‹ Œuvres completes de S. Alphonse de LiguoriChapitre 52 sur 132 · NOUS SOMMES VOYAGEURS SUR LA TERRE · texte numérisé non relu

NOUS SOMMES VOYAGEURS SUR LA TERRE

I. Non habemus hic manentem civitatem, sed futuram inquirimus Nous ne sommes point sur cette terre pour y demeurer, nous y sommes voyageurs ; nous ne faisons que passer pour nous rendre a la maison de notre éter~ nité : Quoniam ibit homo in domum œternitatis suce."^

Nous devons donc bientôt partir de ce monde : dans peu, notre corps sera descendu dans une fosse, et notre âme entrera dans l’éternité.

Ne serait-ce pas une folie, pour un voyageur, d’employer tout son avoir à se bâtir une maison dans un lieu de passage, qu’il doit bientôt quitter ?

Mon Dieu! mon âme est éternelle, je dois donc vous posséder éternellement, ou vous perdre éternellement!

Dans l’éternité, il y a deux demeures : l’une est le lieu de toutes les délices, l’autre est le lieu de tous les tourments ; et ces délices et ces tourments sont éternels. Si ceciderit lignum ad austrum aut ad aquilonem, in quocumque loco ceciderit, ibi erit Si notre âme s’en va au séjour du salut, elle y jouira d’un bonheur sans fin ; mais si elle tombe dans l’enfer, elle y gémira tant que Dieu sera Dieu !

(D Hehr. iS. i4. (2) EccL iS!, 5, (3) Eccl. H. S.

DE LA RETRAITE

Il n’y a point de milieu : ou toujours roi dans le ciel, ou toujours esclave de Lucifer ; ou à jamais heureux en paradis, ou a jamais désespéré dans l’enfer.

Laquelle de ces deux demeures sera le partage de chacun de nous? ce sera celle que chacun de nous se choisit volontairement. Ibit homo: Celui qui va en enfer, s’y précipite de son propre mouvement ; quiconque se damne, se damne parce qu’il veut se damner.

O mon Jésus ! si je vous avais toujours aimé ! Je vous ai connu bien tard ; mais mieux vaut tard que jamais. Oh! maintenant je vous aime. Deus cordis mei, et pars mea Deus in œternum Vous êtes le Dieu de mon cœur, et mon partage pour l’éternité.

IL Tout chrétien qui veut mener une bonne vie, doit toujours avoir devant les yeux l’éternité. Oh! qu’on règle bien sa conduite, quand on ne perd jamais de vue l’éternité !

Si le paradis, l’enfer, l’éternité, étaient des choses douteuses, nous devrions encore faire tous nos efforts pour ne pas nous exposer au danger de nous perdre à jamais. Mais, ce ne sont point des choses douteuses, ce sont des vérités de foi.

Toutes les fortunes de ce monde, où vont-elles aboutir? à une cérémonie funèbre, a un enterrement. Heureux qui obtient la vie éternelle!

Mon Jésus ! vous êtes ma vie, ma richesse, mon amour. Donnez-moi un grand désir de vous plaire le reste de mes jours, et donnez-moi votre secours pour réaliser ce désir.

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