‹ Œuvres complètes de Thomas, de l'Académie française;Chapitre 20 sur 100 · SUR THOMAS. LUI · texte numérisé non relu

SUR THOMAS. LUI

Cfrinini sûr ce discours une véritable diatribe contre Thomas ; et de tous les écrits inconsidérés qu'il s*est permis, c'est à coup sûr Tun des plus déraisonnables. « Jamais, ose-t-tl dire en com- « menant, l'art de la parole n'a été si indigne - « meut prostitué (i). »€ertes, un pareil langage est celui du fanatisme anth-monarchîque.

D'un autre côté , le professeur Coger, aujourd'hui phis connu par les sarcasmes et les injures de Voltaire, que par ses observations ano-. njmes sur Thomas et Marmontel, attaqua le discours du premier sur tous les points avec plus d'ardeur que de force. Il lui reprocha principalement, dans l'article relatif à la religion du Dauphin , d'avoir eu l'adresse de se dérober à la censure des théologiens et de se ménager l'approbation des incrédules. La personne de Thomas était si considérée, ses opinions étaient énoncées en général avec tant de réserve, qu'il commandait les égards à ceux qui le combattaient. Aussi son adversaire lui rend-il hommage, il la fin de sa critique, n J'estime les talents de « M. Thomas, dît-il; je sais qu'il a une belle « ame, qu'il est aussi vertueux qu'ami de la

(i) Œuvres de Diderot^ i8ai , tome III, Mélanges de it^ ivraturc et de pfUlosophie , paj^c 4>8.

LIV VOTiCB

M vertu. Je suis persuadé qu'il est convaincu de K la vérité et de la nécessité de notre sainte reli- « gion. Tout ce que l'on peut craindre, c'eât qu*ii a ne veuille se monter au ton de quelques-uns m de nos philosophes modernes^ pour en ob- « tenir les suffrages (i). >

Tandis que dans ce discours justement me* cueilli du public, les uns voyaient un tableau tracé soit par l'adulation du courtisan, soit par le désir de plaire aux novateurs, les autres y dé* couvraient ou plutôt feignaient dy découvrir une satire détournée du gouvernement et des honteuses faiblesses du monarque. Ce dernier sentiment prévalut même à la cour au point que, s'il £aiut en croire l'historien de la vie de l'auteur, celui-ci fut menacé de perdre sa liberté: on l'aurait mis à la Bastille, si l'amitié (sans doute celle du comte d'Âjigivilliers) n'avait pas su plaider sa cause, et mettre en œuvre de puissantes intercessions. « Je tiens, dit Deleyre, ce fait de a M. Thomas lui-même, qui me le racontait avec « la satisfaction d'une vertu fière de l'outrage et « de l'injustice des persécutions (a). i>

(i) Examen d'un discours de M. Thomas, qui a pour -litre : Éioge de Lotus ^ dauphin de France , page 60. (a) Essai sur la vie de M. Thomas, page 47.

Page 1