‹ Œuvres complètes de ShakspeareChapitre 72 sur 301 · ACTE I, SCÈNE IV, 41S · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV, 41S

dernière lueur du cbarbon de terre, C'est un brave garçon, serviable, complaisant autçmt que le puisse être un domestique dans ime maison ; et qui, je vous en réponds, ne fait point de rapports, n'engendre poii^t de querelle. Son plus grand défaut est d'être adonné à la prière : de ce côté-là il est un peu entêté ; mais chacun a son défaut. Laissons cela. — Kerre Simple est votre nom, dites-vous?

SIMPLE. — Oui, faute d'un meilleur.

QuicKLY. — ^Et monsieur Slender est le nom de votre maître?

SIMPLE. — Oui vraiment,

QUICKLY. — Ne porte-t-il pas une grande barbe, ronde comme le couteau d'un gantier?

SIMPLE. — Non vraiment : il a un tout petit visage, avec une petite barbe jaune, une barbe de la couleur de Gain.

QUICKLY. — Un homme qui va tout doux , n'e&t-ce pas?

SIMPLE. — Oui vraiment; mais qui sait se démener de ses mains aussi bien que qui que ce soit que vous puissiez rencontrer d'ici où il est. Il s'est battu avçc un garde-chasse.

QUICKLY. — Que dites-vous? Oh! je le connais bien : ne porte-t-il pas la tête en l'air comme cela, et ne se tient-il pas tout roide en marchant?

SIMPLE. — Oui vraiment, il est tout comme cela.

QUICKLY. — Allons, allons, que Dieu n'envoie pas de plus mauvais lot à Anne Page. Dites à M. le curé Evans que je ferai de mon mieux pour votre maître. Anne est une bonne fille, et je souhaite....

(Rentre Rugby.)

çuGBY. — Sauvez-vous : hélas I voilà mon maître qui vient!

QUICKLY. — Nous serons tous exterminés. Gourez à cette porte, bon jeune homme ; entrez dans le cabinet. (Elle mferme Simple dans le cabinet.) Il ne s'arrêtera pas longtemps.— Hé! Jean Rugby! holà! Jean! où es-tu donc, Jean? Viens; viens. Va, Jean ; informe-toi de notre mai*

tre : je crains qu'il ne soit malade puisqu'il ne, centre point. (Elle chante,) La, re, la, la rela, etc.

(Le docteur Caiue rentra.)

c^us. — Qu'est-ce que vous chantez là* ? Je n'aime point les bagatelles. Allez, je vous prie, chercher dans mon cabinet une boîte verte, un coffre vert, vert.

QuiCKLY. — J'entends bien; vous allez l'avoir. — Heureusement qu'il n'est pas entré pour la chercher luimême. S'il avait trouvé le jeune homme ! Les cornes lui seraient venues à la tête.

CAïus. — ^Oufl oufl ma foi il fait fort chaud. Je m'en vais à la cour. — La grande affaire.

QUICKLY. — Est-ce ceci, monsieur?

CAïus. — Oui, mettez-le dans ma poche, dépêchez vitement. Où est le coquin Rugby?

QUICKLY. — Eh ! Jean Rugby, Jean?

RUGBY. — Me voilà, monsieur.

CAïus. — ^Vous êtes Jean Rugby; c'est pour vous dire que vous êtes un Jean, Rugby. Allons, prenez votre rapière, et venez derrière mes talons à la cour.

RUGBY. — C'est tout prêt, monsieur, là contre la porte.

CAïus. — Sur ma foi, je tarde trop longtemps. Qu'ai-je oublié? Ah ! ce sont quelques simples dans mon cabinet, je ne voudrais pas les avoir laissés pour un royaume.

QUICKLY. — Ah I merci de moi ! il va trouver le jeune homme, et devenir furieux.

CAïus.— 0 diable! diable! qu'est-ce qu'il y a dans mon cabinet. Trahison 1 larron! — Rugby, ma grande épée.

(Poussant dehors Simple.)

QUICKLY. — Mon bon maître, soyez tranquille? CAïus. — Et pourquoi serai-je tranquille ! QUICKLY. — Le jeune garçon est un honnête homme. CAïus. — Que fait-il, cet honnête homme, dans mon

De même que dans le rôle d'Evans, on a supprimé dans celui du docteur Caius, le jargon que lui avait attribué Shakspeare, et qui était celui d'un Français estropiant l'anglais. Du reste, cela ne PC trouve guère ainsi que dans la première scène. Shakspeare se préoccupait peu de l'uniformité des détails.

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