ACTE I, SCÈNE IV. H
honnête, et douce, et de vos amies; je puis bien vous le dire, Dieu merci!
FENTON. — Penses-tu que je puisse réussir? Ne perdraije pas mes peines ?
QuiCKLY. — Véritablement, monsieur, tout est dans les mains d'en-haut : mais pourtant, monsieur Fenton,.je jurerais sur l'Évangile qu'elle vous aime. Votre Seigneurie n'a-t-elle pas une petite verrue au-dessus de rœil?
FENTON. — Oui, vraiment, j'en ai une ; mais que s'ensuit-il ?
QuiCKLY. — Ah ! c'est un bon conte, monsieur Fenton... Anne est une si drôle de fille ! — Mais, je le proteste, la plus honnête fille qui jamais ait mangé pain. Nous avons jasé hier une heure entière sur cette verrue. — Je ne rirai jamais que dans la société de cette jeune fille. Mais, à vous dire vrai, elle est trop portée à la mélancolie, à la rêverie; rien que pour vous au moins, sufîit, poursuivez.
FENTON.— Fort bien: — Je la verrai aujourd'hui. Tiens, voilà de l'argent pour toi. Parle pour moi; et si tu la vois avant moi, fais-lui mes compliments.
QUICKLY. — Si je le ferai? Oui, par ma foi, nous lui parlerons; et au premier moment où nous reprendrons notre confidence, j'en dirai davantage à Votre Seigneurie sur la verrue, et aussi sur les autres amoureux.
FENTON. — Bon, adieu; je suis pressé en ce moment. QUICKLY. — Ma révérence à Votre Seigneurie. {Fenton sort.) C'est, sans mentir, un honnête gentilhomme; mais Anne ne l'aime point. Je sais les sentiments d'Anne mieux que personne.— Allons, rentrons. — Qu'est-ce que j'ai oublié ?
(EUe sort.)
FIN DU PREMIER ACTE