ACTE I, SCÈNE IV
cabinet? Je ne veux point d'honnête homme dans mon cabinet.
QuiCKLY. — Je vous coujupe, ne soyez pas si flegmatique, écoutez l'affaire telle qu'elle est. Il m'est venu en commission de la part du pasteur Evans.
cAïus. — Bon.
SIMPLE. — Oui, en conscience, pour la prier de...
QUICKLY, à Simple. — Paix, je vous en prie.
cAïus, à Ouicfe/y.— Tenez votre langue, vous. {A Simple.) Vous, dites-moi la chose.
SIMPLE, — Pour prier cette honnête dame, votre servante, de dire quelques bonnes paroles à mistriss Anne Page en faveur de mon maître, qui la recherche en vue de mariage.
QUICKLY. — Voilà tout cependant : en vérité voilà tout ; mais je n*ai pas besoin moi d'aller mettre mes doigts au feu.
CAïus. — Sir Hugh Evans vous a envoyé ? Baillez-moi une feuille de papier, Rugby. (A Simple.) Vous, attendez un moment. (il ^^crit.)
QUICKLY, bas à Simple. — C'est un grand bonheur qu'il soit si calme. Si ceci l'avait jeté dans ses grandes furies, vous auriez vu un train et une mélancolie ! — Mais malgré tout cela, mon garçon, je ferai tout ce que je pourrai pour votre maître, car le fin mot de tout cela, c'est que le docteur français, mon maître.... je peux bien l'appeler mon maître, voyez-vous, car je garde sa maison, je lave tout le linge, je brasse la bière, je fais le pain, je récure, je prépare le manger et le boire, enfin je fais tout moi-même.
SIMPLE.— C'est ime forte charge que d'avoir comme cela quelqu'un sur les bras.
QUICKLY. — Qu'en pensez-vous? Ah ! je crois bien, vraiment, que c'est une charge! Et se lever matin, et se coucher tard ! — Néanmoins je vous le dirai à l'oreille ; mais ne soufflez pas mx niot de ceci, mon maître est lui-même amoureux de mistriss Anne; mais, nonobstant cela, je connais le cœur d'Anne. Il n'est ni chez vous ni chez nous.
CAïus, à Simple.— Vous, faquin, remettez ce billet à sir Hugh: palsambleu! c'est un cartel; je lui couperai la gorge dans le parc, et j'apprendrai à ce faquin de prêtre de se mêler des choses. Vous ferez bien de vous en aller : il n'est pas bon que vous restiez. Palsambleu ! je lui couperai toutes ses deux oreilles *. Palsambleu ! je ne lui laisserai pas un os qu'il puisse jeter à son chien.
(Simple sort.)
QuicKLY.— Hélas! il ne parle que pour son ami.
CAïus. — Peu m'importe pourqui.— Nem'avez-vous pas promis (jue j'aurais Anne Page pour moi ? Palsambleu I je tuerai ce Jean de prêtre, et j'ai choisi notre hôte de la Jarretière pour mesurer nos épées. Palsambleu! je veux avoir Anne Page pour moi.
QUICKLY. — Monsieur, la jeune fille vous aime, et tout ira bien. Il faut laisser jaser le monde. Eh I vraiment...
CAms.— Rugby, venez à la cour avec moi, Palsambleu, si je n'ai pas Anne Page, je vous mettrai à la porte.— Marchez sur mes talons, Rugby.
(Caius sort avec Rugby.)
QUICKLY.— Ce que vous aurez, c'est la tête d'un fou. Non; je connais la pensée d'Anne sur ceci. Il n'y a pas une femme à Windsor qui connaisse mieux la pensée d'Anne que moi, et qui ait plus d'empire sur son esprit que moi. Dieu merci.
FENTON, derrière le théâtre, — Y a-t-il * quelqu'un ici ? Holà?
QUICKLY.— Qui peut venir ici, je me demande? Approchez de la maison, je vous prie.
(Entre Fenton.)
FENTON.— Eh bien! ma bonne femme, qu'y a-t-il? Gomment te portes-tu?
QUICKLY. — Très-bien quand Votre Seigneurie a la bonté de me le demander.
FENTON.— Quelles nouvelles? Comment se porte la jolie mistrissAnne?
QUICKLY.— Oui, par ma foi, monsieur, elle est jolie, et
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