‹ Œuvres complètes de Thomas, de l'Académie française;Chapitre 16 sur 100 · SUR THOMAS. XLI · texte numérisé non relu

SUR THOMAS. XLI

• mitte livres de rente; mais il a exigé de moi une action que je ne voulais , ni ne devais pas 9 faire. le me suis retiré, et je suis resté pauvre « isans peine et sans regret. » Tel est le fragment d'une lettre que nous croyons avoir été adressée à Deleyre , puisque ce dernier le rapporte dans son Essai sur la vie de M.' Thomas , page 45, ouvrage, pour le dire en passant, rempli de déclamations y dépourvu de méthode, et dont le style est ridiculement néologique.

\3ne lettre inédite de la comtesse d'Argental , dont les iaits rapportés plus haut fournissent la clef (i), prouve que cette dame et son mari ne pardonnaient point à Thomas de ne s'être pas mis sur les rangs pour la place que la mort de fiongainville laissait vacante à TÂcadémie française.

Le motif qui ne permit pas à Thomas de solliciter cette place, nous a valu un cinquième Éloge de sa composition, envoyé à cette compagnie, celui de René Descartes y couronné en 1765. Cet éloge lui fit beaucoup d'honneur par IsL manière dont il surmonta les difficultés atta-

(i) M. de Monmerqué possède Torî^al de cette lettre, écrite le 8 novembre 1768. Nous la donnons à la fin de cette Dolioe.

omn ifoTJCE

ofaées à un pareil sajel, en prétaot d««^ Qouleur^ brillante» aux matières les plua abstraite^., Pour^ nous* a)pf>rèi]dpe de quel, point eslî parti- Dewatt^ V il trace Thistolpe de k philosophîi» depuis, son bevceau juaqu-au moB^enl: où parut eet> komme extraordinaire; U peist ensuite ce dsr-» nier refeisant son éducation , hitfant contoe tou» les obstacles par sa; forte passion pour la'Téiîté, renversant d'anciens systèmes auxqneb tl stib* stitue le sien, et ^ même an milieu! dé ses.einrcursv senfoal Fesprit humain, parcsr ^'ii exige que Koa jug«'tes opinions par soi*Hèroe,.aU'lîfeiii ét^ les admettre d'apvès^ une autorité étoangère. Ik Ib* suit dams ses* drrev» ouvrages^; il analysera aai manière, c*est>à-dire avee autant de savoir cpK; d'étendue, son caractère», sonigénîir, ses pensée^ ses travaux et ses découvertes.

Au Ken de fouer les reehei^lies: pationtes de Torateur, on hii repi^cfaa d'étaler a^ee trop de hixe et d'ambition des comiaissances noumeUement acquises^ Plusieurs académiciens lui rcluf* sèrent la palme , prévendant que les. détails, diaus lesquels il était entré appartenaient au donmine de Tacadémie des Sciences. Ce tort, si toutefois cen est un, n'était pas le sien; c'était celui du sujet, et par conséquent de TAcadémie qui i'a^ vait choisi. Néanmoins on lui fit partager le pviii

SVA^ TlfÛirA.S. XfLLit

àv6c GaiHâTrdP; itidi^ le pvSAki ca^sa c^f sttfèt par desAttéesretde^ iMtMniiyé9,:d^qtfif eut enlendu' \sk Dectufe des di^oUrs des deux conlpéflfûUrs.

Gaillkrd sacrât bonoré en proclMQ£(nt kri^méme

lâ ^ûfférîMîté'de fchxvMge de soû rival. Vôid sort

ptopre aveu sfu ^jet du jxtgemeM qui lui fUc

tfôp favorable : a Ce* ppbc fût partagé avete M. tho-

« mttls; mais S faut Savoir* 96 rendre justice, et se

^ temëiiie à sat ^ace quand on a été ttop bien

« ti^é. Ltf cfiseôtït^ de M. Tkoraas, coritenamt

« toute la stft^ÀtanCé dé te philoserphie de Deâcar-

« tés, était (jldrf (yrofdâd, plus savant, d'une élo-

« ^ùMùéphi^ lïéi^ense , plus imposante : i! avait

tf fù sùû Mifef dé pk» hai^, TavaM creuâé frfud à

« foDd,ràV2ât plus flchetiieût ^lâbelli, tfvait une

« iôuche plus itfâlé et plus fière ; c'était Tonvrage

^ d'une inen fbtte t^te^ H méritait d'avoir seul le

« prix, et , pour ù'étre pas trop modeste , je crois

« qiie le mten méritait ^tll Vacce^sUj et un d^ ces

^ acceisit c^iA valent un priit ; mais te continuité

« dés ^tK5cès attiré toujours trop d'envie. On s'en*

^ IMiyatt de voir M. Thoinaa remporter tous l^s

« p¥it, cottime à la cour on s'éliâi dnnuyé des

« victoires accumulées du {^and Coudé} et, pour

< r«n pytfilTf on lui avait ménagé habilement

« l'échec de Lérida. De même, à l'Académie, on

« avait bien rësolu de donner un dégoût à

XLIV NOtICK

a M. Thomas, et j*eus le malheur dé fournir tf cette occasion. Le parti qu'on nommait phUoa sophique dans l'Académie, se déclarait haute- « ment en faveur de M. Thomas : par conséquent , a le parti des d'Olivet et des Batteux, qui n'était « pas celui dont j'ambitionnais le plus le suf- « frage, montra beaucoup de zèle pour moi, «c sans savoir pour qui il s'intéressait. Or, ce ce parti était plus nombreux qu'il ne paraissait « l'être, parce que beaucoup d'académiciens a doux et modérés, qui n'épousaient aucun tt parti, se joignaient souvent à celui-ci par une « aversion secrète pour le ton un peu tran- « chant des philosophes. M- Duclos m'a dit avoir « vu le moment où j'allais avoir une très-grande a pluralité de voix; ce qui vraisemblablement « n'aurait réussi dans le public ni à l'Académie « ni à moi, lorsqu'un académicien ouvrit l'avis « du partage, qui fut à l'instant embrassé una- « nimement par l'assemblée, comme un moyen <c terme où les anti-philosophes voyaient tona jours un demi-échec pour M. Thomas. N^étre ce plus seul au-dessus de tout était pour lui la « levée du siège de Lérida (i). »

Quoique Thomas apportât une conscience ti-

(i) Méianges académiques , tome I, page i.

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