‹ Œuvres complètes de Saint-AmantChapitre 62 sur 86 · Branc, épèc, de l'itsl. troncs · texte numérisé non relu

Branc, épèc, de l'itsl. troncs

5. Durandal est l'épéc de Rolland. — Flamberge est l'epée de Renauld de Nontauban, l'aîné des quatre Ils A mon.

34° Epistrb.

Fit ressentir à la gent bazanée.

Du sort des lys ores si mal-menée,

Que son lion , perturbé du cerveau,

Changeant de notte, en mugit comme un veau :

Tesmoin de Quiers la fameuse retraite *

Qu'avec du sang le Vieux1 nous a portraite

Le rare Vieux , nostre cher et féal,

Qui point n'en conte en hâbleur idéal,

Haïs en vray sire, en homme qu'on peut croire,

Lorsque d'un cas il débite l'histoire,

Et qu'il fait voir que l'esprit de Faret

A d'autres soins que ceux du cabaret :

Tesmoin, enfin, tant de fieras merveilles.

Tant de sujets de nos illustres veilles,

Qu'ont admirez et Casai et Turin ,

Et que l'effort du plus hardy burin

Entre les doigts de la plus noble Muse

Qui sur Parnasse aux éloges s'amuse ,

Qui les cizelle et nous fait renommer,

Au gré de Mars ne sç&uroit exprimer.

Je laisse à part , pour reprendre mon stile , Tant d'autres faits de ce second Acbile , Dont les bons dieux, o mon brave baron! Pour nostre bien te firent le Chyron, Comme, peut-estre, ils m'en feront l'Homère., Si la vertu, ma fidelle commère ,

i. Le combat de Quiers en Piémont (163s1.

s. a Le comte dUareourt. -., eu sa jeunesse, a fait une espèce de vie de filou ou du moins de goinfre. Il aroil fait une confrérie de monosyllabes (c'est ainsi qu'ils rappelaient) où chacun «voit une épithète , comme lui s'appelait U Roui iU est gros et court) ; Faret, le Vieux. C'est pourquoi Saint-Amant l'appel oit toujours ainsi. Four lui, il se noinmoit le Gros. » (Tallemant des Reaux, édit. in-i8, t. 6, p. 1S7.}

epistre. :

Ne me trahit, on si dame Atropos Ne rafl e en bref ma vie entre les pots.

Retournant donc sur mes premières erres, Je te diray, sans plus parler de guerres , Qu'en ce papier barbouillé plaisamment, Pour t'ebaudir en ton egloignement , Tes yeux vitrez n'apprendront point les choses Qui font eu cour tant de métamorphoses. Et que ta voix , en voulant estre aussy, D'un ton nazard ne lira point icy.

Sous la faveur de tes bezicles vertes , Par quels moyens on les a découvertes ; Quel soin il faut à régir les estais , A les sauver des lascbes attentats , Si de Themis la juste diligence En un tel fait peut user d'indulgence , Ou ai la mort, douce comme un chardon , Doit bien-tost dire : Ingrat , point de pardon .

Cela n'est point du gibier de ma rime : Le blanc outil dont mon pouce s'escrime N'ouvre le bec, n'en crache rien de noir, Que pour t'offrir en ton vaste manoir, En ton antique et fort C hasteau-Trora patte , Où pend au croc mainte vieille escopette , Cent grand-mercis de la part de mon goust Pour un présent cher el de peu de coust , Pour un morceau l'effroy des ainagogues', Pour un jambon que d'une ame en ses gogues , D'une main franche et d'un cosur déployé, Jusqu'à Paris tu nous as envoyé.

Je dis nous as, car l'auguste princesse1, Que d'eialter tout le monde ne cesse ,

34s Epistrè.

Le doux soucy de nostre grand héros Qui des neuf preux fait autant de zéros , Le saint miroir des vertus et des grâces , L'objet qui rend mes hyperboles basses , Le rare honneur du sexe féminin , La gloire mesme , au front chaste et bénin , Ayant receu sous un daix vénérable , Ce Basque lourd , chose assez admirable , Daigna soudain par un Suisse léger D'un Normand rond la chambre eu obliger. De quels cadeaux te pourrois-je décrire L'aise que j'eus , lorsqu'on me venant dire : a Pon chour. Monsieur ' », ce franc Colintampon He dit encor : « Fous mon tame un champon T'enfoye icy, dasticot pour ton foire ; Ché suis grand chaut, paille amoy rien* pourboire?» Le bon Hardot suoit dessous le faix , Comme en jouant au trique-trac tu fais, Quand contre moy quelque tralstre de sesnes8 D'un pesant coup te donne mille gesnes,

épousa le comte, Tcuïe d'Antoine de Fige, duc de Puy-Laurens. Elle se nommoit Marguerite-Philippe du. Camboul. Elle mourut le g décembre ifi74. On trouve son éloge dans lo Poadfirlf ne du mate d'Harcourf, de François de Meaui. (Voy. ci-

dessus.)

i.Ce langage défiguré est quelquefois employé comme source de comique dans nos comédies. On trame un eurieui exemple d'un a récit à la Suisse ■ dans 1rs Finira , jlfurttln et pmttlempt d'Atcide rie Saiot-Maurii*, Paris, J. Coitin, i6b6, i vol. in-i3, p. Ssii Le Suisse raconte le sacrifice d'Ahralmn , et commence en ces termes : « Von li sabre point conelre ly bon père Al bran... etc. »

a. Quelque chose. — Et ce Suisse parloit bien Rfa* , qui vient de ret, a toujours un sens positif, h moins d'être précédé de la particule »e, qui lui don ne le sens négatif.

3, Au jeu de trictrac on eonnolt le sesne oa senne (double-six).

■ ,GoogIe

Epistrb. 3

Te Tait pester, brouille ton jugement .

Et sans mercy t'enfile nettement. .

Si tost , enfin , que son eschuw Urge Eut jette là sa monstrueuse charge, .

Qui de son poids estoonant le plancher ,. , Fit plus de bruit qu'un Dot contre uu rocher, Ou qu'une horrible et foudroyante bomba Quand sur un toit il avient qu'elle tombe; Si tost qu'il eut , s'essuyant d'une maip , Harpe de l'autre, arec un rie humain , La pièce blanche, en nouvelle monnoye, Dont mon gousset voulut Taira sa joye.

Je me tevay, fis trembler tout le lieu, Et m'habiliant receus sou bel ; Atieu.

Or, cher Melay, voy comme la fortune, Que de mes vceox gneres je n'importune , Toute bizarre et farouche qu'elle est, A m'obliger par fois songe et se plaist ; Voy comme au monde où celte aveugle roule , Par fois les biens nous arrivent en foule , Et comme l'heur les voulant départir Par fois encor tascho à les assortir : Hon drosle à peine estoit hore de ma chambre , A peine avois-je admiré ce grand membre. Ce mont de chair, ce prodige de lard , A qui la suye avoit servi de fard , ' Qu'un croebeteur courbé sous vingt bouteilles , Grosses du jus des plus exquises treilles . Dont la Cioutat porte sa gloire aux cieui , Avec aban * vint s'offrir i mes yeux , Et qu'un laquais, d'une belle entre-suite,

Episthk. 3i»

Embrassez -tous , aimez-vous comme frères; Et vostre Bel , tant cher; de mes sœurs , Sera conjoint i nos pures douceurs*.

Aces beaux mots, qui d'un goulet sortirent, Hes champions leur foreur amortirent ; La paix fut faite , et rooy , de tous accords , . Je résolus de m'en traiter le corps.

Sur ce dessein je commanday qu'en h&ste On flst bastir un grand palais de paste, Pour avec l'ail , l'ancboye au teint vermeil , Le poivre blanc et le clou nompareil , Loger en rov ce jambon que je prosne , Ce digne mets qui des mets tient le trosne , Et par qui seul, les juifs estant morguez. Les bons chrestiens des Turcs sont distinguez: Car, quand au jus que l'Alcoran prohibe, Des moins nigaux la lippe s'en imbibe ; Ils en sont fous , et n'observent ce poinct Qu'en leur dormir ou lors qu'ils n'en ont point.

Dès que le four eut accompli l'ouvrage , Dès que chés moy , tout chaud et sans naufrage , Ce beau jambon , cet illustre pastë ' , Couronne en chef, fut en pompe apporté ,

i. Dans lit Jeux de r/aenaa, recueil facétieux attribua au comte de Cramiil, on trouve (p. 163, édit. de 1B45) une curieuse pièce intitulée tlofcei , Nopcct , Nopcu. Le est résolue l'alliance du bccur et de la moutarde , de l'orange et de la perdrix. — 1 Scachant avec quelle fidélité le jambon arme la bonteille , faisons-les coucher ensemble, afin qu'elle puisse soulager le feu de son amant et la soif des beuvenrs. » Ce passage se complète par les t ers 06 Saint-Amant îparle de leurs a caresses muettes , de leurs agréables signes , de leurs longs regards. » — ïoj. aussi les Flétri, /lurettci et ftue-ltmft, indiqués note ., p. 34«.

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