ACTE V, SCÈNE I
BASSÂNio. — Vous étiez le docteur, et je ne vous ai pas reconnue?
GRATiANO.— Vous étiez donc le clerc qui doit me faire cocu?
NÉRissA. — Oui, mais le clerc qui ne le voudra jamais, à moins qu'il ne vive assez longtemps pour devenir homme.
BASSANio.— Aimable docteur, vous serez mon camarade de lit. En mon absence, couchez avec ma femme.
ANTONIO. — Aimable dame, vous m'avez rendu la vie et de quoi vivre; car j'apprends ici avec certitude que mes vaisseaux sont arrivés à bon port.
poRTiA.— Lorenzo, mon clerc a aussi quelque chose de consolant pour vous.
NÉRISSA. — Oui, et je vous le donnerai sans demander de salaire. Je vous remets à vous et à Jessica un acte en bonne forme, par lequel le riche Juif vous fait donation de tout ce qu'il se trouvera posséder à sa mort.
LORENZO. — ^Mes belles dames, vous répandez la manne sur le chemin des gens affamés.
PORTIA.— Il est bientôt jour, et cependant je suis sûre que vous n'êtes pas encore pleinement satisfaits sur ces événements. Entrons; attaquez-nous de questions, et nous répondrons fidèlement à toute chose.
GRATIANO, — Volontiers : la première que je demanderai sous serment à ma chère Nérissa , c'est de me dire si elle aime mieux rester sur pied jusqu'à ce soir, ou s'aller couchera présent, qu'il est deux heures du matin. Si le jourétait venu, je désirerais qu'il s'obscurcît pour me mettre au lit avec le clerc de l'avocat. Oui, tant que je vivrai, je ne- m'inquiéterai de rien aussi vivement que de conserver.en sûreté l'anneau de Nérissa.
FIN DU CINQUIÈME ET DERNIER ACTE