‹ Œuvres completes de S. Alphonse de LiguoriChapitre 49 sur 132 · IL FAUT AVANT TOUT ASSURER SON SALUT · texte numérisé non relu

IL FAUT AVANT TOUT ASSURER SON SALUT

i. Ne perdons pas de temps; car la mort approche. Ce que nous pouvons faire aujourd’hui, ne le remettons pas à demain. Aujourd’hui passe, et ne revient plus.

DE LA RETRAITE

Au moment de la mort, chacun s’écrie : Ah ! que n’ai-je travaillé a me sanctifier 1 — Mais, a quoi bon ces soupirs , quand l’huile va manquer a notre lampe ?

A notre mort, nous dirons : Que me coûtait-il de fuir cette occasion, de supporter cette personne, de rompre ces rapports , de renoncer à celte prétention ? — Hélas ! je ne l’ai point fait ! et maintenant, que vais-je devenir ?

Seigneur ! secourez- moi. Je vous dirai avec Sainte Catherine de Gênes : « Mon Jésus ! plus de péchés; non, plus de péchés ! » Je renonce a tout pour vous plaire.

H. Ne croyons jamais en faire trop pour acquérir le salut éternel. Ecoutons Saint Bernard : Nulla nimia secu^ rifas, ubi periclitatui' œternitas : Quand il s’agit d’éviter l’enfer, on ne saurait prendre trop de précautions.

Pour assurer notre salut, il faut nous résoudre a mettre eh pratique les moyens de nous sauver. Les velléités sont inutiles; il ne sert a rien de dire : Je le ferai plus tard. — L’enfer est plein d’âmes qui disaient : Plus tard, plus tard.

' — La mort est arrivée, et elles se sont perdues !

L’Apôtre dit : Cum meiu et tremore vestram salutem operamini On doit travailler à son salut avec crainte et tremblement. — Si vous craignez de vous perdre , recommandez-vous sans cesse a Dieu, fuyez les occasions de péché, et ainsi vous vous sauverez.

Pour se sauver, il faut se faire violence ; le ciel n’est point pour les lâches : Violenti rapiunt illud.“

Seigneur ! que de promesses ne vous ai-je pas faites ! mais toutes mes promesses ont été autant d’infidélités. Ah ! je suis résolu de ne plus vous trahir ; assistez-moi, et faites que je meure plutôt que de vous offenser encore.

(I) Phil. 1^.

(2) Matth. H.

DE LA RETRAITE

III. Demandez, et vous recevrez, dit le Seigneur : Petite^ et accipietis.'^ Par ces paroles, Dieu nous fait connaître le grand désir qu’il a de nous sauver. Lorsqu’on dit à un ami : Demandez-moi ce que vous voulez; — on ne peut en dire davantage. Prions donc toujours notre Dieu : nous serons sans cesse enrichis de nouvelles grâces, et nous nous sauverons certainement.

Mon cher Jésus ! jetez les yeux sur ma misère, et ayez pitié de moi. Je vous ai oublié; mais vous, vous ne m’avez pas oublié. O mon Amour ! je vous aime de toute mon âme; je déteste souverainement les offenses que je vous ai faites. Pardonnez-moi, mon Dieu ! daignez oublier toutes les amertumes que je vous ai causées, et puisque vous connaissez ma faiblesse, ne m’abandonnez pas ; éclairezmoi, et donnez-moi la force de vaincre tous les obstacles pour vous être agréable. Faites que j’oublie tout le reste, pour ne plus me souvenir que de votre amour et de votre miséricorde envers moi, de ces grâces sans nombre par lesquelles vous m’avez tant obligé à vous aimer. — Marie, Mère de Dieu ! priez Jésus pour moi.

(I) Jo. 16 n.

DE LA REÏKAITE.

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