‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 260 sur 301 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

j'ai reçu huit coups d'épée au travers de mon pourpoint, quatre dans mes chausses ; mon bouclier est percé d'outre en outre, mon épéô' hachée comme une scie, ecce signum. Je n'ai jamais mieux fait depuis que j*ai âge. d'homme ; cela n'a servi de rien. Malédiction sur tous les poltrons ! — Demandez-leur plutôt. S'ils vous disent plus ou moins que la vérité, ce sont des traîtres, des enfants de ténèbres,

HENRI. — Parlez, messieurs; comment cela s'est -il passé ?

GADSHmL. — ^Nous quatro sommes tombés sur une douzaine ou environ.

FALSTAFF. — Scize au moins, milord.

GADSHiLL. — Et les avous garrottés.

PETO. — Non, non, ils n'ont pas été garrottés.

FALSTAFF.-=-Que dis-tu, maraud? Ils ont été tous garrottés sans exception d'un seul, ou je suis un Juif, un Juif hébreu.

GADSHILL. — Gomme nous étions à partager, six ou sept nouveaux-venus nous sont tombés sur le corps.

FALSTAFF.— Et alors ils ont détaché les autres qui sont venus encore.

HENRI.— Comment, est-ce que vous vous êtes battus tous?

FALSTAFF.— Tous? Je ne sais ce que vous entendez par tous ; mais si je ne me suis pas battu avec une cinquantaine, je ne suis qu'une botte de radis ! S'il n'y en avait pas cinquante-deux ou cinquante-trois sur le pauvre vieux Jack, je ne suis pas une créature à deux pieds.

poiNS. — Je prie le ciel que vous n'en ayez pas tué quelques-uns.

FALSTAFF. — Oh! ccttc prière vient trop tard. J'en ai poivré deux; oui, je suis sûr d'en avoir bien payé deux, deux coquins en habits de bougran. Je te dis la chose comme elle est, Hal ; si je te mens, crache-moi au visage, appelle-moi cheval. Tu connais bien ma vieille manière de me mettre en garde? Je me tenais de là, et la pointe de mon épée comme cela : quatre coquins en bougran fondent sur moi.

438 H|S»Ri IV.

HENRI. -r-Gpmii|6nt quatr^ ? Tu m <}jf^ que ^^x tout àrh6i|re.

FAL8TAFF. — QuatTiB, Hal. J'fti toujours dit qu^trQ,

poiNS.-rOui, oui, il a dij quatre,

FAL8TAFF. — Ces quatro-là se sont préaeatés de frcmt, et il6 fonçaient principalement piir mo^ \ je ne m'en suis pas embarraâ34 d'abord. Je vous ai rassemblai leurs sept pointes dans mon bouclier, comme cela.

HENRI .-r-Septl (Comment, il n'j en avait que quatre tout à l'heure.

FALSTAFF.— En bougrfiMi, vous ài^jq.

poiNs.— Oui, quatre en habit de bougran.

FALSTAFF. — Sept, YOUsdisrJQ, ps^ petto épée, pu je suis un coquin.

HENRI.— Je t'en prie, laisse-le aller son train, nous en aurons encore davantage tout à Theur^.

FALSTAFF. —M'entends-tu, Hal ?

HENRI.— Oh! que oui, je comprends bien aussi, Jack.

FALSTAFF. — N'y manque pas, car cela vaut la peine d'être écouté.. Gesneuf en bougran, comme je te le disais donc.

HENRI. — En voilà déjà deux de plus.

FALSTAFF.— Quand ils virent leurs pointes raccourcies de cette façon....

POINS.— Ils se trouvèrent alors des courtes-pointes*.

FALSTAFF.— Ils Commencèrent à reculer ; mais je les suivis de près et vous les accostai corps à corps, et en un clin d'œil, je fis le compte à sept des onze.

HENRI.— 0 prodige I onze hommes en bougran sortis de deux I

FALSTAFF. — ^Mais le diable a voulu que trois maudits

* FALSTAFF. ThetT pointshemg Iroken, . ,

POINS. Down fell their hose.

Points signifie également pointe d'épée et aiguillettes. Ainsi le sens littéral de la plaisanterie est :

FALSTAFF. LeuFS pointes (aiguillettes) étant brisées. . . POiNS. Leurs chausses tombèrent à terre.

Il a fallu trouver quelque jeu de mots à substituer à celui-là, impossible à faire passer en français.

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