SCÈNE I
Devant la maison de Page.
Entre mistriss PAGE tenant une lettre.
MisTRiss PAGE. — Quoi! dans les jours brillants de ma beauté, j'aurais échappé aux lettres d'amour, et aujourd'hui je m'y trouverais exposée. Voyons. (Elle lit,) « Ne « me demandez point raison de Taraoui^ que je sens « pour vous ; car, quoique Tamour puisse appeler la rai- « son pour son directeur, il ne la prend jamais pour son « conseil. Vous n'êtes pas jeune, je ne le suis pas non « plus. Voilà que la sympathie commence. Vous êtes . « gaie, je le suis aussi. Ha! ha! nouveau degré de sym- « pathie entre nous. Vous aimez le vin d'Espagne, j'en « fais autant. Pourriez-vous souhaiter plus de sympa- « thie? Qu'il te suffise, mistriss Page, du moins si l'a- « mour d'un soldat peut te suffire, que je t'aime. Je ne « dirai point : Aie pitié de moi^ ce n'est pas le style d'un « soldat; mais je dis : Aime-moi,— Sigm,
« Ton dévoué chevalier
« Tout prêt pour toi à guerroyer
« De tout son pouvoir ;
« Le jour, la nuit,
« Ou à quelque lumière que ce soit,
« John Falstapp. »
Quel vilain juif, Hérode! 0 monde, monde pervers! Un homme presque tout brisé de vieillesse, vouloir se