‹ Œuvres complètes de Saint-AmantChapitre 17 sur 86 · LA CHAMBRE DU DÉBAUCHÉ · texte numérisé non relu

LA CHAMBRE DU DÉBAUCHÉ

A ïonjirur d« 11abi6»t-Mali.bfc-b'.

Jlus enfumé qu'un vieux jambon , N'y que le bœuf salé de Pitre j Je te trace avec un charbon Geste ode habillée en epitre.

Marigny, mon parfait amy.

Que mon œil ne voit qu'à demy, Non plus que ce qu'il veut descrire, Parbieu ! tu dois bien admirer,

situe dans la Cité, ri Deshoi'dea-Grouyu, i Bflileau a cité le nom.

i. Saint-Evremant , dans son Traité it la vraie et et la faut beauté du onrate» aTripril , dit, an Sujet de cette pièce : « Saint-Amant abitune Chambre des deibairebes we tonte la naïveté de un style ; c'est de la rhétorique et de la raison pe> due mal a. propos. » — Ou peut n'être pas de son avis.

■ . Marigry-MaUtneê. — Le nom de Marigny reparaît souvent

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Que je tasche.à te faire rire Quand je ne foy rien que pleurer !

Gouspio', après l'avoir quitté, M'a traisné dans sa belle chambre , Où mesme au plus fort de l'esté On trouve le mois de décembre.

Pour moy, je ne puis concevoir Par quel moyen, ny quel pouvoir, Mon corps a passé par la porte , Car je te le jure entre nous Qu'un rat , ou le diable m'emporte , N'y sçauroit entrer qu'à gênons.

Son petit ladre de valet, Reste de la guerre civile, Revient chargé comme un mulet

dans les teuvres de Saint-Amant, dont il était un des meilleurs amis. Il ne faut pas confondre celui-ci avec Jacques Le Carpentier de Marigny, de Nevcrs , le chansonnier de ta Fronde, auteur d'un poème du Pu* Unit. Dans une réponse faite a ce poème (Paris, 167^ , in-'> ; Bihl. de l'Arsenal, n» fl,a5o B. L.), on le donne comme disciple de Saint-Amant :

Cuit Ire d* Sainl-Amanl, il miiiil ion génie.

Celui dont il s'agit ici, Marigny-Msllenoe" , autre fou, autre ami de Saint-Amant, fut marié, différent en cela de rahbé-chanoine Le Carpentier de Marigny , gentilhomme ni— vernois on soi-disant tel, et vécut en Bretagne, où il avoir le gouvernement de Port-Louis. C'éloit une espèce de philosophe cynique , dit Tallemanl, qui lui a consacré une de ses plus curieuses historiettes. (Talleraant, 6,907.)

1 . Goaepin. le pense que Saini- Amani a pris ici un nom de fantaisie. Dans te patois normand, gouspin signifie gamin , luron. (V. le Dictionnaire du palais normand, par M. Duméril.)

10 La Chambre

De cotrets qu'il escroque en ville.

Hais à grand peine ce magot A-t-il allumé le fagot Que nous estranglons de fumée; Nous toussons d'un bruit importun , Ainsi qu'une chatte enrhumée , Et nos yeux prennent du petun.

Encore , o mon cœur ! mon roignon !

Faut-il, comme un sçavant notaire, Des beaux meubles du compagnon Te Caire voir quelque inventaire.

Premièrement, un vieux panier, Tira des fatras d'un grenier.

Est son tabouret et sa chaise ; Que si, soulageant l'escarpin , L'un ; préside en sire Biaise , L'autre est tout droit comme nn sapin.

Un estuy de luth tout causé , Qui traisaoit au coin d'une salle, Pour tout loyer du temps passé Luy sert de chevet et de malle ; Les flegmes jaunes et seohez Qu'en sa vérole 11 a craschez Luy servent de tapisserie , Et semble que les limaçons ¥ rehaussent en broderie Des portraits de toutes façons.

Comme on voit au soir les enfans Se figurer dedans les nues Hommes, chasleaui, bois, elefans,

Ainsi nos yeux , dans ces crachats , Se forgeant à leurs entrechats ,

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