‹ Œuvres completes de S. Alphonse de LiguoriChapitre 62 sur 132 · LE JUGEMENT PARTICULIER · texte numérisé non relu

LE JUGEMENT PARTICULIER

1. Figurez-vous que vous soyez réduit a l’agonie, et qu’il vous reste tout au plus une heure 'a vivre : vous devrez donc bientôt comparaître au tribunal de Jésus- Christ, pour lui rendre compte de toute votre vie. Oh ! alors, vous n’aurez pas de plus grand sujet de terreur que votre mauvaise conscience. — Il faut donc tenir vos comptes prêts avant qu’arrive le jour des comptes.

Il s’agit alors de passer a l’éternité. Les remords causés par les péchés commis, la défiance que le démon cherche à inspirer, l’incertitude de la sentence qui va être prononcée, ah ! quel mélange de confusion et de crainte, tout cela doit produire dans l’âme ! — Attachons-nous dès maintenant a Jésus et a Marie, afin qu’a ce moment décisif ils ne nous abandonnent point.

Quelle terreur on doit éprouver, quand on songe que, dans quelques instants, on va être jugé par Jésus-Christ !

DE LA RETRAITE

— Sainte Marie-Magdeleine de Pazzi étant malade, son confesseur lui demanda pourquoi elle tremblait : « Ah ! mon père, répondit-elle, que c’est une terrible chose de devoir comparaître au tribunal de Jésus-Christ! »

De grâce, mon Jésus! souvenez-vous que je suis une de ces brebis que vous avez rachetées au prix de votre sang : Te ergo quœsumus, f uis famulis subveni, quos pretioso sanguine reâemisti.

IL C’est le sentiment commun des théologiens, que, dans le lieu et a l’instant même où l’on expire, l’âme est jugée par Jésus-Christ. Ainsi, au même moment, le procès est instruit, la sentence rendue et exécutée.

O moment fatal auquel se décide le sort heureux ou malheureux que chacun de nous doit avoir dans l’éternité !

Le vénérable père Louis Dupont, en pensant au jugement, tremblait de telle sorte qu’il faisait trembler avec lui la chambre où il était.

Ah ! mon Jésus ! si vous vouliez me juger a cette heure, qu’en serait-il de moi? — Père éternel ! je me repens de toutes les offenses que je vous ai faites. Respice in faciem Ckristi fui : ^ Regardez le sang, les plaies de votre divin Fils, et ayez pitié de moi.

III. Le dernier soupir est a peine rendu, les assistants en doutent encore, et déjà l’âme est entrée dans son éternité. Quand le prêtre est assuré que le corps a cessé de vivre, il l’asperge d’eau bénite, et supplie ensuite les Saints et les Anges de venir au secours de l’âme du défunt : Subvenite, Sancti Del ; occurrite, Angeli Domini. Mais, hélas ! si elle est perdue, ni les Saints ni les Anges ne peuvent plus la secourir.

Ps. 83. 40.

DE LA RETRAITE

En venant nous juger, le Seigneur nous apparaîtra avec les mêmes plaies qu’il a souffertes pour nous dans sa passion : ces plaies feront la consolation des pécheurs qui, pendant leur vie, auront pleuré leurs fautes avec un vrai repentir ; mais elles jetteront dans fépouvante ceux qui seront morts dans le péché.

O ciel ! quelle angoisse pour une âme qui, voyant pour la première fois son divin Juge, le trouve irrité ! c’est un tourment plus horrible que l'enfer même.

Elle verra alors la majesté du souverain Juge ; elle verra tout ce qu’il a souffert pour son amour ; elle verra les miséricordes sans nombre qu’il lui aura faites, et les grands moyens de salut qu’il lui aura procurés ; elle verra alors la vanité des biens de ce monde, et l’excellence des biens éternels; elle verra, en un mot, toutes les vérités, mais sans fruit : alors, le temps de réparer ses fautes est passé ; ce qui est fait, est fait !

Mon bien-aimé Rédempteur ! faites que je vous trouve apaisé, la première fois que je vous verrai; et à cette fin, accordez-moi maintenant la lumière et la force dont j’ai besoin pour réformer ma vie ; je veux vous aimer toujours. Si par le passé j’ai méprisé votre grâce, aujourd’hui je la préfère à tous les royaumes du monde.

DEUXIÈME MÉDITATION

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