettre ainsi aux mains avec ses anciens maîtres. En même temps il désafme les Péoniens à force de présents et de promesses, se réservant à les attaquer ensuite, après qu'il aurait désuni ses ennemis, et qu'il les .aurait affaiblis par cette désunion.
Cette souplesse, cette dextérité, raffermirent sur le trône, (st bientôt il se trouva sans concurrents : il ferme rentrée du royaume à Pausanias; puis marche contre Argée, l'atteint sur le chemin d'Ége à Méthone, le défait^ lui tue bien du monde, et fait beaucoup de prisonniers; attaque les Péoniens, et les réduit sous son obéissance; tourne ensuite ses armes contre les Ulyrittns, les taille en pièces, et les oblige de lui restituer toutes les places qu'ils occupaient en Macédoine.
A peu près dans ce même temps-là, les Athéniens ah.m.3646. montrèrent beaucoup de générosité à l'égard des habi* ^^'^-C-as». tants de l'Eubée. Cette île, que l'Ëuripe séparait de la Béotie, fut ainsi appelée à cause de ses grands et beaux pâturages. Elle se nomme aujourd'hui Négrepont. Les Athéniens l'avaient eue sous leur domination, et ils yeu.Paterc. avaient établi des colonies dans ses deux principales xbuCTd.t 8 villes, Érétrie et Chalcide. Thucydide dit que, dans la p*^'^guerre du Péloponnèse, la révolte de l'Ëubée consterna les Athéniens, parce qu'ils en retiraient plus que de FAttique. Depuis ce temps-là l'Eubée fut en proie aux factions. Dans celui dont nous parlons, l'une de ces Demonth. factions réclama le secours de Thèbes^ et l'autre celui P^ctesiph. (V Athènes. Les Thébains d'abord ne rencontrèrent point ^»<'^in. (1 obstacle, et firent sans peine triompher leur faction. »ipi».p. 44». A l'arrivée des Athéniens tout changea de face. Quoique fort mécontents de l'Eubée, qui leur avait fait plusieurs outrages, touchés de l'extrême danger où elle se trouvait, et oubliant leur ressentiment particulier, ils la secoururent si promptement par terre et par mer, que, dans l'espace de peu de jours, ils obligèrent les Thébains de se retirer. Alors, maîtres absolus de l'île, ils rendirent aux habitants leurs villes et leur liberté , per-
378 HISTOIRE AirCIEirNE. '
suadë$% dit Eschine en leur faisant ce récit^qvi'eii bonne j justice il ne faut point se souvenir des anciennes injures quand l'offenseur se fie à l'offensé. Les Athéniens, après avoir rétabli le calnte dans FEubée, se retirèrent, sans vouloir d'autre fruit de leurs travaux ipie la gloire d avoir réussi à pacifier cette île.
Ils ne se conduisirent pas toujours de la même sorte à l'égard des autres peuples ; et c'est ce qui donna lies ABr.M.3&)6. à la Guerre des AUies^ dont j'ai parlé ailleurs.
Jusqu'ici Philippe, dans les pr^nières années de son règne, s'était occupé à écarter ses concurrents pour le trône, à pacifier les divisions domestiques, à repousser le^ attaques des ennemis du dehors , et à les mettre hors d'état, par ses fréquentes victoires, de le venir troubler dans la possession de son royaume.
Il va maintenant paraître sous un autre caractère. Sparte et Athènes, après s'être long- temps dispute l'empire de la Grèce, s'étaient affiûbhes par leurs mutuelles rdivisions. Cet affaiblissement avait donné oocasion à Thèbes de s'élever à la première autmte; et Thèbes, s'étant a£Eadblie elle-même par ses guerres contre Sparte et Athènes, dcmna lieu* à Philippe d'affecter à son tour l'empire de la Grèce. Maintenant donc, en qualité de politique et de conquérant, il songe à étendre ses frontières, à assujettir ses viMsins, à affaiblir ceux qu'il ne peut encore dompter; à entrer dans les affaires de la Grèce, à prendre part à ses querelles intestines, à chercher à s'en rendre l'arbitre, à s'unir aux uns pour accabler Içs autres, afin de devenir le maître de tous. Dans l'exécution de ce grand dessein.
PEUSES ET CKECS. 379
il n'épargne' ni les rases , ni la force des armes, ni les présents, ni les promesses. Négociations, traités,. al-» liances, tout est mis en œuvre. Il emploie chacun de ces moyens selon qiiW le juge le plus propre au succès de son projet : l'utilité seule en règle le choix.
On le verra toujours agir, sous ce second caractère, dans toutes les démarches qui vont suivre ; jusqu'à ce qu'enfin il prenne un troisième et dernier caractère, qui est celui de se préparer à attaquer le grand-roi de Perse, et à se rendre le vengeur de la Grèce en renversant un empire qui l'avait voulu subjuguer autrefois, et qui en était toujours demeuré l'ennemi irréconci* liable par des attaques ouvertes ou par de secrètes intrigues.
On a vu que Philippe, au commencement de son règne, s'était déjà emparé d'Âmphipolis, parce qu'elle était ibrt à sa bienséance ; mais qu'afin de ne la pas rendre aux Athéniens, qui la revendiquaient comme une de leurs colonies, il l'avait déclarée ville libre. Dans le temps oii nous sommes, ne craignant plus si fort les obstacles de la part d'Athènes, il reprit son ancien dessein de s'emparer d'Amphipolis. Les habitants, Demostii. menacés d'un prompt siège, envoyèrent aux Athéniens p^. j/' des ambassadeurs pour leur offrir de se remettre eux et leur ville sous la protection d'Athènes, et pour les prier d'accepter les clefs d'Amphipolis. Ils rejetèrent cette offre, de peur de rompre la paix conclue avec Philippe Tannée précédente. Celui-ci ne fut pas si déli- akTm.3646. cat. Il assiégea et prit Amphipolis à la faveur des intel- DrJLp.*4ia! ligences qu'il avait dans la ville, et en fit une des. plus fortes barrières de son royaume. Démosthène, dans ses harangues, reproche souvent aux Athéniens cette non-
38o HISTOIRE ANCIEirirE.
chalance, en leur représentant que, s'ils avaient usé àe diligence pour- lors comme ils devaient, ik auraient sauvé une ville alliée, et se seraient épargné à euxmêmes bien des maux.
Djod.p.4x2. Philippe avait promis de remettre ÂmpJiipolis entre les mains des Athéniens, et il les avait endormis par cette promesse ; mais il ne se piquait pas d exactitude à garder sa parole, et la bonne foi n'était pas sa vertu. Loin de leur rendre cette place , il s'empare encore de Pydne ' et de Potidée ^. Les Athéniens avaient une garnison dans la dernière; il la renvoya sans la maltraiter, et céda cette ville aux Olynthiens pour se les attacher.
id. p.4i3. De là il vient occuper Crénides, que les Thasiens avaient bâtie depuis deux ans, et qu'il appela dès -lors de son nom Philippes. C'est près de cette ville, célèbre depuis par la défaite de Brutus et de Cassius, qu*il ouvrit et fouilla des mines d'or, qui chaque année lui rapportaient plus de mille talents ^ , c'est-à-dire plus de trois millions, somme très -considérable pour ces temps -là. Ainsi l'argent roula bien plus qu'auparavant en Macédoine, et Philippe y fit battre le premier à s(hi nom la monnaie d'or^, qui dura plus que sa monarchie. La
* Pydne, ville de Macédoine, si- ReuuKt «cceptoi , recale B«mU«a,Pkaipf»*
tuée sur le golfe appelé ancienne- (Ho^at. I. »,£/«». ^^HjMr.[|^. i,
ment sinus thermaicus, et mainte- '**...
nant solfo ai Sahntchi. «r ^ ,^. ^ ^
> Potidée y autre ville de Macé- (Plavt. »■/>««.)
doine, sur les confins d« Tancienne = Les Romains frappèrent trc»-
Thrace. Elle n'était éloignée d'O- peu de monnaie d*or avant Jnlei^
lynthe que de 60 stades , ou trois César ; ils se servaient des Philip
lieues. pes , qui furent apportés i Rome en
^ 5,5oo,ooo francs. — L. grande abondance, k Tcpoqne des
4 Gnta. AleMiKlro rt^i Magno fuit Ule guerres de Macédoine ( Voyei me»
Chœiila*. inculiit qui versibo* et m»]è Considérations SUT hs monnaies gnc-
»■*'* ques et romaines , p. 7a). — L. '
PERSES ET CAEGS. 38 f
supériorité des finances donne de grands avantages. Personne ne les connut mieux que lui et ne les négligea moins. U entretint de ce fonds un puissant corps de troupes étrangères^ et s'acquit des créatures presque dans toutes les villes de la Grèce.
Démosthène dit que dans les beaux temps de la Grèce PbUipp. 3 , On mettait Vor et V argent au nombre des armes de- ^ " ^^* fendues. Philippe pensait, parlait et agissait tout au- Suidav trement. On a prétendu que l'oracle de Delphes , qu'il consultait, lui répondit un jour-:
Sers-toi d'armes d'argent, et tu dompteras tout *.
Le conseil de la Pythie devînt sa règle y et il s'en trouva bien. Il se vantait d'avoir emporté plus de places par Içs largesses que par les armes. U n'enfonçait jamais une porte qu'il n'eût tâché de l'ouvrir, et ne reconnaissait point pour imprenable toute forteresse où pouvait moQter un mulet chargé d'aogent. On a dit de lui qu'il était plus marchand que conquérant^; que ce n'était point Philippe, mais son or, qui subjuguait la Grèce ^; et qu'il en acheta les villes plutôt qu'il ne les fiorca. U avait des pensionnaires dans toutes les républiques de la Grèce, et tenait à ses gages ceux qui y avaient le plus de pat't aux affaires. Aussi il
' ÂpyUpiaïC Xo'yx*'** f^axOU , xai PeUaeo libert«9 conctdit auro.
irsvTaxivnfftK. [on vimnott;, ^ (XV, a 68,] —L.
Diogenian. Centur. II , 8 1 . ] 3 Diffidit hosUum
Portas vît Macedo , at gMbriiit amulot
Reges maneribas.
(HoaâT.l. 3,od. i6[t. i3]. )
a Callidns eaipior Oljrnihi.
(Jot.[X1I,47-J:
m PhilippiAs majore ex parte mer cator Grccic, quim vîctor. » ( Val. = Le» éditions de Rollin portent
Max. lib. 7 , cap. 2.) hostitan, Cest une faute; il faut lin:
= Claudien dit également : urbhim. — L.'
SHa HISTOIEE ANCIEirirE.
s'applaudissait moins du succès d'une bataille que de celui d'une négociaticm, où il savait bien que ses généraux ni ses soldats n'avaient rien à prét^hre.
Philippe avait épousé Olympias, fille de Néoptolènie. Celui «ci était fils d'Alcétas, roi des Molosses ou d'Épire. £Ue eut de ce mariage Alexandre, surnommé le Grande qui vint au monde à Pella, capitale de la Macédoine, la première année de la io6^ olym- Air.M.3648. piade. Philippe, alors absent de son royaume, ^q^rit piut.il> Alex, en même temps, si l'on en croit Plutarque ' , trois nou* jiMtm.i. lâ, velles bien agréables pour lui : qu'il avait été couronné ^pi'al.' dans les jeux olympiques; que Parménion, l'un de ses "* p.^i*3*7^*^ généraux, avait remporté une grande victoire contre les Illyriens; et qu'il lui était né un fils. Ce prince, effrayé d'un si rare bonheur, que les païens croyaient annoncer souvent une triste catastrophe , s'écria : Grand Jupiter ^ pour tant de biens ^ eiwaie^moi au plus tôt quelque légère disgrâce.
AdI. GeU. On peut juger du soin et de l'attention que Philippe ' donna à l'éducation de ce prince, par la lettre qu'il écrivit, peu de temps après sa naissance, à Aristote, pour lui marquer dès- lors qu'il le chobissait pour le précepteur de son fils. Je vous apprends^ lui dit-iK que foi unjib. Je rends grâces aux dieux y non pas tant de me r avoir donne ^ que de me V(Woir donne du temps d^Aristote. J^ai lieu de me promettre que vous en Jerez un successeur digne de nous, et un roi digne de la Macédoine. Que de pensées ne feit point naître la lecture de cette lettre, bien éloignée de nos mœurs « mais bien digne d'un grand prince et d'un bon père!
> Pluurque suppote qu'il apprit de Potidéc ; maia cette TiUe aTaitêtr ces nouvdle* aussitôt après la prise prise deux ans aupanvant.
PERSES BT 6AECS. 383
Je les laisse aux réflexions du lecteur, et je -me contente d'avertir que cet exemple est une grande leçon pour les particuliers même, qui leur apprend le cas qu'ils doivent &ire d'un bon maître, et le soin em* pressé qu ils doivent apporter pour en trouver un exc^ent : car un fils tient lieu à chaque père d'un Alexandre <. Il parait que Philippe ^ mit de bonne heure Aristote ^ auprès de son fils , persuadé que le succès des études dépend des oommencemants, et que le plus habile homme ne l'est pas trop pour bien eu* seigner les principes.
Description de ia Phalange macédonienne.
La phalange macédonienne ^ était un. corps d'in^ Poiyb.Li?, fanterie composé de seize mille hommes pesamment ^«t^.Vsr/' armés, et que Ton avait coutume de placer au centre j^^^^^ de la bataille. Outre l'épée, ils avaient pour armes un i"^tTOnd. bouclier, et une pique appelée par les Grecs sarisse. Cette pique avait quatorze coudées de longueur, c'est» à-dire vingt et un pieds '^; car la coudée est d'un pied et demi.
' « FîngaaiiM Alexandrum dari ^- Denys d'HalicanuiMe semble
Bobis, imposîtum gremîo , dignum marquer qu' Aristote ne fut pas si tôt
tantâ carm infimtem ( qaanqium appelé auprès d* Alexandre,
loui coique digniaa est). » (Quivt. ^ •> Decem et aex milUa peditum
lib. X , cap. X.) more Macedonum armati fuere, qui
> « An Pliilippus Macedonum rex phalangita* appellabantur. Haro me-
AlezandfofiUoaiio prima Utteranim dia aciea fuit in fronte, in decem
elementa tradi ab Aristotele sunimo partes divisa. » (Tir. Liv. lib. 37 ,
ejusaetatisphilosopboToluisset,aut n. 40.
iUe soscepiaaet hoc officimn , aï non ^ Qoatorse condées grecques va-
ttudioruminitit a perfectissimo quo- lent 6 mètres ~ , la coudée étant de
quetractari, pertinere ad summam 46 1 millimètres. — L crcdidisset?«(Id. îbid.)
La phalange se divisait ordinairement en dix corps, dont chacun était composé de seize cents hommes, rangés sur cent de front, et seize de profondeur. Quelquefois on doublait ou on dédoublait ce dernier nombre selon l'exigence des. cas, de sorte que la phalange n'avait quelquefois que huit de profondeur, et d'autres fois en avait trente-deux. Mais sa profondeur ordinaire et réglée était de seize.
L'espace, qu'on laissait à chaque soldat dans les marches était de six pieds, ou, ce qui est la même chose, de quatre coudées , et les rangs étaient aussi à six pieds l'un de l'autre. Quand on menait la plialange contre l'ennemi pour l'attaquer, le soldat n'occupait que trois pieds, et les rangs se rapprochaient à proportion. Enfin, quand il s'agissait de recevoir seulement l'ennemi et de lui résister, la phalange se pressait encore davantage, et chaque soldat n'occupait qu'uu pied et demi.
On voit aisément par là l'espace différent qu'occupait, dans ces trois cas, le front de la phalange, en la comptant de seize mille boulâmes sur seize de profondeur, ce qui suppose qu'elle avait mille hommes de front. Cet espace, dans le premier cas, était de six mille pieds, ou de mille toises, qui font dix stades, c'est-à-dire une demi-Ueue. Dans le second cas, cet espace diminuait de la moitié , et ne tenait que cini| cents toises \ £t, dans le troisième, il diminuait encore d'une autre moitié, et ne tenait que deux cent cinquante toises*.
Polybe exapiine la phalange dans le cas où elle mar-
' Cinq stac1<^. > Deux >tade» et demi.
che contre Fennemi pour l'attaquer. Chaque soldat pour-lors occupait trois pieds en largeur, et autant en profondeur. Nous avons vu que la pique dont il était armé avait quatorze coudées de long. L'espace entre les deux mains, et ce qui débordait de la pique au-delà de la diroite, en occupait quatre; par conséquent la pique s'avançait de dix coudées au-delà du corps de celui qui la portait. Cela posé, la pique des soldats placés au cinquième rang, que j'appellerai les cinquièmes et ainsi du reste, passait le premier rang de deux coudées; celle des quatrièmes, de quatre; celle des troisièmes, de six; celle des seconds, de huit; enfin la pique des premiers s'avançait de dix coudées vers l'ennemi.
On conjecture aisément combien la phalange, cette grosse et lourde machine, hérissée de piques, comme on vient de le voir, devait avoir de force quand elle s'ébranlait toute ensemble pour attaquer l'ennemi, piques baissées, et pour tomber sur lui de tout son poids. Les soldats placés au-delà du cinquième rang tenaient leurs piques élevées en haut, mais un peu inclinées sur les rangs qui les précédaient, formant par là une espèce de toit, qui, sans parler de leurs boucliers, les mettait en sûreté contre les traits qu'on leur lançait de loin et qui retombaient sur eux sans leur faire aucun mal.
Les soldats placés dans tous les autres rangs qui suivaient le cinquième ne pouvaient, à la vérité, combattre contre l'ennemi, ni l'atteindre de leurs piques; mais Us ne laissaient pas d'être d'un grand secours dans l'action à ceux qui les précédaient; car, les soutenant par-derrière de tout le poids de leur corps, et