‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 209 sur 301 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

courcissant, pour tant de licence, de toute la longueur de votre tête.

BOLiNGBROKE. — ^Mou ouclc, ne prenez pas les choses plus mal que vous ne le devez.

YORK.-^Et vous, mon cher neveu, ne prenez pas plus qu'il ne vous appartient, de peur de vous méprendre : le ciel est au-dessus de votre tête.

BOLINGBROKE. — Je lo sais, mon oncle, et ne m'oppose point à ses volontés. — Mais qui s'avance vers nous? (Entre Percy,) — C'est vous, Henri I Eh bien, est-ce que ce château ne se rendra point?

PERCY. — Une force royale, milord, t'en défend l'entrée.

BOLINGBROKE. — Commout, royalo? Une renferme point de roi?

PERCY. — Oui, milord, il renferme un roi : Le roi Richard est enfermé dans cette enceinte de ciment et de pierres; et avec lui sont lord Aumerle, lord Salisbury, sir Etienne Scroop, et de plus un ecclésiastique de sainte renommée : qui c'est, je n'ai pu le savoir.

NORTHTJMBERLAND. — Il y apparence que c'est l'évêque de Garlisle.

BOLINGBROKE , à Northumberland. — Noble seigneur, approchez-vous des rudes flancs de cet antique château ; que l'airain de la trompette transmette à ses oreilles ruinées la demande d'une conférence, et portez au roi ce message : « Henri de Bohngbroke, à deux genoux, baise la main du roi Richard, et envoie à sa personne royale l'hommage de son allégeance et de la fidélité loyale de son cœur. Je viens ici mettre à ses pieds mes armes et mes forces, pourvu que mon bannissement soit annulé, et que mes domaines me soient restitués libres de toutes charges : sinon, j'userai de l'avantage de ma puissance, et j'abattrai la poussière de l'été par une pluie de sang versée par les blessures des Anglais égorgés. Mais il est bien loin du cœur de Bohngbroke de vouloir que cette tempête pourpre vienne arroser le sein frais et verdoyant du beau royaume du roi Richard, et c'est ce que lui prouvera assez mon humble soumission. » — ^Allez, faiteslui entendre ceci, tandis que nous, nous avancerons sur

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le tapis de gazon de cette plaine. (Noinhumbêfland «V vance vers le château avec un ïrompe/ie.)— Marchons Bans faire entendre le bruit menaçant dei tambours, afin que du haut des murs en ruine de ce château on puisse bien entendre nos honorables offres. — Il me semble que le roi Richard et moi nous devons nous rencontrer d'une manière aussi terrible que les éléments du feu et de l'eau, lorsque leurs tonnerres se rencontrant déchirent de leur choc le front nébuleux du firmament. Qn'il soit le feu, je serai Teau docile; que la rage soit de son côté, tandis que je répandrai la pluie de mes eaux sur la terre, sur la terre, non sur lui. Marchons en avant, et observons quelle sera la contenance du roi Kichard.

(La trompette sonne pour demander un pourparler, une autre trompette répond de Tintérieur de la forteresse. — Fanfare.— Richard paraît sur les remparts, suivi de l'évoque de Carlisle, d'Aumerle, de Scroop etde Salisbury.)

YORK.— Voyez, voyez : le roi Richard paraît lui-même, semblable au soleil rougissant et mécontent, loi*sque, sortant du portail enflammé de l'orient, il voit les nuages jaloux s'avancer pour ternir sa gloire et obscurcir le cours de son brillant passage vers Poccident. Il a pourtant encore Tair d'un roi. Voyez : son œil , aussi brillant que celui de l'aigle, lance les éclairs de la majesté souveraine. Hélas I hélas ! malheur à nous si quelque mal venait à ternir un si noble aspect I

RICHARD, à Northumberland, — Nous sommes surpris, et nous nous sommes si longtemps arrêté pour attendre que ton genou respectueux fléchît devant nous parce que nous croyons être ton légitime souverain. Si nous le sommes, comment tes articulations osent-elles oubher de nous rendre l'hommage solennel que tu dois à notre présence? Si nous ne le sommes pas, montre-nous comment la main de Dieu nous a dépossédé des fonctions dont il nous avait revêtu ; car nous savons que nulle main d'os et de sang ne peut saisir la poignée sacrée de notre sceptre, sans le profaner, le voler, ou l'usurper; et dussiez-vous penser que tous mes sujets ont comme vous violemment séparé leurs cœurs de notre cause, et

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