‹ Œuvres complètes de Saint-AmantChapitre 20 sur 86 · LA BERNE · texte numérisé non relu

LA BERNE

Sicroqueuse de gringuenaude, ■f Avec ton nez à chiquenaude, S Où pend pour enaeigr S Que Wn Ër03 cocu, J*»i 1b Veau, Avalle eu guise d'huistre varie.

Alors qu'il lèche à gueule ouverte Ton chien de groin, qui sent pfus fort Que les xeûiMcc d'un asne mort,

11 but enfin que je te tire Les poignants traits d'une satyre Dont le stile goinfre et mocqueur T'aille percer jusques au cœur.

Tu devrois bien chérir ma muse, Fuis qu'à ce coup elle s'amuse, 0 vieille Amelite aux grands jeux!

A te porter dedans les deux , Mais j'eutens avec une berce :

C'est ainsi qu'elle s'y gouverne, Et je t'en dy la vérité Pour rabattre ta vanité.

Chers enfans de la médisance.

Qui jadis par toute la France Fiâtes valoir mille escus-cars Le moindre de tous vos brocars; Tous, que Marne en riant advoue Et dont les escrits font la moue A quiconque seroit si sot Que d'en oser reprendre un mot ; Régnier, Berthelot et Sygongne1 ,

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Empoignez celle castelongne ' ; Tenez bien, raidissez les coings.

Y estes-vous? serrez les poings, Et bisons sauter jusqu'aui nues, Par des secousses continues, Sens crier jamais c'est assez , Ny que nos bras en soient lasses, Ceste sorcière à triple estage, Qui n'est bonne, pour tout potage.

Qu'à faire en l'air des entrechats Comme l'on en voit faire aux chats.

Voilà qui Ta le mieux du monde ; Bons dieux ! oyez comme elle gronde '. Quelle grimace ! quel portrait !

Un constipé sur un retrait.

Un vieux charlatan qui boufonne, Un mulet rongneux qu'on bouchonne.

Un singe qui croque des pous, Un raastin aasailly des loups, Dom-Quicbole dans les escornes , L'Erty • quand on lu; fait les cornes,

V»«. ouvrage auquel contribuèrent aussi Matin, Regain et Majnard. — Nous trouvons les noms de ces poètes rapprochés dans ces vers des quatrains de Marollea :

Deiporlei , du Régnier. Sjgongne . DeliagenS'et , TouTui.Kotin.U (Iront, Hodtf, Monhron .

Hertelot. libertin; du Monlier, Percheron , Ont hu f»irs &tt T«Tt plutôt qiif du légende». (PorJMJIi en onairtrini , par Michel de Mirolloi ((4 p. i*-4, nibl.de l'Ami, 176S. in-4. B. L.) 1 . Couverture grossière fabriquée en Catalogne ; — d'où le

9. Le Hertyetoit un fou des Petites Maisons, qui avait alors grand renom. Sarrazin, dans son poème de Dilet taises, dit :

Quend l'illmtre Heny (ut priv* de la lie ,

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La Bbrnb. i5g

Et Porrette en maschant des Dois, Font moins de mine trente fois.

Voyez, voyez comme elle escume !

Voyez comme sa leste fume !

le croy qu'elle a le diable au corps : Que jamais n'en soit -il dehors !

Messer Sathan, je voua encharge.

Et bien au long et bien au large, Qu'elle en puisse crever d'aban, Et vomir l'ame avec le bran.

Ha! lavoylàbien attitrée!

Nous allons voir un beau trofée Fait d'une coeffe de satin, D'une perruque, d'un patin, D'un buse, d'un collet, d'une houpe, D'un manchon tout gasté de soupe, D'un masque et d'un salle mouchoir Qu'en sautant elle a laissé choir.

0 la plaisante mélodie Dont mon oreille est étourdie !

Chaisne, estuy, clef et peloton Carillonnans à divers ton, Et se meslans à la rencontre Avec bourse, couteaux et montre,

Qne de Tfiller. oiiif , proche de Ul tltMl . Et borner eon etapire aux Petitai-Maiioni.., Colletât, dans ses Epigrammes (Paris, i653), a écrit celle

0* la philoaophia abondait en ni ton.

Hiil, on je lena L'effet de ni rùion bleu. On I" grande aageate ■ quitte le Ijcea ,

Voy. E. Fournie*-, TarUUi Uimriqtti, i, .35

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Et mille autres jolivetez, Luy brimballent aux deui cogtez.

Mais qu'est-ce cy, mes camarades T Voicy d'eetranges algarades !

On nous en baille, on nom en vent :

Nous ne bernons plus que du vent, Et le démon qui la possède, Mieux qu'il ne fit jamais Salcede, La rendant ainsi que vous trois Se l'ordre de la Rose-crois, Droit aux enfers l'a transportée, Pour estre si bien tourmentée, Qu'au prix d'elle les Gaufridis* Penseront estre en paradis.

De grâce, officieux fantômes, Si dans l'empire des atomes, Où la mort veut que vous viviez, Par hazard vous la retrouviez, Prenez, au lieu de couverture, Quelque vieux drap de sépulture, Et me la bernez en amy, C'est à-dire en diable et demy.

Mais d'autant qu'il faut estre quatre, Quand vous voudrez vous en «abattre, Je brusle d'un si grand désir D'avoir encore un tel plaisir,

i.Salcède,Ga»fridis.— Le premier de ces nomsnous es nu. Le second, qui s'écrit aussi Goffridi et Gauflredy, est celui d'un curé d'une paroisse de Marseille qui fui brute vif b Aix, le 3d avril 161 1, connue sorcier. M. de Moumerqué, dans ses notes sur T allouant, cite à consulter sur lui VHittoirc admirable, it In possfjîion II coneeniox d'une pénitente âidnilt par m mojiciii, parle R. P. Séb. Michaelis (Paris, 1613). — Un membre de sa famille, Jacques Gauffredj, fût décapité en 1670. "' '" " " in-i8,8,»7-

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La Gazette du Pont Neff. t6i Que pour cstre de la partie Sans dire, 0 dure départie!

Mon esprit, beaucoup plus dispos Qu'un grimaul lors qu'il a c&mpoe, Quittera sa robe chamelle, Et d'une allégresse éternelle , Que rien ne pourra retarder, S'en ira là-bas vous aider.

Grand-Champ, docteur en bernerie, Approuve cette raillerie, Mots -y Nous soussignés au bas, Et tout le monde en fera cas.

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