ACTE II, SCÈNE I
t-elle pas le roi? sinon je vous amène pour témoins deux fois quinze mille cœurs de la race d'Angleterre.
LE BATARD. — Bâtards et autres.
LE ROI JEAN. — Prêts à justifier notre titre au prix de leur vie.
PHILIPPE. — ^Autant de guerriers aussi bien nés que les siens...
LE BATARD. — ^Parmi lesquels sont aussi quelques bâtards.
PHILIPPE. — Sont devant lui pour combattre ses prétentions.
UN CITOYEN. — En attendant que vous ayez réglé lequel a le meilleur droit, nous, pour nous conserver au plus digne, nous nous défendrons contre tous deux.
LE ROI JEAN. — Alors que Dieu pardonne leurs pécbés à toutes les âmes qui, avant la chute de la rosée du soir, s'envoleront vers leur éternelle demeure, dans ce procès terrible pour la royauté de notre royaume I
PHILIPPE. — Amen, amen. — Allons, chevaliers, aux armes !
LE BATARD.— Saint Georges, toi qui domptas le dragon et qu'on voit toujours depuis assis sur sou dos à la porte démon hôtesse, enseigne-nous quelque tour de ta façon. (S'adressant à V Archiduc,) Drôle, si j'étais chez toi, dans ton antre avec ta lionne, je mettrais à ta peau de lion une tête de bœuf, et je ferais de toi un monstre.
l'archiduc — Paix; pas un mot de plus.
LE BATARD. — Oh! tremblez, car voilà le lion qui rugit.
LE ROI JEAN. — Avançons plus haut dans la plaine, où nous rangerons tous nos régiments dans le meilleur ordre.
LE BATARD.— Hâtez-vous aloTs, pour prendre l'avantage du terrain.
PHILIPPE. — Il en sera ainsi. (A Louis.) Commandez au
reste des troupes de se porter sur l'autre colline. Dieu et
notre droit!
(Ils sortent.)
m LE SOI JEAN.