‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 36 sur 301 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Ding dong, ding dong, voie*.

BASSANIO.— C'est ainsi que ce qui parait le plus en dehors répond le moins à l'apparence. Le monde est sans cesse déçu par Tornement. En justice est-il un argument si souillé, si pervers, qu'une voix gracieuse ne puisse l'envelopper de façon à cacher le mal qui s'y trouve renfermé? En reUgion, est-il une erreur damnable, qu'un front sévère ne sanctifie et ne fasse passer au moyen d'un texte qui en cachera la grossièreté sous une séduisante parure? Il n'est pas de vice si ingénu qui n'emprunte àTextérieur quelques caractères de la vertu. Que de poltrons, au cœur aussi peu sûr qu'un escalier de sable j portent cependant sur leur menton les barbes d'Hercule et du terrible Mars I Pénétrez dans leur intérieur, vous ne trouverez que -des foies blancs comme du lait : ils ne prennent du courage que ce qu'il jette en dehors, pour se rendre redoutables. Regardez la beauté, et vous verrez qu'elle s'achète au poids de ce métal qui opère en ceci un miracle dans la nature, rendant plus

i Ding dong belU Ce refrain est destiné à imiter le son de la

cloche qui ne se pourrait rendre en français en traduisant belî

par cloche, qui est le mot correspondant. On y a substitué vole,

- qui exprime une des manières de sonner la cloche, et produit à

peu près le même effet imitatif.

Page 1