‹ Œuvres completes de S. Alphonse de LiguoriChapitre 63 sur 132 · LA SENTENCE DÉPEND DE NOUS · texte numérisé non relu

LA SENTENCE DÉPEND DE NOUS

I. Quelle sera, a l’heure du jugement la consolation de celui qui, pour l’amour de Jésus-Christ, aura détaché son cœur de toutes les choses de la terre, aimé les mépris, mortifié son corps ; de celui qui, en un mot, n’aura aimé que Dieu !

DE LA RETRAITE

Quel bonheur de s’entendre dire alors : Viens, mon bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Seigneur. Réjouis-toi, te voila sauvé, tu n as plus a craindre de te perdre !

L’âme qui, au contraire, sort de cette vie en état de péché, avant que Jésus-Christ la condamne, se condamne elle-même et se déclare digne de l’enter.

O Marie, ma puissante Avocate! priez Jésus pour moi: aidez-moi, maintenant que vous pouvez m’aider ; alors, vous me verriez périr sans pouvoir venir a mon secours.

II. Quœ semmaverit homo, hœc et rnetet Au jour du jugement, on recueille ce qu’on a semé pendant sa vie. Examinons donc ce que nous avons sqmé jusqu’ici, et faisons maintenant ce que nous voudrons avoir fait alors.

Si aujourd’hui même, dans une heure, nous devions nous présenter au jugement, que ne donnerions-nous pas pour avoir encore une année â vivre, afin de nous y mieux préparer! A quoi donc emploierons-nous les années qui nous restent?

L’abbé Agathon, après de longues années de pénitence, s’écriait en pensant au jugement : « Qu’en sera-t-il de moi, lorsque je serai jugé? » Le saint homme Job se demandait ce qu’il ferait et ce qu’il répondrait au tribunal de Dieu : Quid faciam, cum surreæerit ad judicandum Deus ? et cum quæsierit, quid respondebo illi Et nous, qu’aurons-nous à dire, quand Jésus-Christ nous demandera compte des grâces qu’il nous a faites et de notre négligence â y correspondre?

Ah ! mon Dieu ! ne livrez point au démon une âme qui désire vous louer : Ne tradas bestiis animas confitentes /i/A.3 Je ne mérite aucun pardon, mais vous ne voulez

(1) Gai. 6. S.

(2,' Job' Si. ii.

(3; Pi. 73. 19.

DE LA. RETRAITE

pas que je me défie de votre miséricorde. Sauvez-moi, Seigneur ! tirez-moi de la fange de mes misères ; je veux me corriger, assistez-moi.

IlL La cause qui doit se traiter au moment de notre mort, est une cause d’où dépend notre fortune ou notre ruine éternelle ; il faut donc apporter tous nos soins pour en assurer le succès.

Quiconque y réfléchit sérieusement, ne peut s’empêcher de dire : Il en est ainsi. — Mais s’il en est ainsi , pourquoi ne renonçons-nous pas a tout pour nous donner entièrement a Dieu ?

Le Prophète nous avertit de chercher le Seigneur pendant qu’on le peut trouver : Quœrite Dominum, dum inveniri j^otest.^ Celui qui arrive au jugement ayant perdu Dieu, ne peut plus le retrouver; mais durant la vie, celui qui le cherche, le trouve.

Mon Jésus ! si par le passé j’ai méprisé votre amour, maintenant, tout ce que je cherche, c’est de vous aimer et d’être aimé de vous : faites que je vous trouve, ô Dieu de mon âme !

TROISIÈME MÉDITATION

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