LE JUGEMENT GENERAL
I. O mondains insensés! je vous attends â la vallée de Josaphat. Là, vous changerez de sentiments; la, vous déplorerez votre folie, mais sans espoir de remède.
Et vous, âmes éprouvées en ce monde, courage! courage ! Au dernier jour, toutes vos peines se changeront en autant de délices, en une joie céleste : Tristitia vesfra vertetur in gaiidium.^
1 Is. 3o. 6.
G. MOYEN
,'2] Jo. 16. ^0.
DE LA RETRAITE
Quelle belle figure feront alors les Saints, qui ont été si méprisés sur la terre! et quelle horrible figure feront tant (le malheureux princes qui seront damnés!
Mon Jésus crucifié et méprisé! j’embrasse votre croix. Biens, plaisirs, honneurs mondains, je renonce a tout : je ne veux que vous, ô mon Dieu! vous seul, et rien de plus.
IT. Quelle horreur en ce jour pour les réprouvés, de se voir repoussés de Jésus-Christ par cette condamnation publique ; Discedite a me, maledicti : ^ Retirez-vous, maudits !
Hélas! mon Jésus ! j’ai moi-même autrefois mérité cette horrible sentence; mais aujourd’hui, j’ai la confiance que vous m’avez pardonné : de- grâce, ne permettez pas qu’il m’arrive encore de me séparer de vous : Ne permittas me separari a te. Je vous aime, et j’espère vous aimer toujours.
Quelle joie, au contraire, pour les élus, d’entendre Jésus-Christ les inviter au paradis par cette douce parole : Venite, benedicti : Venez, les bénis de mon Père !
Mon bien-aimé Rédempteur ! j’espère, par votre sang, que je serai moi-même au nombre de ces âmes bienheureuses, pour vous aimer en embrassant vos pieds adorables pendant toute l’éternité.
III. Ranimons notre foi, et pensons qu’un jour nous devons nous trouver dans la vallée du jugement, ou â la droite avec les élus, ou â la gauche avec les damnés.
Prosternons-nous donc aux pieds de Jésus crucifié ; jetons un regard sur notre âme ; et si nous ne la trouvons pas bien préparée â comparaître au tribunal du divin
[l; Matth. AL
DE LA RETRAITE. 363
Juge, hâtons-nous d y porter remède maintenant que nous le pouvons encore.
Détachons-nous de tout ce qui n est pas Dieu, unissons-nous à Jésus-Christ le plus étroitement possible, par l’oraison, la communion, la mortification des sens, et surtout par la prière. Si nous mettons en pratique ces moyens de salut que le Seigneur nous offre, ce sera une grande marque de notre prédestination.
Mon divin Sauveur et mon Juge ! je ne veux point vous perdre, je veux vous aimer toujours. Oh! je vous aime, mon amour ! je vous aime, et j’espère vous dire la même chose la première fois que je vous verrai comme mon Juge. Maintenant je vous dis : Seigneur ! si vous voulez me punir, comme je fai mérité, punissez-moi ; mais ne me privez point de votre amour : faites que je vous aime toujours, et que toujours je sois aimé de vous; puis disposez-de moi comme il vous plaît.