‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 190 sur 301 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Un appartement à Ely-Houme.

GAUNT sur un Ut de repos, LE DUC D'YORK^ et d^autres personnes autour de lui,

GAUNT.— Le roi viendra-t-îl? Pourrai-je rendre le dernier soupir en donnant de salutaires conseils à sa jeunesse sans appui?

YORK. — Cessez de vous tourmenter; ne forcez point votre poitrine, car c'est bien en vain que les conseils arrivent à son oreille.

GAUNT. — Oh ! mais on dit que la voix des mourants captive l'attention comme une solennelle harmonie; que lorsque les paroles sont rares, elles ne sont guère jetées en vain, car ils exhalent la vérité ceux qui exhalent leurs paroles dans la douleur, et celui qui ne parlera plus est plus écouté que ceux auxquels la jeunesse et la santé ont appris à causer, On remarque plus la fin des hommes que leurs vies précédentes ; de même que le coucher du soleil, la dernière phrase d'un air, la dernière saveur d'un mets agréable sont plus douces à la fin et se gravent mieux dans la mémoire que les choses passées depuis longtemps. Quoique Richard ait refusé d'écouter les conseils de ma vie, les tristes discours de ma mort peuvent encore vaincre la dureté de son oreille.

YORK. — Non, elle est bouchée par d'autres sons plus flatteurs, par exemple les éloges donnés à sa magnificence : on entend ensuite autour de lui des vers impurs dont les sons empoisonnés trouvent ToreiUe de la jeu-

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