‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 30 sur 301 · ACTE II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX

PORTiA. — La voici : que lui veut monsieur?

LE VALET. — Madame, il vient de descendre à votre porte un jeune Vénitien, qui marche devant son maître pour annoncer son arrivée, et vous présenter de sa part des hommages très-substantiels, je veux dire, outre les compliments et les paroles courtoises, des présents d'un haut prix. Je n'ai jamais vu de messager d'amour si avenant. Jamais un jour d'avril n'annonça les richesses de l'été qui s'avance, sous un aspect aussi gracieux que ce courrier lorsqu'il annonce son maître.

PORTIA. — Arrête, je te prie; je crains presque que lu ne me dises tout à l'heure qu'il est de tes parents, en te voyant dépenser ainsi, pour le louer, tout ton esprit des dimanches. Allons, allons, Nérissa, je brille de voir cet agile courrier d'amour, qui se présente de si bonne grâce.

NÉRISSA. — Que ce soit Bassanio, seigneur Amour, si telle est ta volonté I

(Ils sortent.)

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