‹ Œuvres complètes de Saint-AmantChapitre 9 sur 86 · LES VISIONS · texte numérisé non relu

LES VISIONS

A Damon.

ir plein d'amertume et l'une eDBevelie S Dans la plus sombre humeur de la mélancolie, («Damon, je le décris mes travaux intestins, ^ " ' u Terras l'effort des plus cruels destins Qui troublèrent jamais un pauvre misérable, A qui le seul très pas doit eatre désirable. Un grand chien maigre et noir, se traianant lentement, Accompagné d'horreur et d'epouventement, S'en vient toutes les nuits hurler devant ma porte , Redoublant ses abois d'une effroyable sorte. Mes voisins, éperdus à ce triste resveil ,

i. Lu croyance aux fantômes , au* magiciens , aux sorciers, au diable , étoit alors presque générale V. à ce sujet une plaisante histoire racontée par le cardinal de Retz (t. i, p. 58,èdit. de Genève, 17S1). — Desmarets de S.-Sorlin dit dans le discours qui précède la 3e édition de son Gloria; a C'est une chose qui n'est que trop commune... que des magiciens et des sorciers qui sraient faire la grêle et les tempêtes. » — Cyrano a écrit pour ici «nim sa douzième lettre, que Nodier aimerait mieux , dit-il , avoir faite que les Provinciales — René Barj, dans son journal de cour, fait soutenir la même croyance. — Tristan à écrit une pièce du mime genre, ta Terrain nactursw. (Œuvres du siear Tristan l'Hermite, 1648, iu-4, p. 383.]

84 Les Visions.

N'osent ny no sçauroient r'appeller le sommeil ; Et chacun , le prenant pour un sinistre augure , Dit avec des soupirs tout ce qu'il s'en figure. Hoj , qu'un sort rigoureux outrage à tout propos , Et qui ne puis gonster ny plaisir ny repos , Lescheveui hérissez, j'entre en des resveries De contes de sorciers , de aabaths , de furies ; J'erre dans les enfers , je raude dans tes cieui ; L'une de mon ayeul se présente à mes yeux;. 1 Ce fantosme léger, coiffé d'un vieux suaire, I Et tristement vestu d'un long drap mortuaire , : A p«j affreux et lents s'approche de moulit; Mon sang,en est glacé, mon visage en paslit, De frayeur mon bonnet sur mes cheveux 6e dresse, : Je sens sur l'estomacb un fardeau qui m'oppresse. Je voudrais bien crier, mais je l'essaye en vain: H me ferme la bouche avec sa froide main ; Pais d'une voix plaintive en l'air evanouye. Me prédit mes malheurs, et long-temps, sans siiler, Murmurant certains mots funestes à l'ouye , Me contemple debout contre mon oreiller. Je voy des feux volans, les oreilles me cornent; Bref, mes sens tous confus l'un l'autre se subornent En la crédulité de mille objets trompeurs Formez dans le cerveau d'un excez de vapeurs , Qui, s'estant emparé de nostre fantaisie, La tourne moins de rien en pure frénésie.

Souvent tout eu sueur je m'esveille en parlant, Jesautehorsdulit, l'estomach pantelant, Vay prendre mon fuzil , et d'une main tremblante Heurtant contre le fer la pierre eslincelante, Après m'estre donné maint coup dessus les dois, Après qu'entre les dents j'ay juré mille fois , Une pointe de feu tombe et court dans la meiche , R'avivant aussi-tost cette matière seiche ,

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J'y porte l'allumette , et n'osant respirer De crainte de l'odeur qui m'es fait retirer, Au travers de oe feu puant , bleuastre et sombre , J'entrevoy cheminer la figure d'une ombre , J'eotens passer en l'air certains gemissemens , J'avise en me tournant un spectre d'ossemens ; Lors, jettant un grand cry qui jusqu'au ciel transperce , Sans poux et sans couleur je tombe à la renverse. Mon hoste et ses valets accourent à ce bruit , Mais de tout leur travail ils tirent peu de fruit ; Ils ont beau m'appeller, et d'un fréquent usage Me répandre à l'abord del'eau sur le visage , ITarntcher les sourcils, me pincer par le nez. Et s'affliger autant comme ils sont étonnez , Je ne puis revenir non plus que si la Parque M'avoit desja conduit dans la fatale barque. Je suis tellement froid, que mon corps au toucher He se discerne point d'avecques le plancher. Où gisant de mon long , toute force abatue , On dirait, à me voir, que je suis ma statue.

Bien que je sois certain que ce fut une erreur,

Que la première nuit qu'au plus fort des ténèbres

S'apparurent à moy ces visions funèbres ,

N'estant esvanouy, comme je l'ay descrit ,

De l'extrême frayeur qui troubla mon esprit ,

Et ces gens essayans d'une inulile peine

A me restituer la chaleur et l'haleine, ,

Un d'entr'eux s'avisent dé me donner du vin, (

Bacchus, que j'ay tenu tousjours plus que divin, j

Resveillant tout à coup ma vigueur coustumiere,

Fit résoudre mes yeui à revoir la lumière.

Alors, comme en sursaut je me levé tout droit,

Représentant au vif un mort qui reviendrait ;

Fuis, regardant partout d'une veue égarée ,

86 Les Visions.

Je m'efforce à leur dire en voix mil assurée : Fantasmes (car d'effroy je les pranois pour tels), Quel plaisir avez-vous a troubler les mortels ? Quel sujet vous ameine à ces heures nocturnes ï Qui tous a fait quitter vos manoirs taciturnes ? Mes badauts, esbabîs d'entendre ce propos, Haut alternant pour eux, jouans au plus dispos. En cbemiseet nuds pieds, sans m'user de langage, Vers le degré prochain troussent viate bagage , Disent que je suis fou, qu'il y fait dangereux, Emportent la chandelle et barrent l'huis sur eux, Si qu'à peine mon rail les put bien roconnestre, Que comme un tourbillon il les vitdisparestre.

La lune, dont la face alors resplendissoil , De ses rayons aigus une vitre perçoit, Qui jettoît dans ma chambre , en l'epesseur de l'ombre , L'éclat frais et serain d'une lumière sombre , Que je trouvais affreuse, et qui me faisait voir Je ne sçay quels objets qui semhloient se mouvoir. Cette nouvelle erreur, dedans ma teste empreinte., Me rendant & la fin hardy par trop de crainte , le mets (lamberge auvent, et, plus prompt qu'un esclalr, J'en fay le moulinet , j'en estocade l'air, Imitant la valeur dn brave dom Quichote , Quand au fort du sommeil, coiffé de sa marote , Pensant prendre au collet un horrible géant ,' Et dans un tourue-main le réduire an néant, Il exploita si bien , comme chante l'histoire , Que sur les cuirs de vin son glaive eut la victoire.

Hais je m'engage trop dans ce plaieant discours , Muse, je t'en conjure, arrestons-en le cours ; Reprenons tristement nostrestile funeste.

Et , si cela se peut , disons ce qui nous reste. Voilà donc , citer Damon , comme passe les nuis Ton pauvre Clidamant, comblé de mille ennuis,

Les Visions. 87

Et toutefois , helas ! ce ne aeroit que roses

Si les jours ne m'offroient de plus horribles choses.

Cet astre qu'on reclame avec tant de désirs Et de qui la venue annonce tes plaisirs , Ce grand (lambeau du ciel, ne sort postant de l'onde Pour redonner la grâce et les couleurs au monde , Avec ses rayons d'or si beaux et si luisans, Que pour me faire voirdes objets deplaisans. Sa lumière , inutile à mon ame affligée , La laisse dans l'horreur où la nuit l'a plongée; La crainte , le soucy , la tristesse et la mort , En quelque Heu que j'aille, accompagnent mon sort. Ces grands jardins royaux , ces belles Tuilleries , An lieu de divertir mes sombres resveries , Ne font que les accrestre et fournir d'aliment A l'extrême fureur de mon cruel tourment. Au plus beau de l'esté je n'y sens que froidure , Je n'y voy que ciprès, encore sans verdure, Qu'arbres înfortunez tous degouttansde pleurs, Que vieux boux tous flestris etqu'espinee sans fleurs.

L'echo n'y répond plus qu'aux longs cris de l'orfraye, Dont le mur qui gémit en soy-mesme s'effraye ; Le lierre tortu qui le tient enlacé , En frémissant d'horreur, en est tout hérissé ; Semblable en sa posture à ces enfacs timides Qui , le corps tout tremblant et les yeui tous humides, Embrassent leur nourrice alors que quelque bruit Les va dedans leur couche epouventer la nuit. Si j'y rencontre un cerf, ma triste fantaisie De la mort d'Actéon est tout soudain saisie ; Les cygnes qu'on y void dans un paisible estang Me semblent des corbeaux qui nagent dans du sang; Les plaisans promenoirs de ces longues allées , Où tant d'afflictions ont esté consolées, Sont autant de chemins à ma tristesse offers

88 Les Visions.

Pour sortir de la vie. et descendre aux enfers.

Le Louvre , dont l'éclat se fait si bien parestre ' ,

N'est à mes yeux troublez qu'un chasteau de Bicestre ;

Le fleuve qui le borde est à moy l'Acheroo ,

J'y prend chaque batteau pour celuy de Caron ,

Et, me croyant parfois n'es tre plus rien qu'une ombre

Qui des esprits sans corpa ait augmente le nombre,

D'une voix langoureuse appellant ce nocher,

Jo pense à tous moments qu'il me vienne chercher.

40 pense a tous moments qu umevieuiie cuercuo

Si je prens quelque livre en mon inquiétude , Et tasche à dissiper cette morne habitude ,

Marot, en ses rondeaux , epistres, virelais1,

i. L'tclel du Loutre, dont parle Saint-Amant, étoit loin d'atteindre le degré où il a Été porté depuis par Louis XIV. Le licm: loutre, c'est-à-dire l'œuvre de P. Lescot, embellie par Jean Goujon, augmentée sous Louis XIII d'un pavillon dû a J. Le Mercier, et ornée des caryatides de Saraiin, copie de celles qu'avait sculptées Jean Goujon, dans ta salle des Ceat-Suisses , n'ai oit pas encore reçu les développements que donna à ce monument Perrault. Or sait que les dessins de cet architecte furent préférés h ceux du cavalier Berniu, que Louis XIV avoit fait venir d'Italie , et qui reçut du roi, outre une gratification de i5o,ooo livres, une pension de 6,000 livres et 100 livres par chaque journée de séjour à Paris.

a. S'il a été permis à Boileao de parler des triolets de Marot, qui n'en a jamais composé, on peut bien pardonner k Saint-Amant d'avoir prêté au même auteur des virelais, quoiqu'on n'en trouve aucun dans ses œuvres. P. Delaudun-Daigaliers, dans son chapitre On Iny et virelai, dit : « L'usage est si rare de ces deux sortes de poèmes, qu'il y a fort peu de personnes qui les cognoissent, et ne trouve pas qu'aucun des bons poètes s'y soit amusé. » Aussi le naïf auteur est-il obligé de citer pour exemple un virelay de lui-même. On sait que la Fronde remit en honneur, entre autres anciens genres, le triolet et le rondeau. L'Art poétique (rançau du sieur de la Croix n'a pas oublia le virelai, et en cite un exemple moderne.

Les Visions. 89

Le mocqueur Lucian et le fou Rabelais , Se métamorphosons par certains tours magiques, Ne Bout remplis pour moy que d'histoires tragiques. Ovide en l'Art d'aimer m'épouvante à l'abort ; 1 Amour, avec son dard, y passe pour la Mort ; Avec son dos ailé , pour un oiseau funeste ; Avec son mal fievreai , pour une horrible peste , Et pour une furie avecques son flambeau , Qui ne sert qu'à guider les hummes au tombeau.

Si, pour me retirer de ces creuses pensées, Autour de mon cerveau pesamment amassées , Je m'exerce parfois à trouver sur mon lut Quelque chant qui m'apporte un espoir de salut , Mes doigts, suivans l'humeur de mon triste génie , Font languir les accens.et plaindre l'harmonie ; Mille tons délicats , lamentables et clairs , S'en vont à longs souspirs se perdre dans les airs , Et, tremblana au sortir de la corde animée, Qui s'est dessous ma main au dueil accouslumée , Il semble qu'à leur mort, d'une voix de douleur, Ils chantent en pleurant ma vie et mon malheur.

Si je vay par la ville , aux plus beaux jours de feste , le sort, dont la rigueur pend tousjours sur ma teste, Donnant mesme aux plaisirs de noirs evenemens, Ne me fait rencontrer partout qu'enterre m en 6 , Que pasles criminels que l'on traisne au supplice ; Et lors, m'imaginant quelque énorme injustice , Je m'escrie à l'abord , les sens de peur transis : Dieux Iseroit-ce point là mon pauvre amy Tirais? Non , non , ce n'est pas luy, ma veue est insensée; Vostre gloire en sa mort serait intéressée, Et l'équité céleste ayme trop l'innocent Pour le payer si mal des peines qu'il ressent.

Puis, quand il me souvient de l'horrible aventure Qui mit tout mon bon-heur dedans la sépulture,

do Les Visions.

Ec y mettant Lysia , et qu'il m'est défendu

I>e chercher seulement le bien que j'ay perdu ,

Je m'abandonne aux pleurs , je trouble tout de plaintes,

Un mortel desespoir me donne mille atteintes ,

Et , parmy les tourmens qui m'ostent le repos ,

Songeant à ses escrits , je dis i tous propos :

0 belle Polixene ' .! amante infortunée!

Tu dois bien regretter sa courte destinée ,

Puis qu'une telle fin t'jnterdit d'espérer

Celle des longs travaux qui te font souspirer!

0 précieux enfant d'une si rare plume !

Beau livre! grand trésor, mais trop petit volume!

Ouvrage que la mortempeschade finir!

Je croy que t'ayant veu , tout bon sens doit tenir

Que la plus belle chose, en quoy que l'on souhaîtte.

Se pourra désormais appeller imparfaite ,

t. François de Molière, sieur d'Easartiue, mourut assassiné, jeune encore, en 1618. Lenglet-Dufresnoy , dans sa BiU. iet romani, ne cite que la Polyxént , dont il indique les édit. de iC3ï et de 1843; j'en possède une de 1633. Outre la Potvxènt, vantée aussi par Racan , Molière a compose quelques lettres, qui se trouvent dans le recueil deFaret. Sorel, dans sesR™nrqses (tir le Berger extravagant, se moque du début amphigourique de Potyxtnt (Berger Mm., 3" partie, Rouen, ifi'jfi, p. s55 des Remarquée qui suivent). — A la page 1 9 des mÊmcs Remorques, Sorel cite un autre ouvrage, peu connu, de Molière, Je Semaine amixreite, dont il blâme a les noms a la grecque ».

La CuJïirtw est dédiée à la princesse de Conty. Le privilège, daté de 1635 , semble donner l'ouvrage comme complet dans ses quatre livres. Les quatre pages d'errata qui suivent sont curieuses , et montrent quelle importance l'auteur attachoit à son style — Ce livre est un des nombreui romans qui sont venus, a la remorque de VAstrée, escompter la gloire de cet ouvrage. A vrai dire, c'en est un épisode. — En 1637, un sieur de Molière éloit lieutenant d'artillerie au siège de l'Ile de Ré. {Bill. de Richelieu, par Aubery, p. S?.)

Les Visions. ;

Siplustost on neditque, pour estre divin , 0 livre nompareil! tu n'aspointeude fin. Et je n'en mettray point àTennuy qui me ronge, Car, soit que ton autheur me vienne voir en songe , Ou que je pense à luy comme je fais tousjours , Mes larmes et mes cris auront un mesme cours ; Ma pitié luy veut rendre à jamais cet hommage ; En tous lieux où j'iray sa vaine et pasle image , Visible à moy tout seul , et regretable à tous , Me contera sa mort, me monstrera ses coups, Et , m inspirant au cœur ce que pour allégeance Luy pourra suggérer une horrible vengeance Contre cet assassin rempli de trahison Qui termina ses jours en leur verte saison , Me mettra dans les mainsles plus pesantes chaisnes, Les feux les plus ardens et les plus longues gesnes , Pour en punir ce monstre , et faire un chas liment Que l'on puisse esgaleràmon ressentiment.

G*forf-Snfin, la haute Providence Es ÎHKoS ^q' g°uverne à son gré le temps , &| pS§i Travaillant à noatre abondance , DSlvpHst Rendra les laboureurs contens- Sul, que tout le monde s'enfuye !

Je voy de loing venir la pluye , Le ciel est noir de bout en bout, Et ses influences bénignes Vont tant verser d'eau sur les vignes , Que nous n'en boirons point du tout.

L'ardeur grilloit toutes les herbes.

Et tel les voyoit consumer

i. Pierre Payen-Deslandes fut le /(9" prieur de la Charité , dans le Nivernois. Il succéda, juillet 164 6, au cardinal de Lyon, frère de Richelieu. 11 mourut en 1664, après avoir resigné en faveur de Jacques Hartineau d'Homoir. Paven-Deslandes était doyen des conseillera de la gran d'en ambra du' parlement de Paris. — Dans la Fronde, il proposa (7 février i65i)de défendre aux cardinaux l'administration des affaires, et sa proposition fut suivie de l'arrêt qui proscrivoit Mazariu et les siens. Le 1; avril, il osoil seul accepter an parlement la protestation de la princesse de Condé contre la détention des princes. (V, <Envres de Maître Adam, éditées par H. Ferd. Wagnier.) — Scarron (Œuvres, Paris, 1700, p. 149) adresse une longue épttre et de grands éloges à H, Deslandes-Psyen.

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La Pli-te.

Qui n'eust pas creu tirer des gerbes Assez de grain pour es semer; Bref, la terre en cette contrée , D'une béante soif outrée, N'avait souffert rien de pareil Depuis qu'une audace trop raine Porta le beau fils de C H mené Sur le brillant char du Soleil.

Hais les dieux , mettant bas les arme Que leur font prendre nos péchez, Veulent témoigner par des larmes Que les rostres les ont touchez, Déjà l'humide Iris estale Son beau demy-cercle d'opale Dedans le vague champ de l'air, Et, pressant mainte épaisse nue, Fait obscurcir à sa venue Le temps qui se monstroit si clair.

Ces pauvres sources épuisées Qui ne couloient plus qu'en langueur, En tressaillent comme fusées D'une incomparable vigueur; Je pense, aies voir si hautaines, Que les eaux de mille fontaines Ont ramassé dedans ces lieux Ce qui leur restoit de puissance , Pour aller, par reconnoissance, Au devant de celles des cieux.

Payen, suivons-nous dans ta sale, Voilà le nuage crevé.

0 comme & grands flou) il dévale !

Déjà tout en est abbreuvé.

Won Dieu ! quel plaisir incroyable !

Que l'eau fait un bruit agréable ,

<ç)4 La Plute.

Tombant sur ces fueillages verds !

El que je charmerais l'oreille, Si cette douceur nompareilie Se pouvoit trouver en mes vers !

Çà! que l'on m'apporte une coupe, Du lin frais: il en est saison.

Puis que Cerès boit à la troupe , Il faut bien lu; faire raison ; Mais non pas avec ce breuvage De qui le goust fade et sauvage Ne sçauroit pliure qu'aux sablons Ou qu'à quelque jeune pucelle Qui ne bust que del'eau comme elle, Aûn d'avoir les cheveux blons.

Regarde àl'abry de ces saules Un pèlerin qui se tapit:

Le degoust perce ses espaules, Hais il n'en a point de dépit.

Contemple un peu dans celte allée Thibaut, à la mine haslée, Marcher froidement par compas:

Le bonhomme sent telle joye, Qu'encore que cette eau le noyé.

Si ne s'en oslera-Wl pas. ■

Voy de là dans cette campagne Ces vignerons, tous transportez, -Sauter comme genêts d'Espagne, Se demenans de tous casiez ; Entens d'icy tes domestiques Entrecouper leurs chants rustiques D'un fréquent battement de mains; Tous les cœurs s'en espano lussent, Et les bestes s'en resjouyssent Aussi bien comme les humains.

C.OO^IC

| lisible et solitaire nuit,

Sans lune et sans estoilles, ES Renferme le jour qui me nuit

Dans tes plus sombres voilles; Haste tes pas , déesse , exauce-moy :

J'ayme une brune comme toy .

J'ayme une brune dont les yeui

Font dire à tout le monde Que, quand Phebus quitte les cieui

Four se cacher sous l'onde, C'est de regret de se voir surmonté Du vif éclat de leur beauté.

Mon lut, mon humeur et mes vers

Ont enchanté son ame; Tous se

i . A la suite de « la Jf uitonte du sieur Aunay, tragi-comédie » (Paris, A. de SouimayiHe, i63i),oa tromeles ■ autres leurres poétiques do sieur Auiray a , et parmi celles-ci une pièce intitulée te Talteav de la nuit , bien inférieure fa celle de Saint-Amant. L'auteur a fait de l'esprit jusque dans les «rois, qui défautent par cette phrase : « Il est bien difficile qu'une dame sorte de la presse sans y perdre quelqu'un de ses ornemess. Voici ce que Mado*tt trente fa redire au siens.... a

Elle m'adore, et dit que ses désira Ne vivent que pour mes plaisirs.

Quel jugement y doy-je assoir? '

Veut-elle me complaire?

Mon cœur s'en promet à ce soir

Une preuve plus claire.

Vien donc, 0 nuit! que ton obscurité M'en découvre la vérité.

Sommeil , respans a pleines mains

Tes pavots sur la terre ; Assoupy les yeux des humains

D'un gracieux caterre, Laissant veiller en tout cet élément Ha maistresse etmoy seulement.

Ainsi , jamais de ta grandeur

Rien n'abaisse la gloire ; Ainsi jamais bruit ny splendeur

N'entre en ta grotte noire , Comme autrefois, quand à chaque propos. Iris troubloit ton doui repos.

Ha ! voilà le jour achevé ,

11 faut que je m'appreste ; L'astre de Venus est levé,

Propice à ma requeste ; Si bien qu'il semble en se moastrant si beau , Me vouloir servir de flambeau.

L'artisan , las de travailler ,

Délaisse son ouvrage; Sa femme , qui le voit bâiller ,

En rit en son courage , Et, Tailladant, s'appreste à Les fruits du nuptial devoir.

La Nuict.

Les chats, presque enragez d'amour,

Grondent dans les goutieres ; Les lou-garous , fuyaos le jour ,

Hurlent aux cimetières; Et les enfans , transis d'estre tous seul», Couvrent leurs testes de linceuls.

Le clocbetteur des trespassez ,

Sonnant de rue en rue , De frayeur rend leurs cœurs glacez ,

Bien que leur corps en sue;

Et mille chiens, oyana sa triste vois,

Luy repondent & longs abois.

Ces tons, ensemble confondus,

Font des accords funèbres , Dont les accens sont epand us

Eu l'horreur des ténèbres, Que le silence abandonne à ce bruit Qui l'épouvante et le destruit.

Lugubre courier du Destin ,

Effroy des âmes lasches, Qui si souvent , soir et matin ,

M'esveïlles et me fasches, Va faire ailleurs, engeance de démon , Ton vain et tragique sermon. .

Tu ne me sçaurois empescher

D'aller voir ma Sylvie, Deussay-je , pour un bien si cher,

Perdre aujourdTmy la vie.

L'heure me presse , il est temps de partir. Et rien ne m'en peut divertir.

I La Nuict.

Tous ces venta , qui souffloieut si fort ,

Retiennent leurs haleines ; Il ne pleut plus , la foudre dort ,

Ou n'oit que les fontaines Et le doux son de quelques luts charmai» Qui parlent au lieu des amans .

Je ne puis estre découvert,

La nuict m'est trop fidelle ; Entrons , je sens l'huis entr'ouvert ,

J'apperjoy la chandelle.

Dieux ! qu'est-ce cy T Je tremble a chaque pu, Comme si j'allois au trespas.

0 toy, dont l'œil est mon vainqueur,

Sylvie , eh ! que t'en semble !

Un homme qui n'a point de cœur,

Ne faut-il pas qu'il tremble?

Je n'en ay point, ta possèdes le mien...

Me veux-tu pas donner le tien?

ELEGIE POUR DAMON A Puma.

î hilis, dont les beaux yeux, avec des tràiti de

[flame,

liens et passé dans mon ame,

Et Par quels tristes accens me doy-je lamenter De voir sans reconfort mes ennuis s'augmenter? Depuis le jour fatal qu'en l'amoureuse cbaisne Le Ciel me fait souffrir une éternelle gesne Depuis que vos beautez me donnèrent la lôy, Trouvant tous les amans bien mieux traite! que moy, Je leur dy librement qu'ils Ont tort de se plaindre, [dre, Pour grands que soient les maux quiles puissent attein- Et, jusqu'au fond du coeur leur découvrant mes coups, Ils tiennent que leur sort est de beaucoup plus doua. Mais y voyans au vif engravée une image De qui le beau sujet me cause ce dommage, Les mieux sensez d'entre eux se disent à l'instant Plus mal'heureux que moy de ne l'estrepas tant.

Aussi, belle l'hilis, si mon ame soupire, Ce n'est pas de souffrir sous un si doux empire; Si mes cris redoublez éclattent jusqu'aux cienx, Ce n'est pas de brûler au feu de vos beaux y eux; Au contraire, A Philis 1 la raison m'y convie, Je m'en tiens trop heures* , et ne conte ma vie

ioo Elégie.

Que depuis ce moment qu'un doux et long irospas Me fut prédestiné par vos divins appas.

La douleur qui me pousse à former cette pltinte, Qui, comme mon amour, est exemte de feinte, He vient d'avoir perdu le bon-heur de vous voir Lors que mon bon destin m'en donnoit le pouvoir. 0 cruelle avauture ! 0 perte irréparable ! 0 regret éternel ! 0 Damon misérable ! Falloit-il que le sort te vint offrir ce bien Avec intention de ne t'en donner rien ! 0 rare et seul objet d'où ma peine procède , Las ! regardez un peu comme tout me succède ! J'eusse esté rechercher cet honneur nompareil Par un chemin plus long que celu j du soleil ; J'eusse entrepris cent fois , d'un courage invincible , De faire ce qu'un Dieu trouverait impossible, Pour voua voir à mon aise une fois seulement, Et puis estre à jamais dedans l'aveuglement. Et cependant mon heur et rostre destinée Jiuques dans ma maison vous avoient amenée; Hais le Ciel, envieux du bien que j'en eusse eu , Voulut que le projet s'en fist à mon deceu.

Bêlas ! si vous sçaviez , o l'astre des plus belles( Avec quel sentiment j'entendis ces nouvelles , Il ne me faudrait plus d'autre preuve d'amour Pour vous rendre mes feux aussi clairs que le jour. Je m'en courus soudain dans ces lieux solitaires Baiser de vos beaux pas les sacrez caractères, Et murmurant dessus mille mots insensez , De regret et de joye également poussez , J'y fus un long espace attaché par la veue , Le corps sans mouvement et lame toute emeue. Tint qu'à la fin ma voix avec mille souspirs , Donna ces vers en garde aux amoureux zepbirs, 0 terre ! à qui le ciel , plus qu'à moy favorable ,

Elégie. 101

A permis de jouyr d'un bien si désirable

Que de toucher ma reine et la voir de si près ,

Mesme jusques aux lieux tenus les plus secrets ,

De peur qu'à ('advenir quelque pied sacrilège

Entrant dedans ce parc sans aucun privilège ,

Ne te vienne fouler, je te feray couvrir,

Ou j'y seray tousjours quand il faudra l'ouvrir ;

Et quand l'esté bruslant altérera ta face ,

Et quand l'hyver transi te chargera de glace ,

Mes yeux avec des pleurs éteindront ton ardeur ;

Messouspirs euflamez chasseront ta froideur;

Hais je ne pense pas que rien te puisse nuire,

Après que mon soleil a sur toy daigné luire:

Soleil dont les rayons, te visitans encor,

Vieux que ceux de Phebus te changeraient en or.

0 terre bien- heureuse ! encor que la nature Jadis de l'univers ordonnant la structure, Par un décret occulte aux humains jugemens, T'ait mise le plus bas de tous les elemens, le veux , et je le puis , que ma plume hardie , Quoy que la médisance ou la sottise en die , Porte si haut ta gloire en présence de tous , Que le trosne des dieux un jour soit au dessous.

La Renommée en fin , quand je t'auray dépeinte , Parlera plus de toy que de la Terre sainte; Cybete à ton sujet aura tous les autels Que l'on a consacrez aux autres immortels ; On passera les mers, sans craindre aucun obstacle, Pour jouyr de ta veue ainsi que d'un miracle ; Et quand au bout du temps ce monstre bruslera , Si le Destin m'en croit, il te préservera, le te prie , 0 beau lieu ! qu'aussi- tost que la Parque Contraindra mon esprit d'entrer dedans sa barque , Enregistrant mon nom dans le livre des morts , 11 te plaise fournir de sépulcre ù ce corps.

<03 Elégie.

A peine avois-je dit ce que ma main exprime , Que sur ces pas chéris mes lèvres je r'imprime. Et m 'arrachant moy-mesme à regret de ce lieu , Mes soupirs seulement purent leur dira adieu. Philis, voyez par là combien je vous honore, Et pour en parler mieux, combien je vous adore, Puisque ce que vos piedsn'ont touché qu'en passant Tire de mon amour un effet si puissant. Mais , 6 rare beauté ! j'oubliois à vous dire Que là tous les objets , pour croistre mon martyre , De vostre bel aspect tous gais, tous embellis, Sembloient dire à mes yeux : Nous avons veu Philis.

De grâce, octroyez-moy que ce bon-heur m'arrive, Ou je verray bien-tnst la sombre et pasle rive , Car un démon me dit, me suivant pas à pas , Que ce retardement hastera mon trespas.

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PLAINTE la mort de Silvii.

iau qui cours après toy-mesnie, 1 Et qui te fuis loy mesme aussi, BArresto uu pou tou onde ici g Pour «gcouter mon dueil extreame; Puis , quand tu l'auras seau , va-t'en dire à la mer Qu'elle n'a rien de plus amer.

Raconte- -luy comme Sylvie , Qui seule gouvernoit mon sort, A roceu le coup de la mort Au plus bel âge de la vie, El que cet accident triomphe en mesme jour De toutes les forces d'Amour.

Las ! je n'en puis dire autre chose , Mes souspin (renchérit mon discours.

Adieu, ruisseau, repren ton cours, Qui non plus que moy ne repose ; Que si par mes regrets j'ay bien pu t'arreaur, Voilà des pleurs pour te.haster.

ELEGIE A DÂHON.

i , je languissois dans un sombre silence. Ë Suivant de mon humeur la froide nonchalence, R Quand cet œil gracieux, dont tu te sensespris, ~ n le bruslant le cœur éclaira mes esprits. Lors mille hauts sujets réveillèrent ma veine , Et, publiant sa gloire en dépeignant ta peine , Je mis la Muse en œuvre, et taschay par mes vers De le faire briller aux bouts de l'univers. Les voyans si hardis à chanter sa louange , 0 vous qui les orrez , ne trouvez point estrange Qu'il leur ait inspiré , d'un éclat nompareil, La fureur d'Apollon , puis que c'est un Soleil.

Depuis , entretenant ce beau feu qu'il allume , Il a tousjours receu quelque fruit de ma plume. J'ay fût dire à mon lut qu'Orante seulement Elevé tous les cœurs dans le ravissement ; Et lors, sans vanité, qu'il chante ses merveilles. Il ne transporte pas , possible , moins d'oreilles ; Mais elle en est la cause , on l'en doit admirer , Et luy donner l'honneur que j'en pourrois tirer.

Pour moy , comme je puis , par tout je m'en acquitte , Sçachant que la Raison, qui connoist son mérite, Requiert que le devoir ne se pi" En moy de la louer , en toy de la servir.

Elégie. 10.

Sers-la donc, cher Damon; mets 7 toute industrie. Pousse tes sentimens jusqu'à l'idolâtrie : Les Dieux t'excuseront pour un sujet si beau. En tout cas ne crains poiut la rigueur du tombeau . Quand quelque deïté s'en tieodroit offencée , Tu garderas toujours cecy dans ta pensée. Que, depuis qu'un mortel une fois a gousté De ce manger divin en l'OIimpe appresté, De ce mets précieux qu'on appelle ambroisie , On peut asseurement croire sans frénésie Qu'il est exempt d'aller en ces tristes manoirs Où Charon a passé tant de fantômes noirs.

Hé ! n'en goûtas-tu pas quand tu baisas Orante , Quand je te vj pasmésur sa bouche odorante, Et que ses doux regards te firent revenir ï 0 combien vivement tu t'en dois souvenir !

Et puis , quand tu mourrois pour l'avoir adorée , De quel plus beau trespas pourrait estre honorée Une vie où l'amour fait voir sa passion Jusques au plus haut point de la perfection? Mais , 0 le vain discours où s'engage ma Huse ! Que je suis aveuglé! que ma raison s'abuse 1 Puis qu'on la tient déesse entre les immortels , On peut bien sans péché luy dresser des autels.

Sers-la donc, cher Damon, révère son empire, Jamais à d'autre but ta volonté n'aspire ; Jamais autre beauté ne se loge en ton cceur , Et jamais autre objet n'en puisse estre vainqueur. Fay-la tirer au vif comme elle est dans ton atne y Et puis, pour signaler ton courage et ta dame, Àrme-toy fièrement d'un superbe haraois. Et va chercher par tout les plus fameux tournois. Déifiant au combat , d'une ardente menace , Quiconque osera dire, enflé de vaine audace. Que la beauté qu'il sert s'égale au moindre trait

io6 Elégie.

One l'art fera briller en ce rare portrait.

Et quand mesme ce diaa qui préside àla gner», S'eslevant contre toy, voudrait descendre en lerre, Que ton bras le contraigne à dire que Cypris N'eut ]>maig tant d'appas que celle qui t'a pria.

Mais h quoy ces conseils te sont-ils nécessaires! Tu ne peux en cela rencontrer d'adversaires , Pois que tous les amans disent de leur bon gré Qu'elle tient des beautez le supresme degré. Elle le lient vrayement , et jamais la nature N'employa tant de soins à l'humaine structure. Les elemens grossiers , concertons leurs accords, N'ont rien contribué pour faire un si beau corps; Elle est comme le ciel , d'où sa forme est venue , D'une matière pure à nos sens inconnue : Encor, le surpassant, elle a double soleil, Comme elle a double aurore en son beau teint vermeil. On la doit croire Lune en sa blancheur extresme , Puis que sa chasteté la rend. Diane mesme; Enfin rien icy bas ne la peut égaler, Et la voix d'un mortel oesçait comme en parler.

La rose devient pasle approchant de sa joue, Si bien que l'on dirait qu'en soy-mesme elle ad voue Qu'elle a commis un crime en la témérité De s'astre comparée avec cette beauté.

Le lis tremble et rougit dès que sa main le touche , Et par cette action, quiluy tient lieu débouche, Plein de crainte et de honte, il semble déclarer Qu'il est vaincu par elle, et qu'il faut l'adorer; Alors il s'humilie en abaissant la teste , Tout ainsi qu'il demeura après quelque, (empeste ; Et, lui sacrifiant sa plus vive frescheur, Il rend tout aussi-test hommage à sa blancheur. Ha muse de bon sens n'est pas si depourveue Qu'elle s'aille ingérer de dépeindre sa veue.

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Elégie. . 107

C'est assez qu'elle ait dit que , surpassant les cieuz , Elle peut faire voir deux soleils en ses yeux. Eh ! quel aigle hautain, exerçant ses prunelles , Auroit bien ramassa tant de vigueur en elles , Qu'il pust considérer d'un effort inony Deux soleils A la fois sans en estre eblouyî

le depeindroy son front si le jaloux Zephire, Redoutant que l'amour ne me le fis.t décrire , Et qu'un autre que luy ne luy portast fies vœux , Ne me le cachoit point avec ses blonds cheveux. Que nediroy-je pas de sa voix angelique, Qui chasse des esprits l'humeur mélancolique! Quelle stupidité ne s'en eveilleroit!

Quelle estrange fureur ne s'en assoupiroit! Avec quels doux propos et quels amoureux gestes Vante-t-on son beau sein , ces deux mondes célestes ! Que l'on est estonné , lors qu'on pense à ce point, Qu'en se voyant si beaux ils ne se baisent point 1

0 Damou! o Damon! que l'on te porte envie Quand on te voit mener une si douce vie, Que de souffrir ainsi le martyre d'amour Pour le plus bel objet qui jamais vit le jour I Mais n'en sois point en peine , aucun ne t'y peut nuire ; C'est sur toy seulement que ses yeux daignent luire : Car ton heureux destin, travaillante ton bien, A tant fait que d'abord il a gaigné le sien.

Enfin , quand ses faveurs et ta persévérance Par la possession t'osteroat l'espérance , Je croy que tu diras qu'après un tel plaisir Tu ne scaurois trouver dequoy faire un désir.

C.OO^IC

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