ACTE I, SCÈNE î
PAGE. — Nous trois, pour connaître de TafFaire, et rédiger raccommodement entre eux.
EVANS.— Parfaitement, j'écrirai un précis de l'affaire sur mes tablettes. Et nous travaillerons ensuite sur la chose avec une aussi grande prudence que nous le pourrons.
FALSTAPP . — Hst ol ?
piSTOL. — n écoute de ses oreilles.
EVANS. — Par le diable et sa grand'mère, quelle phrase estK^là? IlécotUe de son orei^te/ C'est là de l'affectation.
FALSTAFP. — Pistol, avc^-vous pris la bourse de monsieur Slender ?
SLENDKR. — Oui, par ces gants, il l'a prise, ou bien que je ne rentre jamais dans magrande chambre ! Et il m'a pris sept groats en pièces de six pence, et six carolus de laiton, et deux petits palets du roi Edouard, que j'avais achetés deux schellings et deux pence chaque, de Jacob le meunier. Oui, par ces gants.
PALSTAPF. — Pistol, cela est-il vrai?
EVANS. — ^Non, c'est faux, si c'est une bourse filoutée.
PISTOL, à Evans. — Sauvage de montagnard que tu es ! (A Falstaff.) — Sir John,mon maître, je demande le combat contre cette lame de fer-blanc. Je dis que tu en as menti ici par la bouche; je dis que tu en as menti, figure de neige et d'écume, tu en as menti.
SLENDER. — Par ces gants, alors, c'est donc cet autre.
(Montrant Nym.)
NYM. — Prenez garde, monsieur, finissez vos plaisanteries. Je ne tomberai pas tout seul dans le fossé, si vous vous accrochez à moi I Voilà tout ce que j'ai à vous dire.
SLENDER. — Par ce chapeau, c'est donc celui-là, avec sa figure rouge. Quoique je ne puisse pas me souvenir de ce que j'ai fait, quand une fois vous m'avez eu enivré, je ne suis pourtant pas tout à fait un âne, voyez-vous.
FALSTAFF, à Bavdolph, — Que répondez- vous, Jean et l'Écarlate • ?
^ Scarlet and John. Noms de deux des compagnons de Robin Hood.
BARDOLPH.— Qui, Hioi, moDsieur? Je dis que ce galant homme s'est enivré jusqu'à perdre ses cinq sentiments de nature.
EVANS. — n faut dire les cinq sens. Ah ! par Dieu, ce que c'est que l'ignorance 1
BARDOLPH. — Et qu'étant ivre, monsieur, il aura été, . comme on dit, mis dedans ; et qu'ainsi, fin finale, il aura passé le pas.
SLENDER. — Oui, VOUS parliez aussi latin ce soir-là. Mais c est égal, après ce qui m'est arrivé, je ne veux plus m enivrer jamais de ma vie, si ce n'est en honnête, civile et sainte compagnie. Si je m'enivre, ce sera avec ceux qui ont la crainte de Dieu, et non pas avec des coquins d'ivrognes.
EVANS.— Comme Dieu me jugera, c'est là une intention vertueuse I
FALSTAFF. — Vous avez entendu, messieurs, qu'on a tout nié. Vous l'avez entendu.
(Mistriss Anne Page entre dans la salle, apportant du vin. Mistriss Page et mistriss Ford la suivent.)
PAGE. — Non, ma fille : remportez ce vin, nous boirons là dedans.
(Anne Page sort.)
SLENDER.— 0 ciel I c'est mistriss Anne Page ! PAGE. — Haï vous voilà, mistriss Ford.
FALSTAFF. — ^Par ma foi, mistriss Ford, vous êtes la très-bien arrivée. Permettez, chère madame...
(11 l'embrasse. )
PAGE. — Ma femme, souhaitez la bienvenue à ces messieurs. Venez, messieurs, vous mangerez votre part . d'un pâté chaud de gibier. Allons, j'espère que nous noierons toutes vos querelles dans le verre.
(Tous sortent excepté Shallow, Evans et Slender.)
SLENDER. — Je donnerais quarante schellings pour avoir ici mon livre de sonnets et de chansons. (Entre Simple,) Gomment, Simple ? D'où venez-vous ? Il faut donc que je me serve moi-même, n'est-ce pas?— Vous n'aurez pas non plus le livre d'énigmes sur vous? L'avez-vous?
SIMPLE. —Le livre d'énigmes! Gomment, ne Tavez-voug