‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 31 sur 301 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

A Venise. -* Une rue.

SALANIO, SALARINO.

SALANio. — Eh bien! quelles nouvelles sur le Rialto?

SALARINO. — Le bruit y continue toujours, sans que personne le contredise, qu'Antonio a perdu dans le détroit un vaisseau richement chargé à l'endroit qu'ils nomment, je crois, les Good-wins; un bas-fond dangereux et fatal, où sont ensevelis, dit-on, les carcasses d'une foule de gros vaisseaux ; si du moins ma conunère d'histoire se trouve être femme de parole.

SALANIO. — Je voudrais qu'elle fût la plus menteuse commère qui ait jamais mangé pain d'épice, ou qui ait voulu faire accroire à ses voisines qu'elle pleurait la mort de son troisième mari. — Mais il n'est que trop vrai, sans perdre le temps en paroles, et pour dire tout bonnement les choses sans détour, que le bon Antonio, l'honnête Antonio.... Oh I de quelle épithète assez digne pourrai-je accompagner son nom ?

SALARINO. — Eh bien! enfin?

SALANIO. — Ehl que dis-tu? La fin de tout cela, c'est qu'il a perdu im navire.

SALARINO. — Je voudrais du moins que ce fût là la fin de ses pertes.

SALANIO. — Que je te réponde à temps. Amen! de peur que le diable ne vienne empêcher l'effet de ta prière, car c'est lui que je vois s'avancer sous la figure d'un

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