XXIV NOTICE
Le prix de poésie fut décerné, en 176a, à son Ode sur le Temps. Laharpe qui , dans son Cours de littérature et dans sa Correspondance littéraire^ fait expier à Fauteur tous les ménagements dont il avait autrefois usé dans le Mercure de France , a soumis cette pièce à une critique rigoureuse, mais motivée. S'il rappelle le mauvais effet que produisirent à la lecture publique de l'Académie les deux premières strophes, dont il démontre les fautes de toute es-* pèce, il n'oublie pas d'ajouter que les applaudissements éclatèrent à la strophe suivante, qui est sublime. Nous ne le suivrons point dans ses autres remarques (i). Nous rapporterons les trois dernières strophes : elles sont belles et louchantes; elles peignent l'âme élevée de l'auteur; elles consacrent sa piété filiale envers une inère qu'il voulut associer à sa gloire.
Si je devais un jour, pour de viles richesses, Vendre ma liberté, descendre à des bassesses, Si mon cœur par mes sens devait être amolli, O temps 1 je te dirais i préviens {%) ma dernière heure)
Hâte-toi, que je meure; J'aime mieux n'être pas, que dr vivre avili.
(1) Voyez le Cours de Littérature y édition de Verdière, l8aa , tome XIII, pages a5o à a58.
(a) La Harpe substitue k préviens, le mot hâte, « d*autant