ACTE I, SCÈNE IV
une marchande d'huîtres ; deux charretiers , pour lui avoir souhaité la faveur de Dieu, ont reçu l'hommage de son flexible genou, avec ces mots : « Je vous remercie, mes compatriotes , mes bons amis ; » comme si notre Angleterre lui devait revenir en héritage, et qu'il fût au premier degré l'espérance de nos sujets.
GREEN. — Eh bien, il est parti; bannissons avec lui toutes ces idées. Maintenant songeons aux rebelles soulevés dans l'Irlande : il faut s'en occuper promptement, mon souverain, avant que de plus longs délais multiplient leurs moyens à leur avantage et au détriment de Votre Majesté.
RICHARD. — ^Nous irous en personne à cette guerre ; et comme ime cour trop brillante et la libéralité de nos largesses ont rendu nos coffres un peu légers, nous nous trouvons forcés d'affermer nos domaines royaux pour en retirer un revenu qui puisse fournir aux affaires du moment. Si cela ne sufîisait pas, nos lieutenants auront ici des blancs seings, au moyen desquels, quand ils sauront que les gens sont riches, ils leur imposeront de grosses sommes d'or qu'ils nous enverront pour faire face à nos besoins; car nous voulons partir sans délai pour l'Irlande. {Entre j5ia5%.)— Quelles nouvelles, Bushy ?
BUSHY.— Le vieux Jean de Gaunt, seigneur, est dangereusement malade : il a été pris subitement, et il a envoyé im exprès en diligence pour conjurer Votre Majesté d'aller le visiter.
RICHARD. — Où est-il?
BusHY.— A Ely-House.
RICHARD.— Ciel, inspire à son médecin la pensée de l'aider à descendre promptement dans la tombe ! La doublure de ses coffres nous ferait des habits pour équiper nos soldats de l'armée d'Irlande.— Venez, messieurs; allons tous le visiter, et prions le ciel qu'en faisant diligence nous arrivions trop tard.
(Ils sortent.) FIN DU PREMIER ACTE.