‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 269 sur 301 · ACTE m, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE I

scellés, opération qui peut être terminée ce soir, demain^ cousin Percy , vous et moi et le bon Worcester, nous partirons ensemble pour aller rejoindre votre père, et les troupes écossaises, au rendez-vous gui nous est donné à Shrewsbury. Mon père Glendower n'est pas prêt encore, et nous n'aurons pas besoin de son secours d'ici à quatorze jours. — {A Glendower,) Dans cet intervalle, vous aurez eu le temps de rassembler vos vassaux, vos amis et les gentilshommes de votre voisinage.

GLENDOVsrER.— Je VOUS aurai rejoints avant ce temps, milords, et vos dames viendront sous mon escorte. Il faut en ce moment leur échapper adroitement et sans leur dire adieu ; car il y aurait un déluge de répandu quand vos femmes et vous auriez à vous dire adieu.

HOTSPUR. — Il me semble que ma portion au nord, depuis Burton jusqu'ici, n'égale pas les vôtres en étendue. Voyez comme cette rivière vient par ici me faire un crochet dans mes terres et m'en couper les meilleures, une énorme demi-lune, un angle prodigieux. Je veux que le courant,soit coupé en cet endroit. Les ondes claires et argentées de la Trent couleront ici dans un nouveau canal uni et droit ; elle ne serpentera plus dans ce profond détour pour me venir voler un si riche coin de terre.

GLENDOWER. — ^Elle ne serpentera plus? Elle serpentera, il le faut bien. Vous voyez que c'est là son cours.

MORTiMER.— Oui, mais remarquez donc comme elle continue et revient sur moi de l'autre côté pour vous élargir de même, me retranchant sur ce point là tout autant qu'elle vous ôte sur l'autre.

WORCESTER. — ^Saus doutc, mais vous pouvez, sans qu'il en coûte fort cher, couper ici la rivière ; et en regagnant du côté du nord cette pointe de terre, la faire ainsi couler tout droit et sans détours.

HOTSPUR. — Je veux qu'il en soit ainsi ; cela ne coûtera pas cher.

GLENDowBR.~Et moi, je ne veux pas qu'on change son cours.

HOTSPUR. — Vous ne le voulez pas?

, GLiii]>QWiE.rr*Noii, et VOUS ue le feres ^a9.

HOfiSBUH.— rQui H)e dira non ?

6LBNiioti^^.--0ui? ce aéra moi.

H0T8PUR.— Tâûbe«doncgueje ne Tentende pas. Parlez gallois.

Gi.BNDowEB.r-^e sais parler anglais, milord, et tout aussi bien que vous; car j'ai été élevé à la cour d'Angleterre, et très-jeune encore j'ai arrangé pour la harpe, et très-agréablement, une quantité de chansons anglaises, et j'ai su ajouter à la langue d'utiles ornements, mérite qu'on n'a jamais remarqué en vous.

HOTSPUR. — ^Vraiment, je m'en félicite de tout mon cœur. J'aimerais mieux être chat et crier miaou, que d'être un de vos ouvriers en vers de ballades. J'aimerais mieux entendre grincer un chandelier de cuivre ou une roue mal graissée gratter son essieu; cela m'agacerait moins les dents, beaucoup moins que tous ces diminutifs de poésie : elles ressemblent à l'allure forcée d'un poulain qu'on dresse.

GLENDOWER. — AUous, OU VOUS changera le cours de la Trent.

HOTSPUR. — Oh! je ne m'en embarrasse guère. J'en donnerai, quand on voudra, trois fois autant à lami de qui j'aurai à me louer; mais en fait de marché, voilà comme je suis, je chicanerais sur la neuvième partie d'un cheveu. Les articles sont -ils dressés? Partonsnous?

OLENDOWER. — La luue est belle; vous pouvez partir la nuit. Je vais presser le rédacteur pendant ce temps, et vous, préparez vos femmes à votre départ. — ^Je crains que . ma fille n'en perde la raison, tant elle aime passionnément son cher Mortimer !

(H sort.)

MORTIMER. — Fi, cousin Percy I pouvez-vous contrarier ainsi mon père.

HOTSPUR.—Je ne peux m'en empêcher. Il me met quelquefois en colère quand il vient me parler de la taupe et de la fourmi, de l'enchanteur Merlin et de ses prophéties, et d'un dragon, et d'un poisson sans na-

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